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Accueil du site > Tribune Libre > Notes laïques sur la « laïcité antilaïque »

Notes laïques sur la « laïcité antilaïque »

Les lignes qui suivent ont été inspirées par un passage du fort recommandable billet de Bernard Girard : Ecole : « 100 mots pour se comprendre », le nouveau bréviaire pour la laïcité (Rue 89). Voir lien en bas de page.

Parmi les remarques pertinentes de ce billet, attardons-nous brièvement sur celle-ci : Antoine Sfeir écrit dans ces "100 mots..." que « la laïcité garantit l’égalité entre les citoyens quelles que soient leur origine, leur “ race ” (sic) ou la couleur de peau » avec cette notable réserve qu'elle exigerait de « laisser la foi de chacun dans l’espace privé." Le billettiste observe narquois qu'il y a ici "un curieux rajout qui ne manquera pas de surprendre les législateurs de 1905 ou encore Jules Ferry qui ne comprendront décidément jamais rien à la morale laïque d’Antoine Sfeir…"

Il nous semble qu'il faudrait tout de même en dire plus : cette idée que "la foi", la religion, doivent être reléguées dans "l'espace privé" est un des lieux communs les plus partagés, en particulier dans une certaine gauche qui paradoxalement se revendique de la laïcité. Le paradoxe tient à ce que, comme le suggère ironiquement Bernard Girard, ladite idée contredit en fait sans nulle équivoque possible la loi fondatrice de la laïcité, la loi de 1905 ! Celle-ci énonce en effet en quelques courtes lignes (c'est dire si elle voulait que la chose soit claire dans l'esprit de tous !) ceci que l'on pouvait croire suffisamment connu et même médité :

1/ « La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes  ». On pourrait d'emblée, au vu de cet article 1 de la loi, demander à Antoine Sfeir et à ceux qui partagent sa conception de la laïcité, comment la garantie d'un libre exercice des cultes est compatible avec "un exercice" de la foi dans le seul "espace privé" ! Mais, afin qu'ils affinent leur argumentaire, on pourrait tout de même leur rappeler ce qui suit.

2/ En son article 25 la loi énonce que "Les réunions pour la célébration d'un culte tenues dans les locaux appartenant à une association cultuelle ou mis à sa disposition sont publiques."Question subsidiaire : comment une réunion cultuelle reconnue comme publique pourrait-elle respecter l'idée sfeirienne selon laquelle le foi, que l'on suppose au fondement de ladite réunion cultuelle, devrait rester confinée dans le privé...

Trêve de persiflage : l'opinion exprimée dans le "bréviaire" soi-disant (au sens exact de "se disant") laïque est une absurdité logique, mais surtout une aberration politique, si tant est que la laïcité invoquée soit celle de 1905. Car le problème est bien là : voilà un concept clé de la République, ayant reçu en 1905 l'assentiment du mouvement ouvrier, qui se trouve insidieusement (insistons sur cette idée : il est de bon ton d'avancer masqué sur ce sujet) dénaturé pour être mis au service de la théorie des néoconservateurs les plus intégristes, celle du "choc des civilisations". Rien d'étonnant que, dans ce qui peut être qualifié de coup d'Etat "laïque-antilaïque", le FN ou l'UMP puissent se revendiquer de la laïcité et la construire sur des bases d'exclusion et de discrimination, essentiellement islamophobes ! 

Plus désolant est qu'une partie de la gauche ait sombré corps et bien en se plaçant sur ce terrain miné de la reconfiguration de droite et d'extrême droite de la laïcité. La première, depuis le rapport Baroin de 2003, a décidé qu'il était possible et souhaitable de déposséder la gauche d'une de ses valeurs emblématiques en la déplaçant du terrain des droits de l'homme, chers à cette gauche, à "la sphère culturelle et identitaire". Dans ce déplacement idéologique (que Baroin supposait permettre de vaincre le FN !) le rapport énonce clairement que la cible n'est évidemment plus le catholicisme mais "l'islam, qui est aujourd'hui au centre des préoccupations". 

Par là a été lancée la mécanique infernale de laquelle a surgi "une nouvelle laïcité" que d'aucuns, laissant habilement dans l'ombre ce rapport fondateur de la révision de l'esprit de 1905 au profit de la droite, cherchent à accréditer comme "la" laïcité de tout un chacun dans l'évidence la plus évidente, c'est-à-dire hors de toute réflexion digne de ce nom. Il est navrant qu'à gauche, y compris chez nombre de (mauvais) lecteurs des auteurs marxistes, les plus sincères (étant entendu que des Hollande ou Valls assument qu'ils sont passés "de l'autre côté") se laissent piéger par ce tour de passe-passe lourd de conséquences en termes de divisions des plus exploités et des plus opprimés. Ce dont profite la droite dans toutes ses variantes : celle de gauche, celle ...de droite et son extrême. Ce dont tire pleinement bénéfice au bout du compte le libéralisme capitaliste qui a pu ainsi se construire l'ennemi "nouveau" nécessaire à ses croisades, l'islam, en substitution du défunt "communisme" ! Concluons sur cette phrase parmi les plus significatives de cette "nouvelle laïcité" de combat et d'exclusion, tirée du même rapport Baroin : "à un certain point, la laïcité et les droits de l'homme sont incompatibles" ! Jamais mieux dit, n'est-ce pas Monsieur Antoine Sfeir, en votre défense implicite d'un de ces droits, celui d'expression, ... dans le cercle de "l'espace privé", que l'on sait si propice à son exercice ? 

En ces dramatiques temps "Charlie", il est urgent de se ressaisir et de refuser, sous couvert de cette unité nationale mêlant les social-killer et leurs victimes sous l'égide des premiers, que la laïcité nouvelle accentue son oeuvre de discrimination et de répression : qui envoie des enfants d'école, accompagnés de leurs parents sommés de s'expliquer (de se justifier), devant un commissaire pour n'avoir pas crié, le doigt sur la couture et à l'unisson, "Je suis Charlie", voire (et alors ?), "je suis contre Charlie", voire (bis) "pire" (et alors ? Bis) ! Il devient urgent de combattre l'autre idée reçue selon laquelle ce serait "faire le jeu" des religions que de rappeler leur droit à s'exprimer. Il y a urgence donc enfin à rappeler que la laïcité, celle de 1905, est la seule qui, en affirmant ce droit des religions (de toutes !), c'est-à-dire en premier lieu des "croyants", fonde la possibilité de les critiquer : l'égalité en droit de tous autorise le droit de critique de tous !

...................

On se reportera avec profit aux pages que Jean Baubérot consacre dans son livre décisif, La laïcité falsifiée (ed. La Découverte), à la "nouvelle laïcité" : pages 40 à 43.

