*******Que se passerait-il si on s’en passait une fois l’addiction installée ?
De nos jours, pas sitôt nés nos enfants sont sous perfusion 3G... la tyrannie de l’Empire de demain. Le Dieu d’Abraham (et les autres) seront détrônés, remplacés par un plus moderne : le Dieu « Écran ». Beaucoup plus hypnotique que le catéchisme et autre Ancien Testament... Mais il relie les esprits des humains entre eux (les corps ne sont que fantasmés) ; c’est la nouvelle religion, désincarnée, fantomatique, spectrale, ectoplasmique, zombique. C’est ça qu’on appelle le virtuel, non ?********
Au fond, la désincarnation ne me semble pas nouvelle
Ça fait 2500 ans que grandit l’idée que la pensée est plus grande que notre corps, que nos jambes, que nos mains
Tant qu’il y avait une hiérarchie obligeant des laboratores à nourrir les oratores et bellatores avec leurs mains, ce phénomène est resté limité à l’élite penséiste
Mais depuis l’égalitarisme, chacun se voit, comme Voltaire, plus grand que ne l’est son corps
Si je vois dans un premier temps une impossibilité que 7 milliards d’individus dotés d’un esprit Dugué mais sans mains ni pieds puissent survivre 24h, j’envisage qu’une évolution vers notre sortie du corps biologique soit possible
(Ne perdons pas de vue que notre corps bio oblige à des millions de volailles de vaches et de bananes)
La puce n’entrera pas dans nous
Notre ipséité entrera dans la puce
Une fois dans la puce, nous n’aurons besoin que des très faibles courants électriques naturels (sols arbres) et nous serons aussi bien en terre.
Les bestioles enfin débarrassées de nous nous pisseront dessus sans que ça nous en bouge une
Chacun de nous sera un On et n’aura aucun besoin de communiquer avec quoi que ce soit d’autre que ses propres productions intellectuelles
****La quête ultime — selon moi — en serait un désir archaïque de consensus****
Le moindre mot, même Ouille, est fruit de consensus
Parler est donc pétrir de la matière consensuelle
Mais chaque mot n’exprime que le point pertinent-saillant d’un sentiment ou d’une sensation qui est en réalité bien plus précise
Quand je touche mon pied, j’ai une sensation pensée très précise -je le reconnaîtrais entre mille- mais pour le dire, je vais utiliser des mots d’allure précise, d’acception précise, qui ne colleront pas et de loin, avec mes sensations
Comme le recours à des mots précis ne permet d’exprimer que des imprécisions, peut-être recherchons nous à dire nos sentiments et sensations précises en combinant les mots (ce que fait un oenologue)
Nous voilà donc à parler pour dire les non-mots avec les mots
Or, si les mots sont automatiquement consensuels, s’ils disent les points saillants et que ces pointes ont le droit d’être dites, tout ce que nous voulons dire d’autre, tout ce que nous ressentons vraiment et qui est donc hors-les mots, nous semble être hors-la-loi
La recherche du consensus serait la recherche d’un consensus non pas sur les pointes que représentent les mots existants mais uniquement sur les non-mots que nous essayons de cerner en jouant de combinaisons de mots
Pour dire le centre de gravité d’un triangle, que je sens ou pressens mais dont aucune convention n’a encore dit le mot, je vais en parler en parlant des côtés, des médianes. Je vais parvenir à dire un tabou en tournant autour
Et bien il me semble que s’il y a des raisons de croire que nous cherchons tous le consensus pour dire enfin des jusque là non nommés, je vois aussi de grandes angoisses à oser cette démarche.
Là intervient la construction psy de l’individu.
Sur le point de son autorité
J’ai le courage de dire un non-dit à condition de n’être suivi que par très peu de gens
(Sur le plan privé, il n’y a que la vie hors-les-mots qui m’excite)
J’aurais paniqué si, en disant ce que Hitler, Copernic, Lincoln, Darwin, ont osé dire, j’avais vu les gens y coaguler
Je suis très Viet sur ce plan.
Un Viet tremble à l’idée de nommer lui-même un animal jusque là inconnu.
Ici, un savant découvre quelque chose et ne voit aucun problème à lui coller un nom depuis son labo, sans consulter la masse. Ici, chacun se permet d’inventer des mots
"Tiens, ce matin je vais nommer universellement La Mer de la Tranquillitéé
Je veux bien que quelqu’un reprenne une minuscule idée de moi mais je panique quand trop de gens la reprennent car je vois le risque qu’elle se réalise et que par effet de dominos, la situation soit chambloulée.
Je veux bien avoir des amis d’accord avec moi mais surtout pas plus de monde
Je ne suis donc jamais monté sur une tribune et je ne veux pas parler à la télé
Les Viets sont de piètres orateurs, ils n’aiment pas être des locomotives ou des paratonnerres
Alors recherche de consensus oui mais de quelle envergure ?
Pour moi c’est petite, très petite
****** En plus des lames, vous signalez ici les piques, et votre nouvelle les met également en scène :
c’est comme au tir à l’arc : les premières fois, on atteint rarement le cœur de la cible ! Question d’expérience.
Et vous évitez le substantif « flèche »... en le remplaçant par « on », puis vous trahissez votre phobie de l’objet qui pourrait pénétrer sous votre peau... on atteint rarement le cœur... (de la cible !)
Qui a dit que « notre inconscient est structuré comme notre langage » ? Le plus mal aimé des philosophes du XXe siècle, Jacques Lacan.
