• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Tribune Libre > L’impunité laïque

L’impunité laïque

Dans « Les Misérables », Victor Hugo dépeint une fresque de la société catholique de son époque et profite pour en critiquer certains défauts. Ainsi, Jean Valjean est-il condamné pour une broutille, un vol de pain avec la circonstance atténuante d’avoir à élever bien péniblement une famille nombreuse et cela dans un contexte de disette. Condamné au bagne pour ce larcin aggravé par une réputation de braconnier, il est rejeté par la société lorsqu’il revient au bout de dix-neuf ans. Seul l’évêque, même chez Hugo, mettra en accord la parole et l’acte et offrira à Valjean une possibilité de rédemption.

Au moins y avait-il, dans cette société du dix-neuvième siècle, la notion de pardon, bien présente, même si tout le monde ne le pratiquait pas. En tout cas, dans une population qui allait à plus de 90% à la messe au moins une fois par semaine, chacun avait-il le loisir d’entendre parler de pardon.

En 1905, la séparation de l’Église et de l’État sema les prémices de la sécularisation de la population française et, comme toujours en pareil cas, la rupture se fait brutalement, mais n’a d’effet notoire qu’avec le temps, un temps de civilisation, de l’ordre de décennies sinon d’un siècle. Nous voilà donc, en ce début de vingt et unième siècle dans une situation quelque peu différente de celle de la société de Victor Hugo. Avec probablement moins de 10% de catholiques pratiquants, des protestants quasi inexistants en nombre, des jeunes dont les parents n’avaient déjà pas été enseignés chrétiennement, la société laïque d’aujourd’hui a perdu bien de ses repères d’antan. La perte du caractère transcendant de la morale chrétienne, remplacée par une morale dite laïque de même inspiration, a quand même aujourd’hui des conséquences inquiétantes : une relativisation du péché quel qu’il soit et une pseudoculture du pardon qui en fait de pardon ne l’est en rien mais consiste plutôt en une démission qui consiste à ne pas regarder la gravité des actes commis dans les cas où il le faudrait.

Ce dernier point mérite précision. Objectivement, si l’on considère un vol, un crime voire un viol, la presse en général utilise le qualificatif « d’incivilité ». Ce genre d’actes peut conduire à certaines peines de prison, mais nous avons quelques indices que même si les condamnations sont prononcées, les peines ne sont pas effectuées : les multirécidivistes violeurs ou criminels emplissent les pages de nos quotidiens et même le ministre de l’Intérieur a récemment demandé qu’à partir de condamnations de deux ans de prison, les personnes concernées effectuent au moins un jour de peine !

Il faut dire que si la société laïque sécularisée de ce début de vingt et unième siècle a éliminé le dieu des chrétiens, elle l’a volontiers remplacé par un autre dieu, l’argent. Notre société pense ainsi globalement et, semble-t-il, démocratiquement, que l’argent peut soulager toutes les douleurs. Vous perdez un être cher dans un accident d’avion ? Pas de problème, on va vous indemniser, etc. Les exemples sont légion et l’ampleur du pardon ne se décide plus guère qu’à l’aune des sommes engrangées dans des procès guidés par des avocats qui, eux aussi, ont bien abandonné ce qui devrait être une déontologie. On retrouve d’ailleurs en partie cet état de fait dans la maxime « pollueur payeur ». Puisque l’on paye, laissez-nous polluer en paix. Les quotas de CO2 sont de la même veine. Et cette dernière réflexion nous amène à l’autre aspect de la précision que nous voulions donner. Le crime en général est peu condamné en notre société laïque déliquescente. Par contre, il est des crimes qui sont de plus en plus sévèrement punis. Le crime écologique par exemple, devient de plus en plus sévèrement puni, pour tous, via des taxes dites écologiques et dont on pourrait réellement débattre. Je n’en cite qu’un exemple, volontairement simple, mais symbolique. Pour moins consommer et moins rejeter de CO2, dès 2012, le transport aérien va être soumis à des quotas de rejet. Pour atteindre des objectifs toujours plus serrés, les avionneurs, Boeing, Airbus et les autres vont mettre davantage de fibres de carbone dans leurs avions, c’est déjà le cas du B787 et de l’A350. Et il est vrai que, de ce fait, les avions rejetteront moins de CO2. Néanmoins, une fois la fibre de carbone fabriquée, elle n’est pas recyclable. Que fera-t-on donc des montagnes de fibre que nous allons accumuler avec le temps, l’aviation n’étant pas le seul domaine à en généraliser l’utilisation, les autres secteurs industriels devant le faire pour les mêmes raisons ? Dans un autre registre, si le criminel se balade tranquille en notre pays aujourd’hui, celui qui dépasse la vitesse limite de 50km/h va directement en prison sans passer par la case départ. Le système se met donc encore en place à l’heure actuelle : les vraies incivilités sont bien davantage punies que la vraie criminalité. Voilà ce qu’est un pays laïc comme la France.