Cliquer ici

www.npa34.org


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38 réactions à cet article    


  • Crab2 13 février 2015 17:41

    Démocratie ou Théocratie ?

    En ce monde, trois individus ont trompé les hommes : un berger, un guérisseur et un chamelier - Abu Tahir

    °

    La France n’est pas le pays de Voltaire mais de Jean Meslier dont la pensée critique athée est créatrice d’une vision du monde cohérente - suites :

    http://laicite-moderne.blogspot.fr/2015/02/democratie-ou-theocratie.html


    • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 13 février 2015 17:48

      Oui, la religion relève de l’espace privé, même s’il y a des lieux « privés » ou les fidèles d’une même religion peuvent se retrouver pour prier leurs divinités.
      Cela dit, il n’est pas interdit d’avoir des débats publics sur ce domaine privé

      Par ailleurs, si " le rapport énonce clairement que la cible n’est évidemment plus le catholicisme mais "l’islam, qui est aujourd’hui au centre des préoccupations" c’est que l’islam, contrairement au christianisme ou au judaïsme (auourd’hui) a la prétention d’envahir tout l’espace public et de régir la vie entière de ses fidèles mais aussi de tout le monde.


      • antoine (Montpellier) antoine (Montpellier) 13 février 2015 18:14

        Eh bien, si « Oui, la religion relève de l’espace privé », malgré votre « même si », c’est que vous n’êtes pas dans la laïcité de 1905 : dans ce que vous écrivez il n’y a pas le mot présent dans la loi, à savoir « publiques ». Il suffit d’assumer cette sortie de la laïcité historique et ensuite d’expliquer éventuellement en quoi vous n’êtes pas dans la nouvelle laïcité promue par la droite, l’extrême droite et une partie de la gauche de droite.

        Sur ce que vous dites de l’islam et du christianisme (je laisse de côté le judaïsme même si l’alignement du CRIF sur Israël a quelque chose à voir avec un certain envahissement de l’espace public du côté de la Palestine avec des conséquences sur l’espace public ici), vous vous trompez complètement. Si c’est en termes de prétention que la question se pose les Marches contre le mariage pour tous participent d’une prétention décuplée de l’Eglise et donc d’une partie essentielle du christianisme à imposer dans l’espace public des choses qui relèvent du religieux. Et la force des mobilisations sur ce sujet rend étonnante votre cécité et pourrait interroger sur la difficulté de certains laïques français à prendre la mesure de l’offensive catholiciste en cours.

        Quant à l’islam, alors là j’avoue que je ne comprends pas comment vous pouver proférer ce que vous écrivez : où sont ces marques de la prétention musulmane à « envahir » (vocabulaire de croisé ?) « notre » espace public ? Les spécialistes les plus sérieux sur le sujet (je ne parle ni de Zemmour, ni de Houellebeq, ni encore de Finkielkraut qui sont des idéologues), comme Liogier, Etienne, Burgat... n’attestent rien de ce que vous avancez et qui participe de ces lieux communs dont je parle, voire de purs fantasmes.


      • César Castique César Castique 13 février 2015 23:15

        « ... où sont ces marques de la prétention musulmane à « envahir » (vocabulaire de croisé ?) « notre » espace public ? »


        Dans les livres, le Coran et la Charia. Et comme les musulmans n’ont pas encore les nombres qui permettent d’exiger, ils pratiquent la technique du salami : une tranche après l’autre

      • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 14 février 2015 16:08

        «  L’islam n’est pas un système adapté à la vie d’aujourd’hui. Vouloir être musulman en Europe, c’est multiplier ses problèmes par deux ou trois. On ne peux pas être musulman aujourd’hui sans rentrer en collision avec le monde. Et, comme c’est impossible pour un musulman de changer l’islam (...) il doit changer le monde selon le désir islamique. (...) C’est ce qu’on a commencé à faire en Occident : islamiser petit à petit les choses, piscines pour les femmes, dérogation de tout genre, etc. (...) Des imams ont déjà commencé le travail, ils veulent changer les sociétés d’accueil elles-mêmes.(...)
        En répondant à la question s’il souhaitait vraiment l’installation d’une république islamique en France, Abdelkader Bouziane, l’imam de Vénissieux(...)clame tout haut (...
        ) : « Oui, mais pas seulement en France, je souhaite que le monde entier devienne musulman ».

        Hamid Zanaz (« citoyen du monde né arabe en Algérie. A enseigné la philosophie (en rarabe) à la faculté d’Alger jusqu’en 1989)


      • antoine (Montpellier) antoine (Montpellier) 14 février 2015 17:43

        Cette citation porte un point de vue. Elle ne s’appuie sur aucun fait qui étaie sa thèse. C’est de la postulation. Les auteurs dont j’ai cité plus haut le nom montrent, références à l’appui, que l’islam au singulier n’existe pas : ni historiquement, ni au présent. L’islam est pluriel, comprend autant de tendances qu’on peut l’imaginer. Qu’aujourd’hui la tendance « dure », intégriste, occupe le devant de la scène médiatique est une chose, mais il faudrait voir où et comment cela se fait, en dehors des effets de panique et des fantasmes sur « l’envahissement », sur « l’islamisation rampante ou accélérée » de l’Europe (théorie de l’Eurabia propagée par l’extrême droite mais travaillant les esprits bien au-delà de cette mouvance). Que l’écrasante majorité des musulmans en Europe soit dans cette logique « sectaire » est autre chose, une chose totalement fausse ! L’islam ne se réduit pas à nos obsessions ni à un certain matraquage médiatique et politique : les frères Kouachi ne sont pas « les » musulmans ! Ou alors il faudrait dire que Breivik est tous les norvégiens ! Au passage « notre » Anders Behring Breivik (un obsédé de l’Eurabia) a battu à plate couture les Kouachi et Coulibaly réunis : 77 morts, 151 blessés. Faut-il crier à la face « des » musulmans « On est les champions ! » ?

        L’utilisation de la citation que vous faites présente un grossier problème de méthode : elle assène un point de vue implicitement présenté comme le point de vue de vérité. Rien n’est plus faux que cela soit LA vérité. Le fait que l’auteur cité soit arabe ne le prédispose pas à être un sujet de vérité par excellence. Ou alors c’est que vous fonctionnez à partir d’une sorte d’argument d’autorité par l’ethnie qui, de fait, tombe de lui-même car d’autres arabes, y compris des arabes philosophes, disent le contraire de celui que vous citez...

