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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > De l’effectivité du vote neutre (blanc ou nul)

De l’effectivité du vote neutre (blanc ou nul)

Une revendication démocratique est que les votes blancs et nuls ne soient pas des votes pour rien, faisant des citoyens qui s’expriment des citoyens de fait exclus de la décision, et donc que les ces votes soient comptabilisés dans les résultats en pourcentages, mais aussi puissent avoir un effet dans les décisions. Comment ces votes pourraient-ils être effectifs ? Déjà, ils ne peuvent être comptabilisés comme ayant nécessairement le même effet un des autres votes (contre ou non en particulier), car sinon il n’y aurait aucun intérêt à ce qu’ils existent distinctement.

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Gilets Jaunes pour le vote blanc, à l’Arc de Triomphe de Paris, acte II le samedi 24 novembre 2018.

 Le vote neutre (blanc ou nul) exprime qu'on n'a pas de préférence pour les diverses propositions, qu'aucune n'est suffisamment satisfaisante, que leur formulation est trop peu compréhensible, ambigüe ou piégeuse, ou que le débat a été insuffisant pour savoir quoi choisir.

 Le vote blanc n'exprime aucune alternative, alors qu'un vote nul peut être celui ou le votant exprime une alternative, une opposition, une autre proposition que celles délibérées (par exemple un autre candidat, une autre proposition).

 Les votes blancs et nuls doivent être additionnés comme votes neutres.

 Par respect pour l'isocratie (égalité dans la décision de chaque votant), les votes neutres (blancs ou nuls) doivent être pris en compte, effectifs.

 Le vote neutre va dans le sens d’un statu quo de maintien de la situation actuelle en attendant une ou de nouvelles propositions, un débat plus éclairant, pour opérer le changement proposé.

 * Si ce changement est facultatif, la proposition de changement doit avoir la majorité absolue (plus de 50%, 1/2 des votes), éventuellement plus par sécurité (par exemple selon le règlement intérieur de Decidemo(s) (association, parti politique pour l’établissement d’une démocratie réelle), plus de 3/4, 75% des votes pour changer les statuts, et plus de 2/3, 66,66% des votes pour changer le règlement intérieur).

 * Si le changement est nécessaire ou obligatoire (une proposition ou son contraire doit se réaliser, il doit y avoir nécessairement une nouvelle réalisation, un changement), la proposition de changement doit avoir une majorité relative pour être réalisée, et c'est seulement si le vote neutre a la majorité relative, qu'on doit recommencer à délibérer en renouvelant les propositions, leur formulation, le débat, en différant la réalisation nécessaire ou obligatoire que du temps bref de la nouvelle délibération.

 Par exemple, en Suède on roulait à gauche (et on pouvait continuer à rouler à gauche : ce changement était facultatif) : afin de rouler à droite, il aurait fallu que cette proposition référendaire ait la majorité absolue. Ainsi, si les votes étaient : rouler à droite 45%, rouler à gauche 40%,, et neutre 15%, on aurait continué de rouler à gauche, car il y aurait eu 55% qui n’approuvaient pas ce changement facultatif qui n'a pas obtenu la majorité absolue.

 Par contre, dans une nouvelle contrée où il n’y a aucun côté de circulation déjà établi, mais qu’il en faut un afin d'éviter des accidents, ce même vote établirait la droite comme premier côté de circulation, car il a obtenu la majorité relative (seule une majorité relative de votes neutres aurait obligé à rapidement recommencer à délibérer sur ce problème).

 Dans le cadre d'une constitution comme celle de la Cinquième République française, où il doit y avoir un président élu, si lors du second tour de l'élection, la majorité relative suffirait donc à établir une nouvelle réalité : si l'un des candidats avait 34%, et l'autre 33% (et donc le vote neutre était à 33%), le candidat à 34% serait élu ; ce ne serait que si le vote neutre avait la majorité relative (par exemple 35% de vote neutre, 33% pour un candidat, et 32% pour l'autre) qu’on éliminerait ces deux candidats pour recommencer l’élection sans eux. (Il y aurait à étudier le cas du vote neutre premier ou deuxième au premier tour… mais de toute façon, le scrutin uninominal à deux tours est très peu représentatif de la volonté populaire, la biaise trop, et sont préférables des scrutins plus démocratiques comme le vote de valeur permettant à chaque votant d'évaluer chaque candidat : on peut argumenter pour qu'une élection avec une majorité relative de votes neutres aille dans le sens de changer les procédures de vote, ou la Constitution...)