Venons-en alors à un fait divers récent, celui du meurtre d’un voleur de truffes par un agriculteur. Penchons-nous sur l’article du Parisien du 25 décembre qui donne la parole aux soutiens de la victime. Il apparaît dans cet article deux points qui me semblent susciter la discussion. Tout d’abord le titre « Hommage à Ernest, tué pour une truffe ». Clairement, le titre cherche à minimiser l’acte de vol. On connaît, hélas, cette technique par cœur. Elle a couramment court lorsqu’un délinquant tue un policier ou lorsqu’un policier se tue en poursuivant un délinquant. A l’inverse, si un délinquant se fait tuer par un policier, là, c’est le déchaînement médiatique contre l’infortuné, surtout s’il a eu le malheur d’avoir affaire à une personne d’origine étrangère !

Le deuxième point de l’article du Parisien est cette phrase prononcée par un soutien de la victime : Et quand bien même, cela valait-il la mort ? Bien sûr, voler des truffes ne mérite pas la mort. Posons-nous alors la question suivante. Comment en est-on arrivé là, où, a priori, un honnête agriculteur se retrouve criminel pour défendre son travail et pour vivre dignement ? En réalité, opinion personnelle, c’est l’impunité actuelle pour les délits avec des multirécidivistes en liberté qui amène les populations qui restent honnêtes à se constituer en guildes d’autodéfense. L’impunité engendre l’augmentation des délits puisque le crime se met à rapporter. Nous sommes alors dans un état, actuellement, où nous sommes à la limite, comme nous le voyons sur cet exemple, de constitution de guildes d’autodéfense, aujourd’hui d’agriculteurs spécialisés dans la truffe et demain d’autres professions agricoles ou non (vols des métaux sur les voies ferrées, etc.).

Un autre phénomène se fait jour aussi depuis quelques décennies maintenant. Objectivement, les sphères du pouvoir sont corrompues. La cassette Méry, l’affaire Bettencourt plus récemment, jusqu’à la discussion parlementaire vive qui a débouché sur l’absence de condamnation à des peines de prison pour des députés qui frauderaient le fisc, tout cela contribue à montrer à la population que ceux qui sont en charge de la gouverner et devraient donc être des exemples ne sont que corrompus. On pourrait d’ailleurs légitimement se demander si les tenants du système n’ont pas conscience de leur état corrompu à tel point qu’ils organiseraient l’impunité des autres pour lesquels ils auraient une sorte de compassion fraternelle…

En bref, la société laïque est en déliquescence après avoir tué ou presque le christianisme. Il y a pourtant une question qui n’a jamais été posée et qui pourtant le mérite. Lorsque nous sommes passés dans l’ère du catholicisme, nous venions de l’Empire Romain, une organisation laïque donc. Il a bien dû falloir qu’à l’époque les forces soient vives pour basculer d’un système laïc à un système théocratique. Pourquoi donc, à cette époque, les peuples ont-ils préféré basculer dans la théocratie (avec l’aval des dirigeants bien entendu) ? En conséquence, est-il imaginable que cela se reproduise aujourd’hui ? La question, claire, me semble avoir une réponse non moins claire. L’islam s’installe en terre de France. Malgré le fait que le Coran soit incompatible sur bien des points avec la loi laïque française, il n’est pas interdit de le prêcher et le diffuser. Clairement, dans un état islamique, la loi est sévère. Il suffit de regarder ce qui se passe au Maghreb par exemple ou encore au Moyen-Orient. Il ne fait nul doute qu’à terme, avec le nombre, les musulmans de France, un jour, finiront par prendre le pouvoir du fait même de la corruption laïque dont le dieu est l’argent. Une façon de le prendre sera, par exemple, de constituer des guildes de protection des faibles et d’appliquer la loi islamique dans des zones de non-droit. Mais n’est-ce pas ce qui se passe déjà ?

Nous serons alors passés du monde chrétien au monde musulman. Deux mondes relativement sûrs pour les faibles, mais avec des valeurs différentes. La laïcité, telle qu’elle existe, non seulement est à bout de souffle, mais montre son incapacité à gérer les humains. Il sera alors temps pour les laïcs anticléricaux de se morfondre sur leurs valeurs passées, en réalité issues du christianisme. Chaque système porte en lui, comme le dit l’adage, la graine de sa destruction.