        Cette citation au demeurant s’inscrit dans une logique ethnocentrique qui peut paraître paradoxale pour un « arabe » si l’on n’a pas à l’esprit que les processus de transculturation déplacent les assignations originelles. Ainsi votre « philosophe, citoyen du monde né arabe » nous dit plus son parcours et son recentrage personnel du côté d’une « occidentalisation », par ailleurs légitime, que ce qu’est l’islam. Lequel au demeurant est lui aussi soumis aux fluctuations des assignations religieuses et culturelles qui font que la majorité des musulmans en France sont laïques (car l’un n’est pas incompatible avec l’autre) et souhaitent rester dans l’invisibilité sociale maximale en dehors de quelques moments de pratiques ou de rites. Moments qu’au demeurant la laïcité légitime.

        Dernier point : depuis l’évènement de la théorie du « choc des civilisations », il y a une tendance forte à traquer les signes de « musulmanité » comme intrinsèquement contradictoires avec une identité occidentale postulée comme « la » référence de civilisation à laquelle chacun devrait s’adapter. Outre que nous sommes ici en sortie de route laïque car la laïcité ne dit aucune hiérarchie de culture, il y a un enfumage monumental à oublier que l’occident a été le lieu et le temps du plus grand crime contre l’humanité de l’histoire ! Qui plus est dans un de ses berceaux « civilisationnels » ! A côté d’un Hitler, les Kouachi ou même Daetsch sont d’un majuscule amateurisme dans l’horreur ! Et je ne parle pas de ce colonialisme que notre bonne République des Lumières a porté si longtemps de par le monde des « attardés » ! Ni de la civilisation par les frappes pseudo-chirurgicales que nous disséminons aujourd’hui même ici et là ! Et pourquoi oublier comme emblème de notre temps « occidental » le « magnifique » Breivik évoqué plus haut ?

        En somme, avant d’aller chercher la paille de l’anomalie culturelle (et en fait désastreusement identitaire) dans l’oeil du musulman, travaillons à extirper la poutre qui entrave l’oeil de l’occidental. Celui-ci n’a décidément aucune « qualité », y compris laïque et républicaine (la laïcité n’a pas été appliquée par nos laïques dans les colonies où « nous » étions censés apporter « la » civilisation !), pour faire la leçon aux « autres » !Ces autres qui, il faudrait se le rappeler, sont, en langage ... laïque, nos alter ego, nos autres nous-mêmes !


      • antoine (Montpellier) antoine (Montpellier) 14 février 2015 17:49

        Allons bon. Ce sont les livres qui, sur leurs deux jambes et avec leurs méchants bras, font marcher les musulmans. Un grand n’importe quoi d’une ingénuité totale mêlée, espérons-le pour l’auteur de ce commentaire, à de la malhonnêteté intellectuelle : merci de nous décrire le mécanisme précis montrant que le Coran et la Charia sont le moteur de vie des musulmans qui vivent et travaillent, etc en France ou en Europe. Merci de nous donner les références précises qui nous éviteront de penser que vous êtes dans le délire des « choqueurs de civilisation » ! Voir ma réponse à Mourot ci-dessous.


      • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 14 février 2015 18:27

        L’auteur que je cite étaie ses propos et lui, au moins, sait ce dont il parle. Je renvoie à son livre dont j’ai extrait quelques lignes :
        L’impasse islamique (la religion contre la vie) Les éditions libertaires 2009 (évidemment, ce ne sont pas des éditions trotskistes !).

        On trouve des propos voisins, très étayés, en lisant Ghaleb Bencheikh, qui présente l’émission religieuse Islam, le dimanche sur France 2, et qui appelle à un aggiormamento de l’islam dans le cadre des lois de la république laïque française. 



      • César Castique César Castique 15 février 2015 00:57

        "Ce sont les livres qui, sur leurs deux jambes et avec leurs méchants bras, font marcher les musulmans."

        Les livres ne font pas marcher les musulmans, mais pour tout musulman, l’application des règles contenues dans les deux livres représentent le but à atteindre - voulu par Dieu
        - et à concrétiser avec l’avènement de l’Etat islamique, le seul agréé par Dieu.

        "…des musulmans qui vivent et travaillent, etc en France ou en Europe… »

        Les musulmans qui vivent et travaillent en France et ailleurs en Europe savent que les temps ne sont pas venus. Les résistances restent fortes. Ici, on interdit les minarets, là, on interdit le hijab à l’école…

        … mais ailleurs, on ouvre la piscine pour les seules musulmanes, ou on autorise un haut-parleur sur la mosquée pour lancer l’appel à la prière. Un peu partout, les cimetières ont leur carré musulman – puisque nos défunts sont manifestement trop dégueulasses pour un vivre-ensemble tombal.

        « …qui nous éviteront de penser que vous êtes dans le délire des « choqueurs de civilisation » ! 

        Il n’y a rien à éviter, je suis un « choqueur de civilisation » convaincu, et pas du tout délirant. Le choc des civilisations est là, et bien là. Nous, il nous fait pouffer, eux et elles, il les blesse et les ulcère.

        Et vous devriez demander à ce qu’il pense du « choc des civilisations » à Patrick Menucci, qui est convaincu d’avoir perdu la mairie de Marseille à cause du mariage pour tous. Et aussi aux organisateurs du carnaval de Cologne, qui ont renoncé à un char « Charlie-Hebdo », à ceux du carnaval de Bâle qui ont prohibé toute référence à l’Islam, à ceux qui, à Paris, ont annulé le spectacle théâtral « Lapidée », à ces responsables de musées qui, en Grande-Bretagne, se sont empressés de retirer des représentations de Mahomet de leurs catalogues…

        Mais à part ça, non, il n’y a pas de choc des civilisations. Les éleveurs d’Autruche que nous avons consultés sont unanimes.


      • antoine (Montpellier) antoine (Montpellier) 15 février 2015 21:51

        Réponse à César Caustique.

        « pour tout musulman » : voilà une expression typique de l’enfumage des « choqueurs de civiisation ». Le musulman est un. Ce que contredisent toutes les études sérieuses. J’ai cité plus haut les auteurs qui, pour moi, font référence car ils s’appuient sur la connaissance et des textes de l’islam, et de leur histoire comme de celle des terres où cette religion a pris, et de la réalité sociologique, donc aussi culturelle et religieuse des populations se réclamant peu ou prou de l’islam.

        "Les musulmans qui vivent et travaillent en France et ailleurs en Europe savent que les temps ne sont pas venus« . Même procédé d’amalgame que relevé ci-dessus aggravé du délire conspirationniste : les musulmans, c’est un faux pluriel, c’est LE musulman amalgamé en un tout cohérent, organisé et prêt au combat, attendant son heure en bon guerrier habile dans la dissimulation et le travail de préparation souterrain... De l’enfumage total, basé sur du fantasme, de l’obsessionnel qui voit des Kouachi et des Coulibaly partout. Comme si on disait que tous les Norvégiens et même tous les Européens étaient Breivik-plus fort que Kouachi-Coulibaly dans l’art du massacre !