Pourtant, à y regarder avec toute l’attention requise, écouter la parole du parlant conduit assurément au cœur de son inconscient. Et c’est finalement ça qui produit la « littérature » : celui qui parle à celui qui écoute. Ou le contraire, selon que l’on est tour à tour lecteur ou écrivain. *****
Votre remarque pertinente m’inspire un commentaire digressif par rapport au papier (qui me laisse indifférent)
Il y a, dans le sport, le phénomène de la ligne d’arrivée. Vous le savez tous, si, dans les dernières secondes, on déplaçait la ligne d’arrivée d’un seul mètre, le coureur hurlerait l’injustice.
Il a tellement mis d’effort pour produire un fait pertinent qu’il n’a plus la force d’envisager à une autre pertinence.
Je tiens ça, je livre vite ça
C’est suffisamment pertinent pour établir la pertinence de mon entreprise
(Un type serait porté par la retenue plus que par la précipitation, il refuserait de livrer au monde un biplan monomoteur et attendrait d’avoir trouvé l’Airbus)
Avec notre Moi devenu plus indépendant (ce qui ne veut pas dire systématiquement autoritaire) nous sommes devenus des résultatistes-vite de moi
« Je (tout seul, indépendant) dois produire un résultat démontrant la pertinence de Moi-seul et cela le plus vite possible »
Chacun, aussi bien le coureur que le public que le journaliste commentateur, court à produire un résultat soliste (parfois groupe-public de salle), pertinent, rapide.
Mais l’utilité profonde du franchissement de la ligne en 10 secondes....où est-elle ?
Oui, l’athlète a couru les 100 m en 10 secondes, c’est un fait indéniable (et qui est lui-lui)
Oui le public a livré immédiatement ses applaudissements (qui est Lui-Lui)
Oui le commentateur a livré une performance journalistique indéniable (qui est lui-lui)
Mais ces trois livraisons très pertinentes en termes olympiques ont quoi de méta pertinent ?
(Surtout, si l’on repense qu’à la limite Coubertin ne nous aurait relancés dessus rien que pour nous détourner de la guerre)
Doit-on, en tant que journaliste détecteur de faits saillants, se précipiter vers le micro pour annoncer « Il a fait 10 secondes’’
Ou doit-on dire »Il a fait 10 secondes dans le contexte qui....bla bli bla blo dans le méta contexte qui bla bla bla blo « . Ce qui exigerait bien plus de temps ?
Il serait par exemple possible de dire que l’athlète l’a fait devant des concurrents névrosés de la performance physique ; devant des spectateurs qui attendaient une élégance de course, une éthique sportive ; en considérant sa famille fière de lui ; en considérant son peuple fier de lui ; en considérant le Coubertinisme ; en considérant l’écologie ; en considérant le cosmos ; en considérant tout ce qu’il peut faire de positif pour tout ça
(au seul détriment de ses concurrents)
Il serait également possible de dire, si on en perçoit des arguments, qu’il n’a eu en tête que de planter un certain concurrent qu’il jalousait ; de se prouver que... ; de prouver à son père que ...
Au fond, les motivations du performeur sont insondables (Ce n’est pas ce qu’il en dira au micro qui en feront le tour). La seule chose de sûre qu’on puisse dire c’est la performance et son effet sur nous à qui il offre de la constater.
Etant alors entendu que cet effet sur sa mère n’est pas le même effet que sur moi.
A qui écrit Fergus ?
A nous, qu’il ne fréquente pas ?
Il n’écrit que pour des personnes qu’il connaît en chair et en os et qui jouent dans sa vie privée
Ses élisions de flèche et de peau démontrent surtout qu’il ne veut choquer ni ces personnes ni nous, en ce papier et sur ce sujet du percement.
Sur un autre papier, il visera d’autres personnes et aura peut-être envie de les choquer
Mais s’il ne bouscule personne sur le percement des chairs (tant chacun conviendra que le sujet lui est sensible) peut-être bouscule-t-il quelqu’un sur un autre thème ?
Il y a forcément quelque chose dans ce qu’il a dit qui bouscule quelqu’un quelque part
A quoi servons-nous alors, nous les inconnus qui le lisons ?
D’interlocuteur prétexte et validateur.
Comme la validation est importante face aux fantômes à qui il s’adresse, il se débrouille pour dire ce qu’il a à dire de toujours choquant, de toujours renversant, de toujours bouleversant aux yeux de ces fantômes mais pas trop pour nous, les anonymes, afin que nous validions la communication
Ses élisions servent à ne pas nous heurter afin que nous sympathisions, afin que nous validions
Mais tout en ne bousculant personne, ni nous ni ses fantômes sur le point hyper commun du percement de la peau, il y a quelque chose dans ce texte qu’il m’est impossible de voir qui sert à bousculer ses fantômes.
(Et je pourrais pour ma part être bouleversé pour x raisons par d’autres choses dites ici et complètement hors-objectifs de Fergus, qui en serait alors tout étonné et contrit)
Si je ne suis pas son fantôme, je ne peux pas voir l’objet réel de ce papier
Comme je ne suis le fantôme d’aucun des auteurs de ce site, je ne vois jamais les objectifs profonds des auteurs et je ne suis que leur faire-valoir.
Ce qui complique l’affaire, c’est que nos fantômes ont peut-être souvent une première consistance physique mais notre imaginaire et notre talent à projeter en produisent des avatars sous des formes plus nuageuses »Tous les fachos, tous les profs, tous les croyants, toutes les grandes gueules« parce que, c’est l’énorme avantage sur les fantômes originels, ils peuvent vraiment entendre et vraiment répliquer
Ici, il y a vraiment des profs, vraiment des fachos, vraiment des patrons qui peuvent être bousculés et réagir (mais devant les témoins que sont les autres).