 Dans le cas de 16 votants pour une action facultative, il faudrait au moins 9 votants pour qu'elle soit réalisée ; à 8 (ou moins) votants pour, elle ne serait pas réalisée, qu'elle que soit la répartition des votes contre et neutres.

 Afin d'éviter des confusions, il faut formuler la proposition de telle façon que la proposition de changement facultatif est celle à laquelle on peut répondre favorablement (« oui » ou « pour »).

 Par exemple, pour un Etat qui fait partie de l'Union Européenne, la question devrait être : « Voulez-vous sortir de l’UE ? » (avec une majorité absolue de oui pour réaliser la sortie) et non « Voulez-vous rester dans l’UE ? ». (La question référendaire « Voulez-vous rester dans l’UE ? » ne serait pertinente que s'il avait déjà été décidé de sortir, mais que des éléments nouveaux pouvaient faire changer la volonté populaire.)


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110 réactions à cet article    


  • Aristide Aristide 29 mars 2021 13:31

    En Suède, s’il n’y a pas eu de majorité pour rouler à gauche ou à droite, le plus sage aurait été de rouler au milieu ...


    • Lucadeparis Lucadeparis 29 mars 2021 14:08

      @Aristide
      Il y eut en 1955 en Suède un référendum pour rouler à droite, et 85% des votants s’y opposèrent, ce qui ne fut pas respecté...
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Dagen_H


    • Fergus Fergus 29 mars 2021 19:32

      Bonjour, Lucadeparis

      Les autorités ont évidemment eu raison d’imposer le changement. Notamment parce que les Suédois causaient pas mal d’accidents dès qu’ils sortaient de leur pays, ce dont les Norvégiens se souviennent très bien.

      Qui plus est, il s’était écoulé 12 ans depuis le référendum. Le parc automobile avait nettement augmenté, et les mentalités avaient suffisamment évolué pour qu’il n’y ait pas de rejet massif par la population en 1967.


    • Lucadeparis Lucadeparis 29 mars 2021 20:07

      @Fergus
      Elles peuvent avoir eu raison. Une délibération démocratique avec de l’iségorie) aurait pu parvenir au même résultat (ou pas).
      Mais l’important, c’est que les décisions, non démocratiques, en manipulant les opinions publiques par les réels souverains (comme les mensonges sur les bébés arrachés aux couveuses au Koweït, ou les armes de destruction massives, afin de déclencher les deux guerres contre l’Irak) plaident en faveur de la démocratie.
      D’ailleurs, la deuxième guerre a provoqué la plus grande manifestation populaire planétaire le 15 février 2003 (https://fr.wikipedia.org/wiki/Manifestations_mondiales_contre_la_guerre_d%27Irak).


    • Clark Kent Séraphin Lampion 29 mars 2021 13:41

      La moindre des choses serait déjà d’établir des pourcentages par rapport au nombre d’inscrits et non pas par rapport au nombre de votants pour déterminer une « majorité ». Quand le taux d’abstentions dépassera 50%, pourront-ils encore parler de « démocratie » (déjà 25% au sème tour de 2017)..

        Lire les 17 réponses ▼ (de Lucadeparis, Clark Kent, Le421... Refuznik !!, Fergus, xenozoid, Aristide, troletbuse)

      • titi titi 29 mars 2021 14:31

        @L’auteur

        Le paysage politique français étant hyper morcelé, votre prise en compte du vote blanc conduirait immanquablement à la paralysie totale des institutions.

        Le seul point où il pourrait être pris en compte c’est dans le financement des partis politiques : chaque vote blanc pouvant réduire la manne que se partagent les partis.

          Lire les 11 réponses ▼ (de Lucadeparis, titi, Le421... Refuznik !!)

        • beo111 beo111 29 mars 2021 14:33

          Je cite :

          "si lors du second tour de l’élection, [...] le vote neutre avait la majorité relative (par exemple 35% de vote neutre, 33% pour un candidat, et 32% pour l’autre) [...] on éliminerait ces deux candidats pour recommencer l’élection sans eux."

          Et on pourrait se retrouver avec un Président qui aura fait encore moins qu’eux au premier tour. ça pique, non ? Et si le cas se représente mille fois, on revote mille fois ?