        Le choc des civilisations est bien là, dans le délire des gens comme César Caustique qui n’a rien à citer de sérieux pour étayer ses fantasmes car on n’étaye pas un fantasme ! César Caustique qui reproduit le procédé archi-usé de la pauvre, très pauvre généralisation de cas particuliers certes horribles mais pas plus que ce que notre »civilisation« , autant dire notre art de la domination des peuples et de notre propre peuple, fait »ailleurs«  ! Nous ne disons pas pour autant que LE Français ou L’Etatsunien est un massacreur de peuples !

        Face à ce délire complotiste, il ne reste qu’à laisser les lecteurs juges : de la position et des »arguments« de celui qui colporte ce délire ici et de ma position (qui est en fait la position de quelques autres). Car il est évidemment exclu que cet échange puisse faire changer l’un ou l’autre. Il faut un minimum de proximité sur en particulier des faits, des connaissances, etc. pour débattre, même en contradiction, sur des sujets. Ce n’est pas le cas ici. On ne peut pas discuter avec un »délirant" sauf à tourner en rond et à avoir du temps à perdre. C’est pourquoi cette discussion ne sera pas poursuivie.


      • César Castique César Castique 15 février 2015 22:55

        « pour tout musulman » : voilà une expression typique de l’enfumage des « choqueurs de civiisation ».

        Effectivement, j’aurais dû préciser pour tout bon musulman, soumis aux enseignements du Prophète – parce qu’il n’y en a qu’un – et respectueux des injonctions du Coran – parce qu’il y en a qu’un – et des dispositions de la Charia – parce qu’il n’y en a qu’une.

        « On ne peut pas discuter avec un »délirant" sauf à tourner en rond et à avoir du temps à perdre. C’est pourquoi cette discussion ne sera pas poursuivie. »

        Ça me va admirablement bien smiley



      • antoine (Montpellier) antoine (Montpellier) 15 février 2015 23:26

        Dans une vidéo visionnée plus d’un million de fois en 15 jours, un homme aux yeux bandés brandit une pancarte « Je suis un musulman, je suis considéré comme un terroriste, si vous me faites confiance, faites-moi un câlin ». Le succès de l’opération a surpris et enchanté.

        Une vidéo contre l’islamophobie émeut le Canada


      • César Castique César Castique 16 février 2015 12:32

        Pour rappel :



        « ...cette discussion ne sera pas poursuivie. »


        Ça me va admirablement bien !

      • njama njama 13 février 2015 18:13

        "Plus désolant est qu’une partie de la gauche ait sombré corps et bien en se plaçant sur ce terrain miné de la reconfiguration de droite et d’extrême droite de la laïcité."
        -
        Lorsque l’on considère l’Article 17 du TFUE (Traité de Fonctionnement de l’Union Européenne) qui s’impose à tous les Etats membres de l’UE, il est exactement à l’inverse de ce qu’énonce la loi de 1905 puisqu’il prône le retour de clergés religieux (juifs, chrétiens, musulmans, franc-maçons ...) comme partenaires politiques alors même que ceux-ci ne sont mandatés par aucun citoyen en Europe.
        .
        1. L’Union respecte et ne préjuge pas du statut dont bénéficient, en vertu du droit national, les églises et les associations ou communautés religieuses dans les États membres.

        2. L’Union respecte également le statut dont bénéficient, en vertu du droit national, les organisations philosophiques et non confessionnelles.

        3. Reconnaissant leur identité et leur contribution spécifique, l’Union maintient un dialogue ouvert, transparent et régulier avec ces églises et organisations.
        -
        Accessoirement c’est un cheval de Troie pour détricoter les nations en promouvant des représentants de ces communautarismes (exemple le CRIF, ou le CFCM crée par Sarkozy 1° ministre, le Grand Orient de France ...) plutôt que l’identité nationale qui fédère ...
        Ceci pourrait expliquer que la gauche et la droite ont parfaitement assimilé cette directive européenne et s’entendent très clairement sur ce sujet pourtant contraire à nos traditions républicaines.

        La laïcité française de séparation de(s) Église(s) et de l’État est historique, culturelle, et n’est à l’évidence pas soluble dans l’Europe, chaque pays ayant son histoire et ses traditions en la matière. Par exemple, l’Italie, l’Allemagne, l’Espagne, le Portugal sont encore sous des régimes concordataires La Belgique rémunère les cultes et associations laïques. Dans la mesure où ils y mettraient fin, peut-être pourrions-nous envisager une harmonie sur le concept français de la laïcité, mais avant cela, je ne vois pas ce qu’il pourrait y avoir de négociable avec nos voisins directs.
        .
        Il serait plus simple d’exiger l’abrogation pure et simple de cet Article 17 du TFUE qui ne peut générer que du désordre dans la vie politique des nations.


        • Alren Alren 13 février 2015 19:42

          Le nombre d’incroyants déclarés augmente continuellement aux E-U alors que se dire incroyant dans ce pays peut vous valoir des désagréments de la part de la communauté.

          Il a grimpé en flèche au Qébec depuis les années 60 et je soupçonne qu’il en soit de même en secret dans les pays musulmans.

          Pour exister encore, les minorités religieuses ont donc tendance à se politiser (toujours à droite) et à utiliser l’arme de la manifestation dans la rue et la contestation de la loi républicaine même si celle-ci est voulue par une majorité. 
          J’ajoute que dans un pays comme la France, les musulmans ont tendance à occuper « la niche écologique religion » laissée vacante par le catholicisme en régression continue. 

          Ce qui est clair c’est que l’école ne doit pas autoriser en ses murs l’affrontement des croyances entre elles ainsi que celles-ci contre l’incroyance.

          • Pascal L 13 février 2015 20:12

            « « la niche écologique religion » laissée vacante par le catholicisme en régression continue » 


            Le catholicisme n’est pas en régression. Il est vrai qu’il a un peu abusé de son droit à la discrétion et il a vu le départ de ceux qui de toutes façons n’avaient pas la foi depuis les années 60, mais les choses changent.

            En particulier, l’abandon de toutes les valeurs morales par la société française pousse les catholiques à revendiquer un attachement à leurs propres valeurs. Ils sortent du bois pour rappeler que la fraternité, valeur pourtant inscrite sur tous les frontons de la République est une valeur chrétienne, du moins dans sa dimention universelle (la fraternité ne s’arrête pas aux portes de sa communauté) et qu’il n’y pas de « vivre ensemble » possible sans cette fraternité.