Il y a interpellation d’avatars et prise à partie des autres comme témoins
Il y a un triangle
Cette avatarisation qui fait qu’un auteur finit par interpeller les avatars vraiment dialectiques qu’il produit, fait que je deviens, moi, anonyme de passage, possiblement celui qu’il interpelle.
Si un texte ne me bouscule pas, tel celui-ci, c’est que son auteur n’a pas avatarisé ses fantômes en des personnalités dans mon genre
Si un texte me bouscule, c’est que son auteur a avatarisé ses fantômes en des personnalités dans mon genre
Ainsi les réponses des lecteurs, quand elles dénotent d’un bousculement, et le dialogue qui s’ensuit éventuellement avec l’auteur, sont des dialogues entre avatars de fantômes (car les lecteurs commentateurs procèdent des mêmes biais de communication)
Des avatars imaginairement construits causent à des avatars imaginairement construits
Il existe une autre manière de jouer à cela
Vous la connaissez mais ne l’avez peut-être pas pratiquée
Elle tient du cercueil volant katangais
On se met à trois ou quatre autour d’un guéridon (le mobilier prouve nos procédés de communication)
On écrit des lettres de chiffres de base sur la table
On pose un coeur de bois monté sur trois punaises arrondies afin qu’il glisse bien
Chacun pose son index dessus
La grande gueule qui a organisé la séance convoque des morts
»Bonjour tonton Marcel, tu es là ?«
Le coeur commence à bouger sous l’effet de la fébrilité et du désir de tous, surtout du maître de séance, qu’il s’ébranle
A peine l’un deux force un peu plus dans la direction du Oui que les autres suivent enchantés. Chacun croit poser la force suffisante pour suivre le mouvement sans le déranger mais la somme des mini forces le fait filer vers le Oui
C’est bon, le fantôme est là
Suivent mille questions
Ce principe permet de dire, de réifier une pensée bousculante (bousculant parfois un des témoins) devant des témoins, de la faire valider, sans en porter la moindre responsabilité même in petto. Car on a constaté que notre idée -que nous avons forcée avec nos muscles- a été suivie, acceptée, par d’autres.
»J’ai certes eu l’initiative de poser cette idée mais j’ai bien fait puisque les autres n’en pensaient pas moins. Je ne suis pas spécialement responsable de ce qui a été dit devant tous"
J’ai participé à ces coeurs volants
Je retrouve le même principe sur ce site
D’ici, quelqu’un peut lancer l’idée qu’il faut pendre DSK par les couilles
Cette idée peut faire florès, peut aboutir si d’autres y ajoutent leur index
Son initiateur ne s’en verra aucune responsabilité, plutôt une fierté
Comme l’idée ne s’est pas concrétisée, je reste confiant sur la capacité nomique de chacun
Le cercueil volant kantangais atteint toujours une maison parce qu’il n’y en a que quatre qui le portent. Le reste du village acte le fait et le légalise mais n’agit pas
Si la cible pouvait participer au portage, le cercueil ne se dirigerait pas vers sa maison
Si tout le village le portait, le cercueil n’irait que vers le cimetière
Ce forum est un cerceuil volant katangais porté par tout le monde. Il commence chaque matin par filer vers une maison mais finit dans les nuages
Il permet le vidage des rancoeurs mais chacun les tamponne en s’en tamponnant et il ne produit aucun effet tangible
Ça reste jusqu’au bout une arène où ne se bousculent que des avatars
C’est hyper intellectuel, ça nous névrose d’intellectualités, ça nous fait perdre le sens des réalités physiques mais ça ne fait pas couler une goutte de sang
Les blogs, sans être interdits aux quatre vents, sont plus nettement fréquentés par des gens ayant le même projet, tous poussant dans le même sens et là, ça peut déboucher sur des actions concrètes (mais menées par ce seul groupe de coagulés)
Ici, chaque stand (auteurs qui tiennent leur place tous les matins, comme sur un marché) vire au blog, chacun avec sa clientèle, mais le brassage est large, tous les vents y passent, il n’en sort jamais rien de concret.
Ahhh !
Je le sens chaud bouillant le Gaspard de cette nuit !
Confucius a raisonné en toute logique
On part d’une autorité zéro
On en gagne quand on sert les intérêts collectifs
On la reperd quand quelqu’un prouve qu’on a abusé
Et ça vaut pour le roi
Dans cette Chine là, les gens n’auraient pas eu un regard pour l’affaire privée Dialo DSK
Pour s’intéresser à cette affaire, il faut se projeter à la place d’un des deux protagonistes et estimer qu’à sa place « Ah que oui alors, je vaux bien tous ces regards sur ma souffrance ».
Il faut concevoir l’égocentrisme
Dont l’avatarisation urbaine est l’archangisme.
(Un archange ne bosse pas dans le collectif mais dans le privé. Il est comme dieu, il traite au cas par cas. Il n’a que deux bras. Chacun discute le morceau avec lui ; le flatte, lui baise les pieds, ...corrompt)
L’archange qui descend du ciel rien que pour soi, pour considérer ses souffrances personnelles, forme le tremplin de l’égocentrisme. On le conçoit pour soi et on le projette sur d’autres pour se faire un film de soi.
’’Toi aussi tu aimerais bien qu’on s’occupe de toi. Comme je te comprends. Bin tiens, je vais m’occuper de toi cinq minutes«
Sophie Davan lors du Téléthon demande à une fillette handicapée ce qu’elle ressent
Mais la gamine ne sait que dire qu’elle est heureuse d’être là
Alors Sophie récupère le micro et conclut d’autorité »Ouéééé, en fait tu souffres !"