            Lire les 10 réponses ▼ (de Lucadeparis, beo111, Drugar, Fergus, foufouille)

          • Drugar Drugar 29 mars 2021 17:22

            @Lucasdeparis

            Je suis tout à fait d’accord avec votre propos : les votes blancs et nuls devraient être pris en compte de la manière dont vous le décrivez.

            Comme vous le précisez, cette prise en compte ne peux se faire qu’avec un système de vote cohérent et en accord avec ce principe de prise en comptes de ces types de votes.

            Il existe plusieurs vidéos sur youtube faisant des propositions d’autres type de scrutins, comme cette vidéo de ScienceEttonante qui totalise environ 1 million de vues, tout de même

            Mais il est certain que les tenants du pouvoir feront tout pour garder le système actuel qui est bien trop pratique pour prendre le pouvoir eux-même ou y placer leurs marionnettes

            Certain mouvements politiques, comme l’UPR, proposent la reconnaissance du vote blanc avec pouvoir révocatoire (dernière ligne du premier chapitre du programme présidentiel)

            Je souhaiterais qu’un tel système soit mis en place. La question qui reste en suspens est de savoir comment le mettre en place à partir de la situation actuelle.


            • Lucadeparis Lucadeparis 29 mars 2021 19:45

              @Drugar
              Pour mettre en place un tel système, il faudrait faire un rassemblement au fonctionnement démocratique se présentant aux élections.
              C’est ce que nous proposons avec Décidons Nous-Mêmes.
              Pour caricaturer, ce serait comme le Mouvement Cinq Etoiles (qui est passé de 0% à 32% en devenant le premier parti d’Italie en huit ans et demi), en mieux, c’est-à-dire réellement démocratique statutairement, contrairement au M5E, qui redescend à cause de cette promesse trahie.


            • Octave Lebel Octave Lebel 29 mars 2021 20:01

              Cela vous inquiète le fonctionnement de la démocratie surtout à l’approche d’une élection majeure.

              Vous avez bien raison. Les petits arrangements entre amis, le recyclage des copains sans mandats, les glissements d’un parti à l’autre, les tours de passe-passe qui font de dirigeants minoritaires les décideurs de nos vies grâce à la dispersion organisée des voix au 1er tour (voir ci-dessous). Rendue possible par le miracle républicain devenu habituel de la multiplication des candidats qui se décident à la dernière minute tellement ils ont de choses à dire et ne peuvent plus attendre. Les petits arrangements dans notre dos, c’est la fin.

              Il est temps que citoyens et électeurs nous votions pour un programme méthodiquement construit et discuté autour duquel s’engagent ceux qui veulent contribuer au changement et que se dégage une majorité qualifiante au premier tour. Au-delà si nécessaire des stratégies des appareils et ceux qui s’en servent pour d’autres fins. Afin que dans le cadre de nos vieilles institutions bringuebalantes on sache réellement au second tour où en est le pays. Qui a peur de la démocratie ?


              • xenozoid Xenozoid 29 mars 2021 20:03

                je cherchais une comparaison le vote blanc c’est le karaoké de l’illusion


                • xenozoid Xenozoid 29 mars 2021 20:33

                  un autre probleme, ce sont les républiques (détail) qui finnisent toujours en totalitarism totalitaire total


                  • Coriosolite 29 mars 2021 21:06

                    Bonsoir,

                    Le problème avec le vote blanc, c’est que sa signification est multiple.

                    Soit une « abstention civique » (le terme n’est pas de moi), soit une expression à caractère nettement politique de refus du choix présenté, soit encore un rejet de la démocratie représentative.

                    Hélas personne n’est en mesure de séparer les bulletins blancs pour interpréter ce qu’a voulu dire chaque citoyen.

                    Quand un mouvement s’empare du sujet pour valoriser le vote blanc, il remet en cause, sciemment ou non, le fait majoritaire qui est à la base de la Constitution de 58.

                    Et, plus grave à mon sens, remet en cause la finalité du vote, qui est de choisir et d’affirmer des convictions.

                    Si on incite les citoyens à exprimer un non-choix qui pèsera sur l’issue du scrutin, il ne faudra pas s’étonner de voire croître la dépolitisation déjà notable chez les jeunes générations.