          • njama njama 13 février 2015 22:05

            le catholicisme n’a pas le monopole des valeurs « évangéliques », largement partagées d’ailleurs par des philosophies laïques comme l’humanisme. Il est surtout victime de ses dogmes, de ses traditions archaïques ... les gens aujourd’hui savent lire et sont tellement plus instruits qu’ils ne l’étaient avant. L’Église elle n’a pas changé ou si peu ... elle a besoin d’un sacré update


          • Pascal L 13 février 2015 22:44

            @njama

            Bien évidement, le catholicisme n’a pas le monopole des valeurs « évangéliques ». Ces valeurs ont pour vocation a être partagées... et nous sommes heureux que la fraternité a été reconnue officiellement comme valeur par la république. Mais l’abandon de la fraternité par la République redonne du crédit aux églises chrétiennes.

            L’Eglise Catholique a énormément changé depuis 2000 ans et c’est une des clés de sa vitalité. Cette transformation a été théorisée par le Cardinal Newmann vers 1850 et actée par le concile Vatican II.
            La science éclaire notre compréhension de la Bible et nous fait approfondir les dogmes, bien que le texte original n’ait pas changé. 
            Il s’est donc passé beaucoup de choses dans l’Eglise depuis Galilée.

            Il me semble que vous avez une faible connaissance de l’état de l’Eglise aujourd’hui et je ne peux que vous encourager à dialoguer avec des catholiques. N’ayez pas peur, ils vous accueillerons avec bienveillance (autre valeur chrétienne et toujours pas de copyright).

          • Alren Alren 14 février 2015 12:51

            Bonjour Pascal,


            6% des Français sont catholiques pratiquants, 1% chez les 18-24 ans.

            Les autres ne fréquentent l’église que pour des événements sociaux : mariages, inhumations. 
            On ne peut pas les considérer comme « religieux ». Pour eux Noël est d’abord une fête de famille et si certains vont à la messe de minuit c’est pour le spectacle. 
            Combien d’entre eux s’astreignent au jeûne avant Pâques (à comparer avec la proportion de musulmans qui font le ramadan) et combien « font leurs pâques », ce sacrement de communion qui est pourtant un impératif ?

            « Le catholicisme a abusé de son droit à la discrétion  » : il vaut mieux lire ça que d’être aveugle !

            Les papes et notamment le fameux Jean-Paul II, ne se sont pas gênés pour condamner la contraception, alors que l’Afrique risque de périr de surpopulation.
            Ils ont également interdit toute possibilité d’avortement même en cas de viol ce qui marque une indifférence au sort des femmes violées qui n’a rien à envier au mépris haineux des islamistes !



          • Pascal L 14 février 2015 18:35

            Je suis d’accord avec vos chiffres sur le nombre de pratiquants en France. Cela représente tout de même plus d’un milliard de baptisés dans le monde, même si la pratique varie beaucoup d’un baptisé à un autre. Ce nombre est en constante augmentation.

            Il est vrai que l’Eglise a connu plus de fréquentation, mais quel était alors le niveau réel de la foi ? Il me semble que ceux qui sont partis devaient partir. Beaucoup étaient là pour des raisons sociales : faire comme tous le monde, rechercher des formes de pouvoirs... et leur départ est plutôt vécu comme un soulagement par ceux qui sont resté. On ne peut pas se dire chrétien et se comporter d’une autre manière dans la vie de tous les jours.
            Par contre, aujourd’hui, il y a des signes qui ne trompent pas sur un renouveau de l’Eglise. Le nombre des baptêmes d’adultes est en forte augmentation. Nous n’allons pas les chercher, nous témoignons parfois de ce que nous vivons, mais nous n’imposons rien. Il faut deux ans de discernement avant d’accepter un nouveau baptisé adulte, ce qui lui laisse largement le temps de changer d’avis si ce n’est pas son chemin. Le principal problème dans ma paroisse est aujourd’hui d’agrandir l’église.
            Quand au paroles de JPII, il n’exprime pas le dogme quand il parle du préservatif et ne peut donc se prévaloir d’une quelconque infaillibilité. Mais quand il s’adresse à des chrétiens, il peut tout de même dire que le respect de la vie est fondamental. Ne le prenez donc pas pour vous. L’avortement est toujours considéré comme un crime par les catholiques et c’est plutôt une bonne chose. Par contre, on ne doit pas accabler une mère qui ne s’estime pas capable d’élever cet enfant. Ce n’est pas la mère qu’il faut juger, mais la société toute entière qui a laissé se développer des situations ingérables.

          • nours77 nours77 14 février 2015 07:21

            Laïcité.... la france ne fait pas trop exemple dans le sujet !

            http://mondafrique.com/lire/decryptages/2015/02/04/doha

            Perde des ressources et d énergie, entré en guerre pour une chose imaginaires (un dieu en l occurrence, toujours le même), ça me dépasse, et si vous reléguiez ça a ce que ça mérite, un de conte de fées, arrêtez de vous entretuer pour des chimères, folie inutile...

            a mon sens, la laïcité c est un peu comme la suisse, il faut être neutre ! Ni comme un croyant, ni contre comme un athée. Une position incroyablement dur a tenir...


            • Crab2 14 février 2015 10:39

              Citation  :Pourquoi je ne suis pas musulman,par Ibn Warraq
              Éditions L’Âge d’Homme, 1999

              «  Je suis né dans une famille musulmane et j’ai grandi dans un pays qui est aujourd’hui fier d’être une république islamique. Mes proches parents se veulent musulmans : certains adhèrent à l’orthodoxie, d’autres moins [...]. Dès que j’ai été capable de raisonner par moi-même, j’ai rejeté tous les dogmes religieux que l’on m’avait fait ingurgiter. Je me considère aujourd’hui comme un humaniste laïc, qui croit que toutes les religions sont des rêves d’hommes débiles, de toute évidence fausses et pernicieuses [...]. Tels sont mes antécédents et mon point de vue, et les choses en seraient restées là s’il n’y avait pas eu l’affaire Rushdie et la montée de l’islam. Moi, qui n’avais jamais écrit de livre auparavant, j’étais tellement galvanisé par ces événements que je me lançai dans celui-ci [...]. Ce livre est mon effort de guerre.Chaque fois que je me suis demandé s’il était prudent de l’écrire, de nouveaux meurtres perpétrés au nom de Dieu et de l’islam m’ont poussé à le mener à son terme. » Ibn Warraq