Moyenne des avis sur cet article :  1.88/5   (41 votes)




Réagissez à l'article

36 réactions à cet article    


  • jullien 28 décembre 2010 12:19

    nous venions de l’Empire Romain, une organisation laïque donc
     ?????


    • kmouhoubi kmouhoubi 28 décembre 2010 12:52

      Cet article est un amoncellement d’idioties en plus d’être moralement contestable puisqu’il en arrive à justifier des actes injustifiable comme le meurtre d’un malheureux par un agriculteur qui préférait ses truffes à la vie d’un être humain...

      Idioties, inexactitudes :
      -l’Empire Romain était laïque : faux, l’empire romain n’était pas laïque, les cultes et les cérémonies en tout genre pour apaiser les dieux abondaient et les superstitions étaient nombreuses, ne lisaient on pas dans les entrailles des animaux, les animaux étaient sacrifiés en de multiples occasions etc etc...
      -Avant c’était mieux à cause de la religion et des principes : l’auteur prend exemple de Jean Vallejean mais faut il lui rappeler que Jean Vallejean est un personnage de fiction. Avant la sécularisation de la société les injustice était non seulement pires mais qu’elles étaient confortées par l’Eglise ce qui a plongé l’occident dans le sous développement mental et matériel pendant des siècles, ce retard n’a été effacé qu’à partir du moment ou la société à commencé à s’émanciper de la théocratie.
      -Avant c’était mieux pour les faibles : je crois que là on touche le fond, c’est tellement risible...
      -Quand le justice est sévère il n’y a pas de violence : que l’auteur aille faire un tour aux USA et il découvrira ce que signifie une société violente avec une justice sévère...

      Tout ça pour nous expliquer que finalement les curés c’est mieux que les juges et que les voleur de truffes méritent bien de se faire trouer la peau.
      Minable !

      • cyaxarte 28 décembre 2010 13:55

        @Kmouhoubi

        Il me semble que vous vous méprenez quelque peu. L’Empire Romain n’était pas théocratique au départ, puisqu’il était républicain et il n’a jamais été théocratique au sens où il n’a pas été gouverné par la religion à proprement parler à l’inverse de l’Egypte Antique par exemple. La déification des empereurs n’en a pas fait pour autant une théocratie. Cela n’empêchait pas la société et les gouvernants de faire appel à la religion, mais, encore une fois, formellement, l’Empire Romain n’était pas une théocratie. Voilà pour le premier point.

        En ce qui concerne Jean Valjean et les misérables, j’ai mis en lien l’article de Wikipedia. Vous pourrez y constater que même si l’histoire, globalement, est une fiction, les personnages, eux, sont en grande partie tirés de personnages réels ainsi que les faits. Cela donne donc du crédit quant à la crédibilité du discours d’Hugo.

        Lorsque vous me faites dire « avant c’était mieux pour les faibles » dans l’absolu, vous y allez un peu fort. Je dis seulement qu’avant (et encore il faudrait mettre des dates à cela), mais, disons, au dix-neuvième siècle, en matière de justice, c’était mieux pour les faibles, tout simplement parce que les coupables, lorsqu’ils étaient tenus, étaient condamnés. Il n’y avait pas de multirécidivistes à l’époque, contrairement à aujourd’hui, et encore moins de multirécidivistes en liberté !

        En ce qui concerne les USA, je me permets de vous rappeler que « le ménage » a été fait à New York le jour où la justice est devenue sévère. Le caractère violent de ce pays ressortirait bien davantage si la justice n’y était pas aussi sévère qu’elle l’est. Le problème de la justice américaine d’ailleurs, ne réside pas dans sa sévérité mais dans son iniquité. Votre commentaire sur les USA n’est donc pas valable et en tout cas votre commentaire sur ce sujet est incomplet.

        Avant dernier commentaire, je n’ai pas écrit, tant s’en faut, qu’un voleur de truffe « doit se faire trouer la peau ». J’ai même écrit le contraire. Par contre, l’impunité qui règne en notre pays va, hélas et inéluctablement, engendrer la réplique de ce genre de drame. Les citoyens aspirent à la sécurité. Si l’Etat ne l’assure pas, ils se constitueront en milices, bien évidemment. Si l’on veut éviter cela, il faudrait, rapidement, redresser la barre du côté de la justice.