                    Qu’y gagnerait la démocratie si une majorité de votants n’exprimait aucune volonté ?


                    • Lucadeparis Lucadeparis 29 mars 2021 22:16

                      @Coriosolite

                      Dans une votation, on ne doit considérer que ce qui est formulé dans la votation, et donc par le vote neutre un « refus du choix présenté », et non « un rejet de la démocratie représentative », qui serait le thème de référendums correspondants (d’ailleurs « démocratie représentative » est un oxymore, de la novlangue).

                      Il suffit d’instaurer des règles d’effectivité comme j’en propose ici.

                      La Cinquième République statue que « Le Président de la République est élu à la majorité absolue des suffrages exprimés. » (article 7) : à cause de cela, elle est contrainte à considérer abusivement que le vote neutre n’est pas une expression… Cela est à modifier.

                      Les citoyens ont d’autant plus de raisons de ne pas voter que leurs votes comme actuellement ne sont pas effectifs : pas de mandat impératif, pas de référendum vraiment effectif, pas de vote neutre effectif…


                    • Octave Lebel Octave Lebel 29 mars 2021 21:15

                      A voir ce que produisent nos institutions, leurs fonctionnements, l’organisation de la presse, je crois qu’il faut une refondation de notre démocratie à commencer par nos institutions. Il y a une partie de la classe politique qui a intérêt à attendre et tergiverser mais pas la situation du pays.

                      Présidentielles 2017 :

                      Rappel des résultats au 1er tour

                      Il y a eu 5 candidats de gauche au 1er tour (JL Mélenchon 14.84 % des inscrits + total des autres candidats 6.28%)

                      En tête E Macron (18.18%) et M LE PEN ( 16.14%)

                      Évolutions des votes entre le 1er et second tour

                      Votes blancs : de 659 997 à 3 021 499 (x 4.6)

                      Votes nuls : de 289 337 à 1 064 225 (x 3.68)

                      Abstentions : de 10 578 455 à 12 101 366 (x 1.14)

                       ● Résultats second tour :

                      E Macron : 20.8 millions M Le Pen : 10.6 millions

                      Absentions : 12.1 millions Blancs + nuls : 4.07 millions

                       Abstentions, nuls et blancs lors des législatives 2017 : 62%

                      Elections européennes 2019  : scrutin de liste bloquée à un tour, taux d’absentions 49.88% (plus de 70% de notre législation découle du droit européen).

                      Elections municipales : 30 000 maires élus au 1er tour le 15 mars 2020 en l’absence de 55% des électeurs contre 7600 en 2014 appuyés sur 64% de leurs concitoyens. 60% d’abstentions au second tour et des élus qui représentent entre 10 et 20 % du corps électoral.

                      Elections sénatoriales 2020 : renouvellement de la moitié des mandats de la chambre haute (vote obligatoire) pour un mandat valable jusqu’en 2026 par les nouveaux élus municipaux composant la plus grande part de ce corps électoral.

                      Représentativité de l’Assemblée Nationale 2017 :

                      - LREM avec 14.5% des inscrits au 1er tour a obtenu 350 députés

                      à l’issue du second tour (AN= 577 députés)

                      - 4.5% des députés sont des employés (27.4% de la population active)

                      - 0% ouvriers (20.3% de la population active )

                      - Un député actuellement a été élu avec un pourcentage compris entre 18 et 22% du corps électoral.

                       

                      Lire la suite ▼

                      • tashrin 30 mars 2021 10:43

                        Lol :)

                        Déjà, ils ne peuvent être comptabilisés comme ayant nécessairement le même effet un des autres votes (contre ou non en particulier), car sinon il n’y aurait aucun intérêt à ce qu’ils existent distinctement

                        Pkoi ca ? evidemment qu’il faut leur conférer le même poids, c’est même précisément le sens de la démarche. Et l’intéret évidemment, c’est que ces votes ne désignent pas nommément un candidat, et donc témoignent de l’inadéquation et du refus de l’offre politique présentée

                         Le vote blanc n’exprime aucune alternative, alors qu’un vote nul peut être celui ou le votant exprime une alternative

                        ouais c’est sûr, l’alternative Donald, Mamy, ou moi-même :) si on marque ca sur le bulletin. En quoi un nul aurait plus de sens qu’un blanc ?