              Encore un islamophobe, rendez-vous compte mon bon monsieur, c’est un arabe, pire un ex-musulman, imaginez les sauts de cabri de : Tarik Plenel ( Edwy Plenel ), Aymeric Ramadan ( Aymeric Carron ), du MRAP, de Claude Askolovitch, de Dounia Bouzar, de Régis Debré, de Najat Vallaud-Belkacem, de Jean-Louis Bianco, de Cécile Duflot, d’Eva Joly, et de Manuel Valls qui juge les « textes sacrés » tous respectables et vous avez devant vous le spectacle « vivant » de la faune athéophobe et anti-laïque

              http://laicite-moderne.blogspot.fr/2015/02/democratie-ou-theocratie.html


              • alinea alinea 14 février 2015 13:32

                J’ai l’impression que la laïcité telle qu’on nous la vend maintenant, n’est pas une nouvelle religion, comme certains le prétendent, mais plutôt comme une armée : On veut voir qu’une tête !
                Chez vous, faites ce que vous voulez ; la disparité, la diversité ne doit en aucun cas faire partie de l’espace public !
                De quoi rendre schizophrène, aigri ou haineux n’importe qui ! L’espace public est une scène où chacun doit jouer le rôle qu’on lui assigne ; pour la vie et l’authenticité de ses appartenances, veuillez tirer le rideau !


                • Crab2 14 février 2015 15:46

                  Pourquoi je ne suis pas musulman,par Ibn Warraq
                  Éditions L’Âge d’Homme, 1999

                  «  Je suis né dans une famille musulmane et j’ai grandi dans un pays qui est aujourd’hui fier d’être une république islamique. Mes proches parents se veulent musulmans : certains adhèrent à l’orthodoxie, d’autres moins [...]. Dès que j’ai été capable de raisonner par moi-même, j’ai rejeté tous les dogmes religieux que l’on m’avait fait ingurgiter. Je me considère aujourd’hui comme un humaniste laïc, qui croit que toutes les religions sont des rêves d’hommes débiles, de toute évidence fausses et pernicieuses [...]. Tels sont mes antécédents et mon point de vue, et les choses en seraient restées là s’il n’y avait pas eu l’affaire Rushdie et la montée de l’islam. Moi, qui n’avais jamais écrit de livre auparavant, j’étais tellement galvanisé par ces événements que je me lançai dans celui-ci [...]. Ce livre est mon effort de guerre.Chaque fois que je me suis demandé s’il était prudent de l’écrire, de nouveaux meurtres perpétrés au nom de Dieu et de l’islam m’ont poussé à le mener à son terme. » Ibn Warraq

                  Encore un islamophobe, rendez-vous compte mon bon monsieur, c’est un arabe, pire un ex-musulman, imaginez les sauts de cabri de : Tarik Plenel ( Edwy Plenel ), Aymeric Ramadan ( Aymeric Carron ), du MRAP, de Claude Askolovitch, de Dounia Bouzar, de Régis Debré, de Najat Vallaud-Belkacem, de Jean-Louis Bianco, de Cécile Duflot, d’Eva Joly, et de Manuel Valls qui juge les « textes sacrés » tous respectables et vous avez devant vous le spectacle « vivant » de la faune athéophobe, islamophile et anti-laïque

                  http://laicite-moderne.blogspot.fr/2015/02/democratie-ou-theocratie.html

                  Démocratie ou Théocratie
                  Dans une perspective athée, depuis bientôt près de vingt ans, désormais la critique athée du coran se développe car, dans notre société, sans se servir de la raison pour réfléchir, puis gouverner : ce n’est plus la démocratie qui s’imposerait mais à nouveau la théocratie – suites :

                  http://laicite-moderne.blogspot.fr/2015/02/democratie-ou-theocratie.html


                  • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 14 février 2015 18:33

                    Tiens, on n’a pas encore la longue réfutation d’Antoine du livre Ibn Warraq. Mais il est vrai qu’il connaît mieux l’islam que les intellectuels de culture musulmane qui ne sont pas de son avis !


                    • antoine (Montpellier) antoine (Montpellier) 14 février 2015 19:56

                      Jean J Mourot vous jouez un jeu dangereux que j’ai déjà pointé : celui de l’argument d’autorité qui voudrait ici qu’un « intellectuel de culture musulmane » en sache, par essence, par définition (par le saint Esprit ?) ou par ce que vous voudrez, plus que quiconque sur l’islam. Cela déroge à toutes les méthodologies d’analyse universitaires en socio, psycho, etc. Mais vous avez le droit de penser que ces méthodologies sont des conneries. Cependant vous vous exposez à devoir faire la réfutation de ces méthodologies et à nous donner la conception que vous en avez et qui semble avoir un petit fumet culturaliste, ethniciste, du plus mauvais effet sur votre conception de la laïcité. Je crains que vous n’ayez quelque mal à vous dépêtrer de tout cela mais, après tout... vous n’êtes obligé à rien !

                      Par ailleurs vous vous exposez à une autre énorme contradiction, cette fois avec un principe élémentaire de la laïcité (mais je n’ai pas bien compris si vous vous revendiquiez d’elle ni, le cas échéant, de laquelle, l’historique, la nouvelle-révisionniste-de droite ) : il s’agit du principe d’universalité qui n’admet pas, mais vous allez là aussi nous démontrer le contraire, que sur l’islam, comme sur tout sujet, il ne saurait y avoir de vérité ethnocentrée ou tout simplement culturocentrée (d’ailleurs la notion de vérité n’est pas admise en sciences humaines et elle est chahutée en sciences dures) ! Si l’on suit jusqu’au bout, c’est-à-dire jusqu’à l’absurde, ce que vous nous proposez dans ce commentaire, on dira que personne ne peut mieux parler de Clovis qu’un de ses contemporains mais avec la contrainte qu’il ait été un de ses proches. Hors de lui, plus rien ne vaut sur Clovis ! L’historiographie risque de s’en trouver quelque peu chamboulée et même tout simplement paralysée..

                      Faites gaffe Mourot, à jouer avec la laïcité comme vous faites, vous dérivez, vous dérivez vers la quadrature du cercle. Ce n’est pas la fin des haricots mais cela n’aide pas spécialement à argumenter. Enfin, c’est vous qui voyez...


                    • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 15 février 2015 11:46

                      J’attends toujours la réfutation !


                    • Crab2 15 février 2015 12:09

                      Ce matin ( 15/01/2015 ) invité sur itélé : Laurent Fabius ( fin gourmet de carottes rappées ) répond à Jean-Pierre Elkabbach que ’’ les terroristes sont de faux religieux mais de vrais criminels qui s’appuient sur la religion ’’ - chercher l’erreur [ ? ]

                      Suites :

                      http://laicite-moderne.blogspot.fr/2015/02/le-venin.html

                      ou sur

                      http://laiciteetsociete.hautetfort.com/archive/2015/02/15/le-venin-5559549.html


                      • antoine (Montpellier) antoine (Montpellier) 15 février 2015 17:06

                        A Jean J Mourot.