        Enfin, dernier commentaire, plus philosophique en réponse à votre écrit. Oui, du temps des curés c’était mieux car ceux-ci prêchaient l’amour du prochain et le pardon. Que je sache, les laïcs ne prêchent rien (comment le pourraient-ils d’ailleurs et sur quelles bases ?) et les prêches musulmans appellent, hélas, plutôt au meurtre et jamais au pardon. C’est un fait ! Quant au sous-développement dans lequel la religion catholique nous auraient tenus, je ne dirai que les choses suivantes : le seul continent où est née la civilisation technologique que nous connaissons est l’Europe chrétienne et catholique en particulier. Par ailleurs à la fois les universités et les hôpitaux sont des inventions catholiques. Voilà qui devrait suffire comme arguments.


      • foufouille foufouille 28 décembre 2010 13:01

        bruler des sorcieres est tres chretien


        • cyaxarte 28 décembre 2010 13:56

          Sur ce point, hélas, vous avez raison. Rien n’est jamais parfait.


        • Gabriel Gabriel 28 décembre 2010 13:23

          La laïcité est le seul espace de liberté face aux barbares religieux de votre espèce. Vous ne supportez pas que les laïcs puissent penser et agir différemment que ce que dictent les prétendues morales de vos différentes églises. Les laïcs respectent la liberté de culte alors que vous, ne respectez pas le choix de nombreux citoyens d’adhérer à aucunes de vos chapelles. Cela porte un nom : « L’intolérance ! » 


          • cyaxarte 28 décembre 2010 14:04

            Les laïcs ne respectent que la force. Pour preuve, ce qui se passe dans le quartier de la goutte d’or à Paris. Que de la gueule et pas de c... !

            Quant à la liberté de chacun, le christianisme n’a de leçons à recevoir de personne sur ce sujet. Que je sache, la laïcité et la liberté de culte n’existent que dans les pays dits chrétiens. Ailleurs, cela ne se fait pas et, d’ailleurs, les chrétiens, à part en Occident, sont persécutés partout. Cela n’a d’ailleurs pas l’air d’inquiéter le moins du monde ces laïcs dont vous faites partie : ils clament les droits de l’Homme à géométrie variable avec les dictatures et encouragent l’Islam à venir chez nous pour y installer, à terme, probablement la Charia. C’est votre pseudo-tolérance qui, à terme, engendrera une vraie intolérance.


          • Gabriel Gabriel 28 décembre 2010 14:54

            Mon cher cyaxarte, vous donnez ici, comme je l’ai indiqué plus haut, une belle preuve d’intolérance. Personnellement, je trouve que ce qui se passe à la goutte d’or est aussi intolérable et inadmissible que les tarés qui défilent en procession avec une cagoule sur la tête voulant envoyer en enfer les non croyants ou les papillotés prêt à vous lapider parce que vous ne faites pas sabbat ! De plus, que les religions se foutent sur la gueule ou se persécutent entre elles, excusez moi mais les laïcs ni peuvent rien. En effet depuis des siècles et des siècles vous n’arrêter pas de jouer à le guéguerre pour savoir celui qui a raison. Résultat, vous avez semé au travers de l’histoire plus de cadavre que tous les dictateurs réunis. En clair, franchement, vous nous emmerdez ! Les laïcs, ne vous on rien demandé alors lâchez leurs les baskets une bonne fois pour toutes et allez à confesse pendant ce temps là, vous nous ferez des vacances ! 


          • cyaxarte 28 décembre 2010 22:10

            Ne vous inquiétez pas, je vous laisse en paix. Votre système laïc va bientôt tomber en d’autres mains et il sera temps de vous morfondre...


          • Gabriel Gabriel 29 décembre 2010 07:30

            Mon cher cyaxarte, j’espère que ce ne sera pas entre des mains comme les vôtres car à vous lire il n’est pas difficile de voir que vous êtes un dangereux représentant intégriste de votre culte qui ne supporte aucune contradiction. Je vous encourage vivement à vous ôter cet ustensile de ménage fort répandu que vous avez du, par inadvertance je le suppose, vous enfouir dans le fondement. J’ai quelques petites phrases à vous soumettre, je doute que vous les compreniez, mais bon, c’est cadeau !

            « Le sage cherche toujours la vérité. L’imbécile, lui, l’a déjà trouvé »

            « Si l’intelligence a ses limites, la connerie, quant à elle, n’a de cesse d’outrepasser les siennes ! »

            Courtoisement votre….


          • COVADONGA722 COVADONGA722 28 décembre 2010 13:36

            nous venions de l’Empire Romain, une organisation laïque donc
             

            yep meme un titilaire du certif comme moi sait que vous proferez une couillonade !

            nous avons mis deux siecle a vous confiner à vos eglises et votre chambre à coucher
            j’entend bien que vous escomptiez profiter des coups de boutoirs d’un autre communautarisme
            religieux accompagnés des palidonies de nos dirigeants.Quand au dirigeants corrompus certes certes paradoxalement « cassette mery » ceux que vous citez non jamais été aussi proche des cercles traditionnaliste chretienS dois je vous rappelez qu une des militantes cul benie traditionaliste nommé Chaudron de Courcelle fut femme d’un president de la république.