L’archange noir vrille la chair pour qu’un cri de souffrance soit lâché par effet de découverte
L’archange blanc vrille la pensée pour qu’un cri de souffrance soit lâché par effet de mémoire
Tous les deux jouent la procuration, le triangle dramatique de Karpman.
Tous les deux veulent un regard tiers sur leur manoeuvre, sur eux.
Je fais mes exposés panhistoriques à partir de ce que j’ai vécu dans mon enfance parmi des hommes nus
Oui, il y a beaucoup à dire sur la formation du Moi
Etonnamment, une gamine Viet se voit un Moi obligatoirement familial alors que quand elle fait quelque chose, sa reponsabilité est plus forte
Ça semble paradoxal mais ça s’explique au sens où son Moi-familial engage tant l’image des autres si elle faisait une connerie, qu’elle se retrouverait comme responsable pour tous donc très responsable
Ainsi une Séraphine de Senlis qui n’emmerde personne et qui est très discrète peut tout de même se dire (si elle se considère Moi-Moi) que ses conneries n’engagent qu’elle et qu’elle peut donc faire ce qu’elle veut. Elle est prête à payer pour sa faute mais pense qu’elle le vaut bien
On se retrouve donc ici avec Garou qui, dans Notre-Dame, peut hurler « Cramez-moi si vous voulez mais j’irai au diable pour Esmeralda »
Ce qu’un Viet ne se permettrait pas de penser et encore moins de brailler
Car si Garou se permet de dire ça, c’est qu’il se considère très indépendant de possiblités d’action (qui n’engagent que lui) et aussi qu’il a le droit de brailler son indépendance
Il ne se verrait pas une autorité, il pourrait à la rigueur plonger dans les cheveux d’Esmaralda « C’est mon problème à moi seul » mais ne se permettrait pas de le brailler à la face de tous.
Brailler ses outrepassements atteste de l’autorité individuelle
Autre exemple :
Le Marchand de Venise
Shylock est de bon droit.
Il réclame son droit
Il se sent autorisé à réclamer, quoi qu’il en coûte à son débiteur
C’est du Tristane Banon. C’est du caprice. J’y ai droit, je le veux et vous devez me le donner
Shakespeare démontre à Shylock que le bon droit, quand il contrevient à l’intérêt de l’Ensemble, doit rester au vestiaire. Il réintroduit le fait qu’il existe un intérêt supérieur à l’autorité de l’individu
Un gamin de nos écoles devrait piger cela et cesser d’exiger son droit de brailler, son droit de ceci, son droit de cela
Or, les parents de ce gamin tiennent à ce qu’il conserve tous ses droits et de plus en plus.
C’est la raison pour laquelle j’ai posé l’hypothèse qu’on retire les autorités de ceux qui ne gèrent pas le collectif en sachant que quasiment aucun Français ne l’acceptera
La définition du Je ou du Moi dépend de la pression extérieure sur lui
Un mec tout seul face à la mer déchaînée a un Je minuscule
Notre contrexte n’est plus à la mer et à la jungle, il est à la cité
Ici, la définition du Je ou du Moi dépend donc de la pression de la masse humaine. Si cette masse dit ferme ta gueule, le Moi se réduit automatiquement
Il ne peut pas se réduire quand la masse lui offre tous les droits de la ramener même s’il ne gère rien de collectif
Plus sot que moi tu meurs
Salut canaille
Oui
Afin de redéfinir le Je, il vaut mieux commencer par retracer son histoire, voir comment il a évolué et alors seulement, nous pourrions remarquer quelle sorte de Je il nous serait intéressant de développer.
Notre Je actuel est, en France, le plus individualiste de l’Histoire.
Pour autant, il comporte quasiment toutes les sortes de Je qui apparaissent au gré des circonstances.
Par exemple, les participants d’une manifestation ont, à ce moment là, un Je très collectif mais très corporatiste si l’objet de la manif est de brailler contre la fermeture d’une certaine usine, d’un certain hôpital.
Manif des motards, manif des taxis, manif des profs...autant de Je collectifs mais corporatistes
Et il subsiste encore des Je très largement collectifs à la Abbé Pierre
Mais le problème n’est pas dans l’individualisme qui est un droit naturel.
Une bestiole a le droit de s’isoler.
En étudiant l’ontogénèse des Je à travers les espèces, l’histoire et la géographie, on peut remarquer que le tout premier Je était celui du tigre, puis celui du zèbre, puis celui du loup, celui de l’abeille, du castor, du singe.
Certaines bestioles intégraient un sens du futur en construisant aujourd’hui pour demain, en accumulant des provisions pour l’hiver mais aucune ne gérait les équilibres des ressources autrement que par le contrôle éventuel de ses naissances et ses migrations.
D’autre part, il y avait une régulation mutuelle et non pensée entre les espèces et elle pouvait très souvent finir en catastrophe pour une ou plusieurs espèces
Un jour, les premiers hommes chasseurs cueilleurs ont entrevu la possibilité d’influencer la régulation naturelle désordonnée en l’ordonnant afin qu’elle reste convenable à leurs yeux d’hommes.
Afin de réaliser une influence (par exemple en édifiant un barrage) ces premiers hommes ont dû coordonner leurs efforts.
Cela et les nécessités de coordonner les efforts lors des batailles interclaniques a fait jaillir le concept de chef coordinateur. Il n’était pas forcément plus autoritaire que les autres, il était seulement élu afin d’incarner l’autorité que le clan voulait avoir certes sur le clan ennemi lors des batailles, mais surtout sur la nature car c’est avec elle qu’il était en relation quotidienne.