                        Allons bon, voilà que, dans mon inconscience et ma frivolité, je laisse Jean J Mourot dans l’attente insupportable d’une réfutation. Une réfutation de quoi ? D’ un livre de Ibn Warraq dont un autre commentateur a fait une citation ! En somme Jean J Mourot n’est pas près de voir con voeu exaucé : il faut que j’aille dare-dare m’acheter le livre, le lire, prendre des notes et, la queue basse, venir en faire une synthèse avant de, c’est ce qu’attend mon interlocuteur, en faire la réfutation.

                        Bon, on comprendra que celui-ci n’est décidément pas sérieux !

                        Donc je ne réfuterai pas l’ouvrage en question sauf si... Jean J Mourot me fait une étude exhaustive des articles de la loi de 1905. Il faudra aussi, avant que je ne lance ma réfutation, que j’ai évalué ce travail comme je suppose que Jean J Mourot évaluera le mien...

                        Mais pour ne pas trop décevoir l’attente de Jean J Mourot, je vais lui dire ce que je pense de la citation d’Ibn Warraq : elle ne démontre rien, elle montre seulement. Elle montre ce qu’a été le parcours d’un musulman faisant ses adieux à l’islam et à toute religion. C’est intéressant mais n’apporte qu’un point de vue sur la chose comme d’autres en apportent en dessinant une pluralité de positionnements, souvent en contradiction totale avec ce qu’écrit Ibn Warraq.

                        Ce que Jean J Mourot a du mal à assumer c’est qu’il ne suffit pas de faire référence à un texte, à une analyse ; il faut soi-même les mettre en perspective, en tester les arguments en les croisant avec d’autres... Bref, il y a un travail d’analyse personnelle à faire (en toute humilité, nous en sommes pas des génies !), pas un travail de citation. En somme il faut que vraiment Jean J Mourot sorte de l’argument d’autorité qui le travaille constamment : citer n’est pas analyser ! Ce n’est pas très laïque cette façon « citative » de faire de Jean J Mourot. Mais Jean J Mourot est-il laïque ? Démontrer ce qu’est sa laïcité, voilà ce qu’il pourrait commencer à faire pour qu’on comprenne bien où il se situe, pas où Ibn Warraq se situe ! En revanche il pourrait s’aider de celui-ci pour développer ce que la citation ne parvient pas à démontrer. D’une pierre, deux coups, voilà ce qui serait superbe : on aurait la clarté et sur Jean J Mourot et sur Ibn Warraq. Je dois dire que là je pourrais tout à mon aise tenter la réfutation requise ! On y va Jean J Mourot ? Je sais, c’est autre chose que faire du copier-collé...


                        • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 16 février 2015 10:52

                          « On se reportera avec profit aux pages que Jean Baubérot consacre dans son livre décisif, La laïcité falsifiée (ed. La Découverte), à la »nouvelle laïcité«  : pages 40 à 43. »

                          "il ne suffit pas de faire référence à un texte, à une analyse ; il faut soi-même les mettre en perspective, en tester les arguments en les croisant avec d’autres...« 

                          C’est peut-être ce que vous faites, mais vous le faites mal selon moi. Je suis sans doute borné, mais je n’ai pas bien compris ce qui n’est pas énoncé clairement : comment concevez-vous aujourd’hui l’application de la loi de 1905 et corrélativement de l’article 1er du préambule de notre constitution : »La France est une République indivisible, laïque,démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances." Je ne comprends toujours pas comment vous concevez concrètement la laïcité.


                        • antoine (Montpellier) antoine (Montpellier) 16 février 2015 11:43

                          A Jean J Mourot

                          Vous n’êtes certainement pas borné. Vous êtes dans une contradiction que vous ne voulez pas tenter de résoudre, ce commentaire le confirme : vous semblez être un laïque antilaïque au sens où vous ne voulez pas tenir compte de ce que la loi de 1905 énonce pourtant clairement.

                          Si quelqu’un « fait mal », ce n’est en l’occurrence pas moi ni cette loi, désolé, nous sommes du même côté (mais vous pouvez me détromper !) mais le lecteur qui, comme vous, ne veut pas s’en tenir à la lettre et à l’esprit de cette loi, à savoir qu’il n’y a rien de laïque à renvoyer les religions dans l’espace privé. Cela commence à devenir redondant d’avoir à écrire ceci tellement vous ne vous décidez pas à prendre le taureau par les cornes. Je sais c’est toujours risqué, mais c’est le prix à payer parfois pour sortir de l’enfumage.

                          Oui ou non y a-t-il écrit dans cette loi que les religions ont, comme tout un chacun, droit à l’expression publique de ses positions ? C’est oui ou c’est non et si c’est non, donnez les arguments. Soit ce non est dans la loi et donc merci de m’éclairer où je peux trouver cela. Soit il n’est pas dans la loi et donc ayez le courage de le dire et de nous dire depuis quelle laïcité vous parlez. En attendant vous tournez autour du pot. C’est plaisant un moment, pas plus.

                          Profitez-en pour faire vraiment vôtre l’invitation, que vous me lancez, à énoncer clairement pour que les choses soient comprises. Cette invitation vous concerne dans votre tête-à-tête avec vous-même qui est visiblement très compliqué.

                          Ce que vous citez (décidément !) du préambule de la constitution s’appelle marquer contre votre camp : un croyant, étant un citoyen, a donc le bénéfice de tous les droits reconnus à tout citoyen, donc celui d’exprimer sa croyance en public ! On est bien dans la loi de 1905. Mais vous, on ne sait toujours pas où vous êtes. Il va vous falloir peut-être vous décider à abattre vos cartes ! Pas facile, hein ?


                        • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 16 février 2015 18:44

                          On peut exprimer sa croyance en public sans pratiquer son culte dans l’espace public et sans prosélytisme. Je fais mien le vieux slogan : « ni croix, ni voile, ni kippa ».
                          Dans une république laïque, on ne se promène pas en clamant son appartenance religieuse. Mais on n’est pas non plus obligé de la cacher. L’ennui, c’est lorsque l’appartenance religieuse prend le pas sur la citoyenneté. Quand on réclame des dérogations à la loi en fonction de ses convictions particulières.
                          J’ajouterai que la loi de 1905 date de 1905, c.a.d. d’une époque où il fallait surtout se protéger de l’emprise de l’église catholique. La donne a changé depuis (même si l’église catholique n’a pas renoncé à reprendre du poil de la bête) et il convient également aujourd’hui de se préserver de la volonté envahissante de l’Islam (que vous semblez ne pas vouloir reconnaître). Il ne me gène pas de voir se construire des mosquées mais il me gène d’entendre certains réclamer des dispositions particulières pour les musulmans (quelques uns en sont à revendiquer que des musulmans délinquants ne puissent être jugés que par des musulmans !)