                        si l’un des candidats avait 34%, et l’autre 33% (et donc le vote neutre était à 33%), le candidat à 34% serait élu

                        Ben non, ca c’est déjà le cas... Les neutres ne seraient donc dans votre exemple pas considérés. On peut le percevoir comme 67 % des votants qui ne veulent pas du candidat majoritaire en nombre de votes

                        Bref, n’est pas constitutionnaliste qui veut... Un élément clé serait déjà d’empecher la validation d’une éléction dans laquelle le seuil de 50 % des inscrits ne s’est pas exprimé, puisque le seul moyen de contestation aujourd’hui est l’abstention (toute autre décision revient à cautionner le systeme dont on sait qu’il est biaisé)

                        Lire la suite ▼

                        • Lucadeparis Lucadeparis 30 mars 2021 11:33

                          @tashrin

                          Que les votes neutres aient « le même poids », c’est ce que je prône, par isocratie (égalité dans la décision des personnes) : un pourcent de votes neutres vaudrait un pourcent de votes pour ou contre, pas un demi-pourcent ; mais pas dans le même sens, par exemple que les votes contre, sinon ce serait la même chose que les votes contre.

                          Je communiquais juste une distinction entre vote blanc et nul, mais ensuite, je ne traite que du vote neutre réunissant les deux.

                          Dans l’exemple cité, le candidat a la majorité relative, devant le vote neutre, et cela aussi doit avoir une effectivité ; mais justement si cela avait été la majorité relative au vote blanc, l’effectivité aurait éliminé les candidats (minoritaires donc).

                          Enfin, je ne comprends pas pourquoi il serait plus facile constitutionnellement d’établir l’effectivité des abstentions que des votes neutres.


                        • Aristide Aristide 30 mars 2021 11:18

                          En gros, si je résume le débat, il s’agit de trouver le meilleur moyen pour faire passer l’idée que le résultat d’une election au suffrage universel, uninominal à deux tours est un mode de scrutin antidémocratique.

                          Les arguments me semblent assez faibles :

                            les élus font ce qu’ils veulent, bon, c’est quel que soit le mode de scrutin,

                            les abstentionnistes ne sont pas représentés : il me semble que ce choix de ne pas participer est légitime, rendre le vote obligatoire serait à mon avis une atteinte à cette liberté de ne pas participer,

                            les votes blancs ne participent pas du choix de l’élu : c’est le type même de ce vote, ne pas prendre parti entre des candidats que l’on ne soutient pas,

                            les votes nuls : pour moi le vote nul est ininterprétable, de la maladresse à la volonté de ne pas participer comme le nul,

                          Je ne vois pas ce qui justifie cette affirmation consistant à déclarer que le candidat qui a eu le plus de voix au second tour ne serait pas légitime. 

                          Pour le reste, il est facile d’entrevoir les positions assez partisanes des perdants de toutes les elections qui trouvent dans cette délégitimation des élus un moyen de dissimuler leurs échecs.

                            Lire les 42 réponses ▼ (de tashrin, titi, beo111, Lucadeparis, Hervé Hum)

                          • Hervé Hum Hervé Hum 30 mars 2021 13:46

                            votre article me renvoi à celui qui j’avais publié ici même en 2013 et intitulé « le votre blanc est révolutionnaire ».

                            j’écrivais notamment

                            Les votes électifs : Ce sont ceux qui choisissent un candidat, les seuls qui sont actuellement pris en considération pour valider un résultat. En désignant un candidat, ils acceptent implicitement de reconnaître le vainqueur même lorsque celui ci est du camp adverse. C’est la condition nécessaire et intangible au bon fonctionnement de la démocratie, l’acceptation de soutenir l’élu même et surtout en cas de défaite. De ce fait, ils forment le bloc représentatif de la légitimité du vote. Ils doivent représenter impérativement au moins la moitié des inscrits pour valider démocratiquement le résultat. Donc, avoir la légitimité démocratique. C’est ce principe qui permet à un candidat d’être élu avec une majorité relative.

                            Les abstentionnistes : Sont ceux qui refusent d’exprimer un choix, de ce fait, ils acceptent le résultat quel qu’il soit. Certes, si une part non négligeable d’entre eux s’abstiennent pour exprimer leur mécontentement, ils ne peuvent êtres considérés comme tel, car la contestation doit s’exprimer par le vote blanc et ce, même si le vote blanc n’est pas reconnu comme signifiant un rejet des candidats présentés. Toutefois, la reconnaissance du vote blanc amènerait une grande partie des abstentionnistes vers les bureaux de vote pour signifier leur rejet de tous les candidats. Enfin, une partie des abstentionnistes (environ 10%), concerne les personnes empêchés, quelle qu’en soit la raison (santé, déplacement, accident, oubli, autres).