A part le chef, aucun individu ne se sentait alors porteur d’une autorité ni vis-à-vis de la nature ni vis-à-vis des voisins
L’autorité humaine (concentrée entre les mains d’un chef) a surgi de l’esprit des Hommes surtout pour essayer de gérer la nature, ne serait-ce que très simplement en interdisant les prélèvement dans les nids
Mais lassés de courir à G et à D pour influencer cette régulation sauvage, d’autant qu’il y avait toujours des voisins pour foutre le boxon dans la nature, les Hommes ont souvent renoncé à la régulation globale pour préférer gérer un parc de plantes et de bestioles. Ils ont alors laissé la nature à ses caprices en se concentrant sur ses cultures et bestioles devenues esclaves. Les chefs ne servaient alors plus qu’à coordonner les efforts de guerre. Clovis n’a jamais géré les sangliers
Confucius avait bien traité de la nécessité du principe d’autorité pour gérer les problématiques collectives.
Pendant que par ici, on se branlait les méninges avec un dieu au regard fixé sur l’Homme sans le moindre souci des problématiques collectives et écologique.
Cette curieuse autorité abrahamique n’est gestionnaire de rien de terrestre. Elle dit adorez-moi et je vous offrirai mieux que la vie terrestre.
Dès lors, c’est le chacun pour soi qui démarre « Moi j’irai au paradis mais mon concierge ira en enfer. Bien fait pour sa gueule »
Or ce dieu a donné à chacun l’ordre de tuer les hommes qui ne l’adoraient pas en son nom
Chacun (en tous cas les prêtres et chefs de guerre) s’est vu nanti d’une autorité venue du ciel sans qu’il ait à gérer la Terre. Policier contre les incroyants oui, gestionnaire écologique non.
A partir de ce MOI autoritariste sur l’Homme du dieu d’Abraham, puis les premiers livres conjugués en Je, puis 1789, puis les compétitions scolaires, sportives et culturelles (Il n’y avait pas de Mozart dans les sociétés primitives) puis les manifestations, chacun veut faire le chef, chacun veut la même autorité que le chef sur les Hommes. Chacun veut décider quel homme doit être sauvé, quel homme doit mourir.
Et cela sans avoir à gérer quoi que ce soit sinon son image face à ce dieu-miroir, autrement dit son image d’autorité hommiste « Tiens, Mardi, je vais sniper douze salopards. Tu m’accompagnes avec ton AK47 ? On finira plus vite et on sera rentré à temps pour Koh-Lanta »
Une personne très individualiste non autoritaire, non arrogante, ça peut exister, ça peut bien vivre sans nuire à personne. Ce serait un ermite allant vivre de chasse dans la jungle. Il serait très individualiste mais humble devant la nature car ne pouvant rien gérer de l’Ensembe, il ne pourrait que subir en se faisant le moins pesant et présent possible sur son petit endroit
L’individualisme, pourquoi pas, mais alors sans autorité, tel celui d’une Séraphine de Senlis, d’un moine errant ou d’un facteur Cheval.
Il est absurde que l’individu non gestionnaire de l’Ensemble soit doté d’une autorité, qui plus est hommiste.
Les gamins la réclament cependant.
Un Je individualiste humble a du sens
Un Je collectif tonnitruant qui ne gère rien de l’écosystème et qui ne secoue que les églises en se foutant à poil est absurde
Peut-on retirer l’autorité d’un individu qui refuse de s’en départir alors qu’il ne gère rien de collectif ?
Oui.
Mais il faut être une majorité à le vouloir
***« Remplissez la terre et soumettez-la », dit Dieu aux hommes dans la Bible. Et Descartes les voit comme « maîtres et possesseurs de la nature. » La tradition judéo-chrétienne et la révolution moderne, piliers de la culture occidentale, dont ces deux phrases résument le rapport à la nature, seraient-elles responsables des dégâts que l’homme inflige aujourd’hui à la planète ? ***
En effet, la tentation est grande de les considérer responsables
Mais j’ai passé mon enfance avec des sauvages du Vietnam et en extrapolant les effets divers dont ceux de la guerre du Vietnam, j’ai vu à travers quelques scènes emblématiques que la l’indifférence à l’état de l’environnement est correlée à l’indifférence pour la chasse première, celle qui permet de manger et au jour le jour (sans aucun procédé de conservation des viandes)
Et même pour un village chassiste, lorsqu’il atteint une taille telle qu’il ne craint plus une attaque surprise de quelque voisin, les gens ne se gênent plus pour faire du bruit, la source de gibier est plus loin, l’environnement immédiat est considéré moins sensible.
Ainsi, je ne vois que la minuscule tribu vivant de prélèvements très proches du camp pour être très précautionneuse
Au-delà de ça, je vois s’amonceler des facteurs, des centaines de facteurs d’indifférence, de moindre sensibilité
Le bruit que fait un groupe m’indique sa position par rapport à l’environnement.
Si je vois un groupe qui est silencieux parce qu’il doit, comme un chevreuil, guetter tous les bruits naturels, de jour comme de nuit, je sais qu’il le respecte vraiment et sans cinéma
Si je vois un groupe brailler ou regarder quelque idole, faire des bidules voyants, fabriquer des tam tam, des gongs, jouer de la flûte, danser, se distraire en somme, c’est qu’il n’a plus besoin de faire attention à la nature.