            • cyaxarte 28 décembre 2010 14:20

              Pour la théocratie, je vous renvoie à une réponse que j’ai faite plus haut. En ce qui concerne madame Chirac, je fais une différence entre madame et monsieur. Elle, n’a jamais été, à ma connaissance, liée personnellement à une quelconque « affaire ». Cela étant dit, il ne faut pas confondre les institutions et les hommes qui les mènent. Chacun a ses faiblesses.

              Par contre quand j’attaque la laïcité démocratique, c’est bien l’institution que j’attaque. En effet, dans un tel système, le bien et le mal sont décidés démocratiquement. Aujourd’hui le meurtre est interdit, demain, si la démocratie en décide autrement il en sera autrement. Si tant est qu’il y aura des catholiques dans 100 000 ans, le crime leur sera toujours interdit ! Cela ne veut pas dire qu’individuellement chaque catholique aura respecté la loi, mais, au moins dans ce contexte de croyance, chacun aura un prix à payer pour ses actes. Voilà, de mon point de vue, un élément majeur de supériorité écrasant du religieux sur le laïc.


              • jef88 jef88 28 décembre 2010 17:46

                « Elle, n’a jamais été, à ma connaissance, liée personnellement à une quelconque »affaire«  »

                Mais elle en a profité !

                Faites vous une différence entre vol et recel ?


              • cyaxarte 28 décembre 2010 17:51

                @jeff88

                Peut-être en a-t-elle profité, mais que savait-elle des agissements exacts de son mari ? Le recel est volontaire. Pour moi, elle a le bénéfice du doute.


              • dhbasse dhbasse 29 décembre 2010 14:59

                « Faites vous une différence entre vol et recel ? »

                non, comme pour les truffes... il faut abattre... (ok, je sort... smiley


              • heliogabale boug14 28 décembre 2010 15:09

                Il n’y avait pas de meurtres, de viols, de choses inhumaines il y a un siècle de cela ? Il y en avait davantage même...Arrêtez d’idéaliser un temps que vous n’avez pas connu...le crime est toujours interdit...la société a toujours été cette poubelle que l’on habille pour faire semblant...Ne vous inquiétez pas, le meurtre ne sera pas autorisé...nous n’avons aucun intérêt à l’autoriser...tout simplement parce que mourir de sa propre bêtise nous horripile...


                • cyaxarte 28 décembre 2010 15:34

                  Je n’ai jamais écrit qu’il n’y avait pas de meurtres ou de viols auparavant. Pour les statistiques, c’est difficile, je ne les connais pas, mais peut-être pourrait-on en faire (je pense, intuitivement, qu’il y en avait moins). En tout cas, je peux vous conter une anecdote. Habitant une des grandes villes de France, dans un quartier populaire, je connais un ancien primeur qui, il y a 30 ans, laissait ses fruits et légumes dehors entre 12 et 14h quand il allait déjeuner. Il n’a jamais été victime de vols. Aujourd’hui, c’est un bureau de tabac qui a pris l’emplacement. Alors qu’il est fermé et cadenassé, il est victime de vols environ 4 fois par an...

                  Concernant le meurtre qui ne sera pas autorisé, peut-être que son utilisation générale ne le sera pas. Mais, me semble-t-il, à coup sûr, elle le sera pour certains, sans doute au nom du bien des autres... Comme d’habitude !


                • heliogabale boug14 28 décembre 2010 17:20

                  Autoriser le meurtre au nom du bien des autres, cela s’appelle la peine de mort ? Sinon, oui, l’exemple est frappant...mais cela illustre une certaine évolution de la population...moins de crimes passionnels ou familiaux et plus de délinquance, d’atteintes aux biens et aux personnes (sans qu’on ait pour autant une hausse des homicides, au contraire)


                • Crab2 28 décembre 2010 15:36

                  Le défi lancé à l’interdit

                  http://laiciteetsociete.hautetfort.com/archive/2010/12/27/le-defi-lance-a-l-interdit.html


                  BILAN 2010

                  http://laiciteetsociete.hautetfort.com/archive/2010/12/24/bilan-2010.html

                  Copier et tapez tout lien figurant dans mes messages dans la barre d’adresse de votre navigateur


                  Faut-il s’attendre à un vrai débat ?