                            Les votes blancs : Sont ceux qui expriment leur rejet des candidats en lice. Le vote blanc est un vote pleinement exprimé, mais non électif. De ce fait, il devrait être compté comme vote d’opposition envers tous les candidats présentés. Autrement dit, si légalement il n’est pas compté, sa légitimité comme vote d’opposition est, elle, acquise et sa non prise en compte est un déni de démocratie. C’est celui ci qui est un vote révolutionnaire.

                            Les votes nuls : Concerne les bulletins invalidés pour des raisons multiples comme l’absence de bulletin dans l’enveloppe, annotations et ratures pour l’essentiel. On peut trouver le règlement sévère, mais si l’information sur les conditions de validité est bien relayée, alors, le vote est bien nul.

                            De mon point de vue, une majorité de vote blanc (non pas les nuls !) lors d’une élection présidentielle, implique non pas de revoter, mais de poser la question du système en place, donc, du régime et d’en passer par une assemblée constituante. Ceci, même dans le cadre actuel où le vote blanc est comptabilisé, mais pas pris en compte comme vote effectif, car ce n’est pas la légalité qui est mise en cause, mais ce qui fonde la légalité en démocratie, c’est à dire, la légitimité.

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                            • Lucadeparis Lucadeparis 31 mars 2021 12:06

                              Je ne comprends pas ce qui vous surprend.

                              Oui, le mandat impératif repose sur des référendums, le mandaté devant exécuter les décisions.

                              Voltaire était pour une oligarchie, comme le montre votre citation, et il s’opposait au démocrate Jean-Jacques Rousseau.

                              « nul ne peut exiger plus de droits qu’il n’accomplit de devoirs (par lui même) et nul ne peut se voir exiger plus de devoirs qu’il ne réclame de droits » : avec une telle formule, vous détruisez la solidarité envers les faibles (malades, handicapés, vieillards, enfants).


                              • Hervé Hum Hervé Hum 31 mars 2021 14:28

                                @Lucadeparis

                                Je n’ai pas étudié les textes de Voltaire pour pouvoir dire pour quoi il était, mais la citation reproduite ici ne veut pas dire cela, c’est juste un constat de la réalité historique. Et ce qu’il dit à la fin, infirme pour le moins qu’il puisse être pour une oligarchie, sauf peut être la réalité de son époque et qu’on appelle le réalisme. Ainsi, Voltaire avait un penchant certain pour l’argent, parce que cela lui garantissait sa propre liberté d’écrire. Etc... je ne défend pas Voltaire, mais surtout la vérité des êtres qui n’est pas forcément tout blanc ou tout noir.

                                J’évite autant que possible de juger sur les a priori, seulement sur les fait. Par exemple, je ne suis pas certain que Voltaire s’opposait à Rousseau par idéologie politique, mais plutôt par idéologie religieuse. Il l’a d’ailleurs suffisamment écrit.

                                quant à la formule, vous en faites une lecture personnelle et encore une fois, jugez par a priori et biaisez mon propos.

                                Car vous oubliez une chose essentielle, le fait que vous faites la confusion entre la faiblesse et l’incapacité. Autrement dit, si ma formule s’applique aux faibles comme aux forts, elle ne s’applique absolument pas à ceux qui sont frappés d’incapacité comme les malades, handicapés, vieillards et enfants, pour qui la solidarité s’applique totalement.

                                Bref, vous me décevez, tant pis !!!

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                              • Lucadeparis Lucadeparis 31 mars 2021 15:19

                                @Hervé Hum
                                Voltaire a persécuté Rousseau avec des écrits anonymes.
                                Il y avait un énorme antagonisme entre l’aristocratisme de Voltaire et le populisme de Rousseau. Vous pouvez voir dans Rousseau, citoyen du futur de Jean-Paul Jouary.
                                La citation de Voltaire que vous faites est suffisamment probante.