Constater cela est bien plus ennuyeux que de s’en tenir à Descartes et même à Moïse car il est absolument inconcevable de revenir au chassisme. A ce point là de reculade, ça n’aurait aucun intérêt
Mais sans que ça offre pour autant une solution toute cuite, ça permettrait de saisir où est le problème de base :
Notre vision reculiste va trop à croire qu’il suffit de sauver le vert, le bleu et le blanc
De même que la mort d’un canari dans une mine était mauvais signe, le fait qu’il ne soit plus possible pour les bestioles de circuler et de vivre autour de nous démontre notre abus
La faune, qui est mobile, s’appuie sur le vert de la flore, le bleu du ciel et le blanc des eaux
Le recul de la faune d’un endroit prouve que nous avons abusé de son vert, blanc bleu.
Lorsque nous ne vivons que de chasse ou de pêche. C’est l’animal qui est seul juge de l’environnement. A la moindre perturbation, il se tire ailleurs et nous ne pouvons pas forcer quoi que ce soit. Nous ne pouvons que nous faire tout petits, transparents, inodores, silencieux, humbles, dépendants
Lorsque nous disons, « On vire les bestioles et on va faire un vert bleu blanc rien que pour nous » nous allons à redéfinir nous-mêmes ces vert blanc bleu sans autre censure que la nôtre
Mais notre redéfinition n’étant pas naturelle, elle ne tient que par quelque forçage et notre système ne tient donc pas naturellement
Je ne me fais aucune illusion.
Nous allons tout casser pour la simple raison que nous ne voyons pas une nécessité impérieuse que la nature tienne plus que deux ou trois générations.
Toutefois, il va arriver un moment où l’augmentation de la pression de l’homme par son augmentation au moins démographique va produire des baisses de qualité de vie qui seront sensibles de mois en mois. Les perspectives devenant affolantes au présent il ne sera plus possible de les dénier.
Les seules solutions consisteront en une réduction drastique des populations humaines mais comme ça exigera des sacrifices individuels, il faudra forcément refonder le concept de responsabilité.
L’intérêt de vivre devra être plus altérisé, l’ego devra être altérisé
Et c’est alors qu’il sera opportun de convoquer Descartes pour lui demander qu’il nous la refasse en « Je suis statistiquement de trop »
Sinon, pour évoquer l’Abrahamisme tout de même
L’animisme serait surgi de la situation naturelle de ce chasseur silencieux où sa voix devait toujours être plus basse que celle de son environnement le plus immédiat. On ne peut pas en être à tendre constamment l’oreille sur la voix du ruisseau sans lui accorder une sorte d’âme.
Ce chasseur ne différencie pas spécialement les singes entre eux, les perroquets entre eux et les traite par genre. Il voit donc des Âmes par genre. Il vit entouré de 30 genres d’Âmes
Or, clairement, il conçoit ces Âmes discuter entre elles, commercer, se disputer.
Il ne fait qu’écouter le pataquès de ces Âmes pendant que lui se tait et il fait gaffe que ce concert des Âmes (qu’il genre par type d’activité et non par sexe) reste harmonieux. Il fait tout ce qu’il peut pour ne pas troubler
Quand il prélève, il discute le coup avec l’Âme, il lui demande pardon. Il lui explique qu’il ne peut pas faire autrement, qu’il va lui renvoyer l’ascenseur
(Cette manière de voir les choses fait qu’on n’apprécie que des tribus voisines qui font de même. Sinon on les tue. On les tue au nom de la Nature)
Là-dessus, le village s’agrandit, un peu de spécialisation des activités humaines apparaît, et surgit un type qui interprète plus que les copains, les voix des Âmes. Bon, c’est alors le médium, le chaman.
Il existe donc désormais un intermédiaire entre les Âmes de la nature et les villageois
Puisque ce médium entend mieux les Âmes, pourquoi perdre son temps à les écouter directement, autant se contenter d’écouter le chaman
On se met donc à représenter les Âmes dans le village et on danse autour de ces représentations.
On se retrouve en Egypte d’avant Akhénaton où les Âmes sont devenues des blocs de granite bien poli ne ressemblant même plus un peu aux sources, aux rochers, aux arbres, aux singes
On est dans la ville, il n’y a plus rien de la nature, pas de problème, les représentations des Âmes sont là, dans un temple bien ombragé. Pas besoin de marcher des heures sous le soleil pour aller voir le Nil de près
Arrive Akhénaton qui estime que dans le fond, le Soleil subsume les autres Âmes et qu’il suffit de négocier avec lui. Le soleil soumettra les autres Âmes ensuite. Il saccage la nature et l’étale sur des centaines d’autel aux pied d’Aton « Je mets la nature à tes pieds »
Bon, son épisode n’a pas duré mais il avait lancé l’idée qu’il valait mieux s’adresser à dieux qu’à ses saints
Huit siècles plus tard, l’Abrahamisme dit « Toi, tout en haut du haut, je crois en toi, je te lèche les pieds et je compte sur toi pour donner des ordres au Soleil qui en donnera aux dieux inférieurs, qui en donneront aux dieux encore plus petits »
Le regard du croyant autrefois dirigé vers le sol et la nature solide s’est dirigé de plus en plus vers le haut et une abstraction totale où, in fine, il n’est même plus question de la nature
Tout cela ayant été rendu possible parce que l’élevage, parce que l’agriculture, les barrages..Parce qu’à Babylone et Persépolis l’Homme a pu créer le Paradis où la nature était hyper lisse, les lions bien alignés avec des boucles de poils que pas un ne dépasse.