                  L’ÉCOLE et la PHILOSOPHIE

                  http://laiciteetsociete.hautetfort.com/archive/2010/12/23/l-ecole-et-la-philosophie.html



                  •  C BARRATIER C BARRATIER 28 décembre 2010 18:01

                    L’auteur tient le discours conforme à celui de SARKOZY au palais de LATRAN, je reconnais là les mauvais perdants politico religieux alliés au fric (Le VATICAN est un lieu de concentration du fric, soutenu par tous les régimes libéraux où le fric est roi). Une conférence du comité 1905 de l’Ain, donnée le 11 décembre 2010, situe parfaitement les élucubrations de l’auteur, et montre à quel point la République française est menacée. Le catholicisme tente de reprendre le pouvoir en prenant l’école, mais ça ne marche pas comme il voudrait : la Communale résiste et les yeux s’ouvrent :

                    http://chessy2008.free.fr/news/news.php?id=123

                    Je voudrais faire remarquer à l’auteur que contrairement à ses dires la société laïque n’a pas éliminé le dieu des chrétiens mais a simplement donné aux citoyens la liberté de conscience et d’expression ; La laïcité n’a jamais été anti religieuse. Si la majorité des gens choisit de ne pas s’intéresser à la religion catholique, ce choix n’est certainement pas le plus mauvais dans une démocratie.
                    La République laïque a créé et essaie de faire vivre la déclaration des droits de l’Homme, devenue depuis universelle. Avec le catholicisme tout puissant, il fallait sous peine de bûcher faire semblant de croire et payer cher même pauvre une église d’abord intéressée par l’argent.
                    Quelle idée de décréter que les valeurs des laïques soient issues du christianisme. L’héritage laïque remonte à la Grèce antique et même avant, et de plus les laîques ont instauré des valeurs que les catholiques exècrent comme l’égalité de l’homme et de la femme, la liberté de pensée...Le christianisme a été un humanisme étriqué, la laïcité, avec les valeurs de dépassement de soi propose une transcendance bien plus large, bien plus élevée. Je ne crois pas que l’homme se laisse à nouveau enchaîner.
                    L’avantage de ce document un peu simplet qui en vient à soutenir un agriculteur qui accuse un voleur de truffe et le tue pour qu’il ne soit pas jugé, est de montrer le chemin parcouru depuis le christianisme : La République laïque ne permet à personne de se faire justice ni d’emprisonner sans raison (ce qui n’est pas le cas aux USA). Avec le retour de bâton qui se prépare à l’encontre de ceux qui veulent tuer la République, notre auteur va être amer, avec ses amis intégristes et nostalgiques du temps des prétendus seigneurs autoproclamés, amer avec ses ennemis islamistes (Avec un discours d’amour du prochain, les monothéistes s’entretuent partout, souhaitons qu’ils le fassent entre eux si tel est leur bon plaisir !).



                    • cyaxarte 28 décembre 2010 22:14

                      Ce que vous racontez, c’est de l’intégrisme laïc dont beaucoup de points sont d’ailleurs faux. A l’insu de votre plein gré sans doute, vous me semblez bien être entré en religion...


                    • cyaxarte 28 décembre 2010 21:33

                      Merci de ce message courageux.


                    • romaeterna romaeterna 28 décembre 2010 20:12

                      Tudieu ! Merci à vous !
                      Cela nous change des délires mahométans !
                      Enfin pour Noël des délires jesuchristins !
                      En cherchant un peu, je trouverais peut-être des délires yavétiens ou rabiniquenique (! !!?)

                      Vous avez raison : les romains n’avaient pas un dieu ; ils en avaient une tripotée. Et leur grand tort a été de supputer que les gens de l’époque ne pouvaient croire le mythe Jésus. Celui-ci ne pouvait remplacer leurs dieux faits à l’image des hommes et plus rigolos les uns que les autres. Les remplacer par un type qui les menaçait de l’enfer ! Impossible !

                      Non ! les romains n’étaient pas fous ! Mais sacrément naïfs, oui !

                      Et puis...ceux qui restaient vers l’an 600 n’ont même pas été foutu de zigouiller à temps un pauvre illuminé qui a trouvé tout à coup que prophète c’était un boulot mieux que chef de bande !

                      Un peu comme à notre époque où le peuple décérébré par TF1/M6... ne pouvait que choisir Sarko 1er.

                      Moralité : le peuple est maso !

                      P.S. pour ceux qui ne l’ont pas lu, n’hésitez pas à vous faire offrir Roma Aeterna de Silverberg.
                      Pour rêver d’un autre monde !