                                Je ne comprends ce qu’apporte dans l’argumentation votre distinction entre faibles et incapables : les enfants, les malades sont plus faibles ou moins capables, et la solidarité doit s’appliquer qu’on qualifie cela de « faiblesse » ou d’« incapacité ».


                              • Hervé Hum Hervé Hum 31 mars 2021 22:16

                                @Lucadeparis

                                Pour l’antagonisme de Voltaire envers Rousseau, j’ai surtout écouté Henri Guillemin en parler. Mais encore une fois, je ne maîtrise pas le sujet, aussi, je m’abstiendrai de débattre.

                                Cela dit, en considérant seulement la citation de Voltaire reprise ici, ne permet en aucun cas d’affirmer que Voltaire était plus aristocrate que populiste, puisque la citation termine en disant "Dans tout pays qui aura de bonnes lois, le peuple même aura le temps de s’instruire, et d’acquérir le petit nombre d’idées dont il a besoin pour se conduire par la raison (et non se laisser manipuler par la passion, d’une culture faites pour cimenter la populace à servir les intérêts de ses maîtres).« 

                                Ici, il parle du peuple, donc, de la populace pour laquelle il reconnaît la capacité de s’instruire et de se conduire par la raison. Quant à savoir jusqu’où il voyait la capacité du peuple de se conduire par la raison, encore une fois, je n’ai pas étudié ses textes pour pouvoir le dire. Mais sur la base de cette seule citation, on peut penser qu’il pouvait voir le peuple comme capable de se diriger lui même et donc, d’être un peuple aristocratique au sens étymologique du terme, mais où le fait de parler du peuple, implique que ce soit le peuple en lui même qui soit le meilleur souverain.Lorsque une majorité de citoyenEs tendent à l’excellence de leur activité, on obtient une majorité d’aristocrates.

                                J’ai eut connaissance de cette citation de Voltaire par l’entremise d’Henri Guillemin, mais où il ne citait que le passage disant »L’esprit d’une nation réside toujours dans le petit nombre, qui fait travailler le grand, est nourri par lui, et le gouverne.

                                ", pour mieux discréditer Voltaire. Ce qui est un procédé d’autant plus malhonnête qu’il provient d’un homme fustigeant la malhonnêteté des historiens. Ce qui m’a beaucoup déçu de sa part, mais qui n’enlève rien à sa remarquable analyse causale sur la commune et pour laquelle j’oublie son antagonisme envers Voltaire..

                                C’est seulement en écrivant un article pour lequel je voulais une introduction par une citation que je suis allé voir le contexte de cette phrase et suis tombé sur ce que je reporte ici. Aussi, je suis passé d’un, à priori très négatif à un beaucoup plus nuancé !

                                ¨Pour la suite, je ne comprends pas que vous ne comprenez pas !

                                Une personne faible n’est pas forcément en incapacité d’avoir une activité de production en vue de l’échanger par celle des autres. Sa faiblesse peut être physique ou/et intellectuelle, mais elle peut être capable et surtout revendiquer cette capacité à produire, parce que c’est la valeur centrale d’un échange équitable. Valeur centrale pour définir une personne adulte fondé sur la responsabilité et autonome fondé sur la gestion de l’échange avec autrui. Mais attention, ne me faites pas dire ce que je n’écris pas ! Car la notion de production et de mesure de la valeur repose totalement sur les êtres qui échangent.

                                Maintenant, la vie humaine comporte différentes étapes et chacune d’elle comporte ses propres contraintes. Bref, l’enfant doit d’abord apprendre avant d’exécuter une action plus ou moins complexe ou physique. Quant au vieillard, avant de devenir vieux, il a produit et capitalisé une partie de ce produit pour ses vieux jours. Encore que le capital n’est pas fondamentalement l’argent, mais les générations futures.

                                Quant au malade, faut t’il vraiment que je développe, tant la réponse est évidente et se résume en un seul mot.. Mutualité !

                                Etc...Dois je poursuivre ?

                                N’oubliez pas que nous parlons de la société, qui repose fondamentalement sur le lien qui unit ses membres et tente de rejeter ce qui les désunit.

                                Ben oui, parler de politique, c’est parler d’économie !!!

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                              • titi titi 31 mars 2021 21:41

                                Pour mémoire un vote qui n’a réuni que 48% des inscrits.

                                https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lections_municipales_du_26_mars_1871_%C3%A0_Paris

                                Quelle légitimité ?

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