Et au bout du bout de l’abrahamisme, quasiment pas différent du bouddhisme sur ce plan, le croyant n’ayant plus aucun souci de bouffe, il ne fantasme plus que de décollage vertical. Soit vers un état whahhhhhh dans le bouddhisme, soit vers les bras de dieu dans l’Abrahamisme
Bon, le bouddhisme considère tout de même la contexte solide terrien parce qu’il conçoit de devoir revenir sur terre. Quelle corvée ! Il fait tout de même gaffe de ne pas marcher sur une vache ou un moustique. Mais il n’a aucune vision écologique
Il est nul en gestion des ressources.
C’est le confucéen qui est un obsédé de la gestion des ressources
L’Abrahamisme, lui, ne prévoyant pas de revenir sur Terre, ne névrose que de ses câlins avec Dieu parce qu’il a respecté ses Lois homme-homme. Il n’a rien à cirer de la nature qui n’est là que pour lui servir pendant une vie seulement. Et lui, il est évidemment disposé à tuer au nom de son dieu
Je vous l’ai fait courte, chacun fera le mutatis mutandis dont il aura besoin
Ne t’approche surtout pas de moi pour régler ça dans le sens dit positif.
Quant à l’autre sens, il est interdit d’en parler.
Ne traitons de la grande question qu’en stricte solitude.
On ne peut trouver de décence à procéder autrement.
Mais on me remettrait le compteur à 42 balais, je n’aurais en tête que de rencontrer d’abord et hors business, des paratonnerres.
Pour moi, il est désormais trop tard mais à 42 ans, libéré des contingences comme je le suis, je trouverais intéressant de découvrir l’espace qui existe entre les mots.
Entre le mot petit et le mot grand, il y a le mot moyen.
Mais la réalité c’est qu’entre ces trois mots il y a une infinité de réalités intermédiaires
Comme nos pensées sont, ici, surtout en clavardant, obligatoirement optionnées par mots tranchés, sans intermédiaires, nous ne disons jamais de nos pensés que ce qu’elles ont de points saillissants (qu’on peut mettre en relief, sur un des mots à disposition)
Cette obligation de ne dire que des chiffres entiers voire que des dizaines alors que nous aurions besoin de dire les décimales, nous conduit forcément à ne voir de nos pensées que des communs.
Notre communication par mots n’est pas subtile, elle est l’aliénation même.
Découvrir notre pensée non dialectique, non passée par la grille à frites des mots, me semblerait très intéressant si j’avais ton âge.
Quand on renvoie une balle de tennis on pense hors-mots et c’est infiniment plus efficace que si l’on passait d’abord notre pensée par les mots
Il serait intéressant d’explorer les espaces qu’offre la visite silencieuse évoquée hier
Bonjour Loup,
Je suis enchanté de votre visite
Vous le savez, il est des questions dans lesquelles le réfléchisseur va creuser, creuser, creuser et...découvrir que plus il creuse, plus il s’enlise
Ça fait un moment que j’évite ces pièges. J’examine une question et dès que je sens des sables mouvants, je stoppe pour passer à autre chose
La TVA, je l’ai pratiquée en tant que consommateur et chef d’entreprise classique. J’ai vu qu’en la creusant, je ne trouvais que du solide et je suis allé au bout, jusqu’à imaginer deux copines de pouvoir d’achat différent faisant leurs courses ensemble et jouant éthiquement des étiquettes de couleur.
Mais si j’ai bien examiné la question de nos relations inter-contribuables ainsi TVAtisés, je n’ai pas du tout examiné pourquoi nous n’y étions pas
J’ai seulement introduit lapidairement le fait que pour l’instant, cette taxe comme toute taxe, nous ne la chérissons pas
Il serait téméraire et inconséquent de passer TVAtistes avant d’avoir examiné pourquoi nous ne le sommes pas déjà
Quiconque voudra évoquer de nouveau le TVAtisme (je n’ai plus le temps de m’occuper de ces questions trop contingentes, pas assez généralistes) pourra s’appuyer sur ce que j’ai montré d’intéressant de la bestiole mais devra examiner les raisons pour lesquelles nous ne l’avons pas déjà adoptée.
Les raisons n’ont pas émergé des commentaires de ce papier mais peut-être y avait-il une actualité qui cristallisait les pensées des AVoxiens, je ne m’en souviens plus
Le résumé de mon TVAtisme serait :
Tous nos échanges commerciaux devraient devenir éthiques
Une marchandise devient éthiquée lorsque son étiquette TTC comporte une part de taxe proportionnelle à l’éthique qui lui manque HT
L’éthique de chaque marchandise devrait donc être jugée au regard de ce qu’elle apporte à tous.
(Dito pour les héritages)
Shawford,
Je ne comprends pas de quoi tu parles
Il m’arrive très souvent de dire comment je vois l’Homme en général mais là je n’exposais que le comportement des confucéens en me concentrant sur eux, en ne pensant qu’à eux, en disant ce qu’ils diraient.
Allez, tant que j’y suis de digresser, avec votre permission Loup Rebel, je vais vous dire un mot sur la visite silencieuse
Au Vietnam, un jeune va rendre visite à sa mère, à un oncle.
Il arrive, salue d’une inclinaison mains jointes, ne serre pas la main. Le parent étant aîné ne s’incline pas et dit « Salut neveu »
Le neveu commence par demander s’il s’est passé quelque chose de rare. L’aîné lui répond « Que de l’ordinaire » et lui propose à boire, lui sert à boire et poursuit ses activités. Le neveu boit son verre, se lève, erre, trouve un truc à faire, une salade à laver, un meuble à essuyer, il passe le balai. Puis, il demande la permission de partir, ils se saluent et la visite est terminée. Ça a duré une heure ou deux.
Et ils ne se sont rien dit de plus que ce que j’ai mentionné.
En l’occurrence deux copines peuvent être assises sur un banc, pendant une heure, sans dire un mot.