                        • antoine (Montpellier) antoine (Montpellier) 16 février 2015 21:00

                          On n’est pas obligés d’accepter tout de n’importe qui au prétexte qu’il est musulman. Cela étant acquis, il faut se méfier de ce retour d’un républicanisme rance qui nous la joue « tous citoyens » alors que la réalité de classe, toujours plus inégalitaire, de la société montre que l’on n’est pas tous citoyens. Croyez bien que tout cela a à voir avec la question qui nous occupe : entre autres choses parce que ce sont les carences sociales de la République (dont l’histoire ne se réduit pas à la Révolution de 89 et dont le sens est foncièrement bourgeois !) et les reniements politiques (et sociaux) de la gauche qui poussent certains des plus exploités et opprimés à aller voir du côté du religieux. Se crisper sur la citoyenneté dont rien n’indique aujourd’hui qu’elle puisse être autre chose que formelle et, dans les faits, d’exclusion, c’est cadeau pour la bourgeoisie. C’est dans ce machin qu’est attrapée la laïcité. L’épouvantail du communautarisme sert les possédants et permet d’embrigader la gauche à leur cause. Tout cela vous ne le voyez pas qui cédez à l’illusion d’optique d’un danger islamiste totalement inexistant (lisez Olivier Roy ou Raphaël Liogier). Toutes ces petites revendications que vous voyez comme de l’envahissement communautariste ce n’est que normale volonté de trouver sa place à partir de ses propres signes d’identité. J’ai lâché volontairement le mot : le mot répulsif pour les républicains citoyennetistes qui croient que l’on peut faire l’impasse des réalités d’identification de chacun. Cela c’est du totalitarisme décharné : on est citoyens et rien d’autre. Eh bien, remarquez une chose : tous les bons républicains trimballent de l’identité plus ou moins assumée et pas précisément citoyenne. Et il se trouve qu’elle a quelque chose à voir en particulier avec une identification à une vision mystifiée de la République qui en oublie la réalité épaisse de contradictions culturelles qui sont des signes d’identité dont Marx par exemple n’aurait jamais pensé à les éradiquer ! Mélenchon, avec son exaltation de la France universaliste blabla contredit tout ce qu’il peut dire sur les inégalités sociales à combattre. Cette dichotomie participe de son impuissance politique du moment.


                        • Clouz0 Clouz0 15 février 2015 23:33

                          L’article, et les commentaires de l’auteur, sont très intéressants.
                          Ils nous renseignent sur la grande difficulté, voire l’impossibilité, pour une certaine frange de la gauche de corriger la dérive inexorable qu’elle a lentement encouragée et fini par assimiler totalement, lui faisant abandonner la défense de la laïcité pure (et pas forcément pure et dure, mais au moins stricte) au profit d’une compréhension -> puis de l’excuse -> puis de la défense d’une religion dont nombre de règles se trouvent être en totale contradiction avec les valeurs républicaines de base.
                          Dans ces temps où une partie de la jeunesse musulmane française (et plus largement européenne) souhaite trouver son idéal en se réfugiant dans un nouveau communautarisme, et où parallèlement l’influence de l’islam le plus rétrograde porté, et importé, à grands coups de pétrodollars et de prédicateurs par les pays du golfe, Arabie Saoudite et wahhabisme en tête... la pensée de cette gauche craque de toutes parts.
                          Il lui devient de plus en plus difficile de concilier des idéaux affichés contradictoires et il lui faut bien lâcher d’un côté ou d’un autre.
                          L’auteur et ses semblables préfèrent d’évidence lâcher, marche après marche, sur la laïcité républicaine plutôt que d’accepter de remettre en question les analyses passées sur la réalité de l’islam en milieu démocrate et républicain.
                          Pire, les révolutionnaires ratés du marxisme finissent par sembler nourrir une dangereuse sympathie pour un discours de révolte (révolution ?) communautaire porté uniquement par un intégrisme religieux.

                          La défense de la laïcité française (stricte, j’insiste) est devenue une urgence de première nécessité et il apparait qu’elle devra se faire contre ceux que l’on aurait attendu aux premières lignes de ce combat.  smiley


                          • alinea alinea 16 février 2015 18:55

                            Et comment la ferez-vous ?
                            Pour moi, à un certain degré de tension, il faut détendre ! resserrer davantage et tout pète ; ce n’est que sagesse ; détente n’est pas laxisme ni abdication : juste remettre les choses à leur place ! leur redonner leur importance relative.


                          • Clouz0 Clouz0 17 février 2015 11:46

                            Il n’est pas question dans mon esprit de resserrer, seulement de faire appliquer strictement et d’expliquer de façon pédagogique les principes et tous les avantages que nous avons tous à tirer d’une société laïque et démocratique.

                            L’enseignement de la laïcité - sa philosophie et ses principes - doit être renforcé à destination des jeunes. 
                            Il devrait être également une étape obligatoire pour tout immigrant adulte souhaitant s’installer en France et à fortiori pour ceux qui font une demande de nationalité.
                            Serait-il ridicule de prévoir un enseignement obligatoire sur les valeurs qui régissent la société française, dont la laïcité ? 
                            Serait-ce trop demander que d’obliger tout nouveau postulant à la nationalité à signer un contrat stipulant qu’il connait les règles et qu’il les accepte telles quelles ?
                            Un tel engagement éviterait un grignotage régulier et signifierait clairement que venir s’installer en France ne doit se faire qu’en parfaite connaissance de cause, et en acceptant toutes les règles que nous avons patiemment mis en place. 
                            À ceux qui n’accepteraient pas d’en tirer les conséquences et d’aller voir ailleurs.

                            Envisager de détendre la laïcité est un leurre dangereux. 
                            C’est une faiblesse et, in fine, il s’agit bien de laxisme.
                            On voit ce que donne la politique des accommodements raisonnables : C’est ouvrir la voie à la remise en cause permanente, par tous moyens et par tous les divers intégrismes religieux, des règles nationales.


                            Ou Julliard : 
                            « L’acceptation de règles communes, de moeurs communes, qui permet aux différences individuelles de s’exprimer sans remettre en cause la seule communauté acceptable, c’est-à-dire la communauté nationale ». Et de rappeler que le judaïsme ou le protestantisme, longtemps en butte à une Église catholique sûre d’elle et dominatrice, « ont compris d’emblée que le statut d’indifférenciation que leur offrait la Révolution était pour eux un progrès et même un idéal »


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