                      • Eddy KHALDI Eddy KHALDI 29 décembre 2010 08:11

                        La morale et le civisme ne sont pas l’apanage des religions.

                        Dans une République la seule morale commune ne peut être que laïque

                        Thiers pensait q’un curé c’était 50 gengarmes, d’autres aujourd’hui instrumentalisent une autre religion et pensent qu’un imam c’est 50 keufs. Ne préparons pas les guerres de religions de demain, et peut-être d’aujourd’hui.

                        Les affaires de la Cité doivent être gérées par des institutions et non pas des religions, par les Citoyens et non pas les croyants : « L’Eglise chez elle, l’Etat chez lui » -Victor Hugo-


                        • cyaxarte 29 décembre 2010 10:39

                          Je suis assez d’accord avec vous. Néanmoins, la question qui se pose est celle du fondement des valeurs de la société civile ou laïque. Notre société est issue du catholicisme, quoi qu’en pensent certains commentateurs de mon article. Clairement, aujourd’hui, la laïcité, en laissant passer un discours alternatif, basé, parfois, sur des valeurs opposées et en étant complaisante avec certains groupes, construit le lit de sa propre déchéance et de celle des fondements catholiques de notre société par la même occasion, ce que je trouve être un épouvantable gâchis.


                        • Francis, agnotologue JL 29 décembre 2010 11:10

                          Comme toujours avec ces articulets, on a le droit à cet amalgame obscurantiste entre laïcité et athéisme.

                          Il n’y a pas d’alternative à la laïcité : personne aujourd’hui dans nos démocraties occidentales, sauf peut-être en Israël, ne veut d’un Etat religieux, puisque si l’Etat n’est pas laïque il est, par définition, religieux.

                          Et par conséquent, la laïcité ne se discute même pas.


                          • cyaxarte 29 décembre 2010 13:20

                            Il me semble que vous n’avez pas compris le fond de l’article. La question n’est pas celle de l’athéisme. Par ailleurs, si, la laïcité, cela se discute. En effet, le problème que je pose dans cet article est celui du fondement des valeurs de notre société. Le laïc n’étant, par définition pas transcendant, il a là une faiblesse congénitale. Il faut donc que la société actuelle, laïque, fasse le choix de ses fondements moraux. Pour effacer la faiblesse congénitale citée plus haut, il lui faut donc impérativement se rattacher à une morale transcendante. La question est alors de savoir laquelle.
                            C’est cela qui ne se discute pas. Comme déjà dit dans une autre réponse, la morale ne peut être démocratique.


                          • Francis, agnotologue JL 29 décembre 2010 13:30

                            cyaxarte, vous dites : « Le laïc n’étant, par définition pas transcendant, il a là une faiblesse congénitale »

                            En cela, vous prouvez que vous confondez laïc et athée, puisqu’on peut être laïc ET croyant en l’une quelconque des religions, voire en une grande saucisse céleste, ce qui n’est bien entendu pas le cas des athées.

                            D’autre part, votre affirmation selon laquelle un laïc - mais il faut lire « un athée » - serait sans morale est une ineptie que bien des commentateurs ont dénoncée, ici ou ailleurs.

                            Votre post ci-dessus n’est que sophisme, ignorance et mauvaise foi ! Un comble pour un croyants, avec ou sans jeu de mot.

                            Vous pouvez répondre ce qui vous plait, sachez que j’ai mieux à faire qu’à vous lire.


                          • cyaxarte 29 décembre 2010 13:55

                            Je réponds pour ceux qui liraient. JL, vous faites une erreur fondamentale entre une personne laïque qui peut effectivement être croyante et une société laïque pour qui cette notion est plus délicate. Et c’est d’ailleurs dans cette délicatesse que repose le problème : où trouver les fondements d’une morale laïque ?

                            Je n’ai par ailleurs jamais dit qu’une personne laïque était sans morale. Là, c’est vous qui êtes de très mauvaise foi. Je ne parle que des fondements de la morale et vous faites, encore une fois, une confusion entre morale d’une personne et morale promulguée par une société. En général, la morale d’une personne est très liée à son environnement sociétal. Par contre, pour une société, c’est différent. Dans nos démocraties en mal de repères, la morale est, pour l’essentiel démocratique. Avec la relativisation du mal que nous vivons chaque jour, il y a peu d’ici que nous vivions un certain renversement des valeurs si cela n’est pas déjà fait !

                            Pour le reste, vos accusations sont infondées.


                          • Francis, agnotologue JL 29 décembre 2010 14:23

                            De fait cyaxarte, votre réponse n’est pas inintéressante, et j’y reviens : mais vous mélangez les genres !

                            Une société de droit n’a que faire d’une morale d’Etat. Mettre la morale ou dieu, c’est pareil, au dessus de la loi n’est pas le fait des démocraties.

                            Un petit mot en post-scriptum : les néolibéraux quant à eux, souhaitent mettre un hypohétique « droit naturel » au dessus de l’Etat ! Cette prétention est aussi condamnable que celle des nihilistes, j’appelle nihilistes ici, ceux qui dépossèdent l’homme de ses vertus pour en faire l’apanage de leur dieu. Le dieu des néolibéraux est l’homme lui-même.

                            Par définition, dans un Etat de droit, le droit naturel c’est ce qui n’est pas conféré par le Droit écrit et qui n’est pas non plus interdit par le Droit. Par définition donc, le droit naturel des libéraux est « au dessous » de la loi. Il en est de même pour les religions qui ne sont que l’expression de la confiscation par un clergé du droit naturel des libéraux.


                          • cyaxarte 29 décembre 2010 15:34

                            Si je vous suis, comment établissez-vous alors, de prime abord, les lois du comportement social acceptable et sur quelle base ?


                          • Francis, agnotologue JL 29 décembre 2010 15:55

                            cyaxarte, je ne vois pas où est le problème, et ne comprends pas votre question. Par « lois de comportement social », je suppose que vous faites allusion à ce que l’on peut observer dans les sociétés animales ? Grands singes, éléphants, loups, abeilles, fourmis ... ?

                            Quant à l’expression « lois de comportement social acceptable », pour moi c’est de l’hébreu, comme on dit ! Acceptable ? par qui ? Vous pourriez précisez ? Acceptable j’ignore à quoi vous pensez. « Acceptées » me semble plus approprié, mais ne me pose aucun problème : les lois de la nature n’ont pas vocation à être déniées.


                          • cyaxarte 29 décembre 2010 16:08

                            Je suis d’accord avec le terme accepté et non acceptable comme je l’ai dit. Mais si l’on parle de meurtre, par exemple, comment, dans une société laïque peut-on justifier une quelconque supériorité d’une interdiction du meurtre sur son autorisation ?
                            Comme nous venons d’une société chrétienne, je devrais même dire judéo-chrétienne, le meurtre est interdit. Cette interdiction est transcendante car elle vient de Dieu. A l’inverse, dans une société laïque, il n’y a aucun justificatif indiscutable à interdire le meurtre. On pourrait même imaginer une démocratie qui en autoriserait l’usage librement...


                          • Francis, agnotologue JL 29 décembre 2010 17:45

                            Dans le post ci-dessus vous confondez encore laïque et athée. Désolé.

                            Le meurtre interdir par dieu ? Vous plaisantez j’espère.

                            Dans une société quelle qu’elle soit, il existe des valeurs, ne serait-ce que pragmatiques. Prenez la société corse par exemple : essayez de tuer quelqu’un, vous ne vous en flatterez pas longtemps.

                            Les valeurs s’imposent d’elles-mêmes, et une dialectique des lois acceptées s’installe ne serait-ce entre autre, entre l’intérêt collectif et l’intérêt individuel, entre la lloi du plus fort et la loi du grand nombre, etc.

                            La Loi est ce qui est accepté par tous pour régir le vivre ensemble, et il existe des tas de mode de vie collective.

                            Mais je vois que vous m’entraînez sur le terrain de l’existence de dieu. Sur ce sujet il n’y a que deux attitudes respectables : ceux qui ont la foi et n’ont que faire de preuves. Et ceux qui n’y croient pas - c’est un choix -, et qui n’ont que faire également de preuves. Les autres sont en recherche, ce n’est pas mon problème.


                          • cyaxarte 29 décembre 2010 12:49

                            Ah oui ? Il va falloir, si vous voulez donner une réponse crédible, affuter votre crayon ! Expliquez-moi ce que vous appelez théocratie... !

                            Je vous aide, je vous donne la définition du dictionnaire Hachette.

                            théocratie
                             [teokrasi] n. fém. Système de gouvernement dans lequel le pouvoir, considéré comme émanant directement de la divinité, est exercé par des prêtres ou par un souverain regardé comme le représentant ou l’incarnation de Dieu. La théocratie de l’Ancienne Égypte. / Par ext. Société dans laquelle l’Église ou les prêtres jouent un rôle politique prépondérant.

                             


                          • cyaxarte 29 décembre 2010 15:31

                            Peut-être que je maîtrise peu mon sujet, mais, au moins, je réponds aux questions qui me sont adressées...

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON

Auteur de l'article

cyaxarte


Voir ses articles






Les thématiques de l'article


Palmarès