Il n’y a pas d’inquisition des âmes.
Le confucianisme c’est l’agnosticisme
« Dieu, par définition est inaccessible. Fou celui qui cherche à le connaître. Occupons-nous plutôt de gérer l’Etat afin que notre vie ici soit harmonieuse »
La conséquence c’est qu’il n’est pas non plus question de prétendre connaître une personne.
Même le valet est inaccessible (on s’attend à ce qu’il soit capable de pondre une pensée remarquable).
Fou celui qui prétendrait comprendre la pensée intime d’autrui.
On conbsidère connaître suffisamment les gens à partir de ce qu’ils produisent de paroles spontanées et de paroles très travaillées (telles les pensées, devises, maximes...)
On n’a pas à les fouiller
Quand on raconte quelqu’un, on raconte donc ses paroles encadrées.
On ne spécule ni ne brode sur ce qu’il n’a pas dit de lui-même.
Du coup, chacun est avare de paroles et soigne ce qu’il dit
Du coup, c’est se salir que de rapporter des paroles banales ou vulgaires, que de rapporter des bruits de couloir.
Dans l’analyse que font les Français de l’ontologie de notre situation psychologique, la tendance constante est de dire qu’il y avait des angoisses originelles, dont celle du non-savoir.
Et pendanat qu’on s’efforce d’en extraire la preuve, on fait l’impasse sur l’incidence de la cité et de l’anonymat qui en résulte
L’homme primitif avait des angoisses de bouffe, de climat et de santé. Mais rien ne lui semblait plus étrange que l’homme en ce qui était parfois hors-clan.
Deviner l’entreprise d’une bestiole, vers où va se déplacer un troupeau, était problème. Mais problème non profondément angoissant. Ça ne génère pas le concept de diable, de fourberie, de méchanceté.
Alors que l’existence de la tribu voisine, si elle pratique une activité inconnue, ça file une angoisse terrible
Lorsque le voisin mange la même nourriture que soi, se montre préoccupé par la gestion des poissons du lac, Ouf, l’angoisse baisse « Il a les mêmes soucis que moi, Comme je ne compte pas agresser ce type dans son sommeil, lui non plus probablement »
Les choses commencent à changer lorsque des gens qui ont en commun de se prendre la tête sur la gestion du troupeau de bisons, voient débouler des gens qui flinguent ces bestioles en démontrant qu’elles ne voient pas la gestion de la même manière. On se demande alors à quoi ils pensent ces cow boys qui se démerdent tout autrement, en élevant des vaches.
Le chasseur flippe déjà devant l’agriculteur et l’éleveur
Mais quand surgit la ville, les citadins se retrouvent face à des gens qui vivent de quoi ?
Ils n’en savent rien.
C’est cela le nerf de l’anonymat.
Le drame de l’anonymat n’est pas dans le fait qu’on ne puisse mettre un nom sur chaque visage. Il est dans le fait qu’on ne puisse pas mettre une activité, donc un coeur de préoccupations, sur chaque visage. Comme on ne sait pas ce qui est au centre des pensées de celui qu’on croise, on angoisse profondément de l’autre et, in fine, de soi.
Le seul non-savoir qui nous angoisse est le non-savoir de la pensée des autres humains etn in fine, des siennes
Un bal masqué est archi en dehors de la réalité.
C’est tout sauf ancré dans la réalité.
Mais alors que tous les visages sont masqués, chacun est sûr d’une chose : tout le monde s’est pris la tête pour se confectionner un super déguisement donc a pensé comme lui pendant des semaines
Très angoissant est alors celui qui se pointe au bal en montrant qu’il ne s’est pas pris la tête avec ce sujet « Ouh la la, s’il n’a pas pensé comme moi, pendant des semaines, à un costume, c’est qu’il pense tout autrement. Mais à quoi alors ? »
Ainsi, lorsqu’un individu parle, quoi qu’il dise, il se montre occupé par ce qu’il dit, il rassure. On court donc tous à écouter des gens s’exprimer. Au moins, on sait ce qu’ils pensent, même si...
C’est le silencieux qui inquiète
Alors que dans le village primitif, les gens n’avaient pas besoin de parler pour démontrer où étaient leurs préoccupations, dans la cité, les gens doivent parler pour montrer leurs préoccupations, pour rassurer
Comme nous sommes devenus très réflexifs moi-moi, chacun se rassure en s’écoutant parler
Si nos savants, que nous savons capables de mille choses, ne nous exposaient pas chaque jour leur trouvaille (Ouf pas dangereuse, même sympa) nous serions malades d’angoisse en imaginant ce qu’ils manigancent. Nous en sommes à nous intéresser, à acheter leurs bidules pour les encourager à toujours montrer ce qu’ils ont en tête
Et vous voyez que tout ça ne suffit pas à nous rassurer vraiment puisque nous sommes devenus complotistes
Une moindre cachotterie, un moindre mensonge découvert et Brrrr, nous angoissons en imaginant les coups les plus tordus
Nous n’avons aucune peur de l’atome, aucune peur de dieu, aucune peur des lions.
Nous n’avons peur que de l’homme de la cité parce que nous savons les mille coulisses qu’elle offre
T’es là en train de ramasser tes pommes, soudain un huissier, soudain un policier, soudain un voleur, soudain un missile Tomahawk...
Cette situation était fatale du verbiage citadin-anonyme (Le verbe sauvage reste trop dépendant de la Nature et de la nature humaine pour conduire à une compétition d’empilements d’abstractions)
Il y a à dire notre situation, dire que nous sommes névrosés d’abstractions et de leur mise en verbe si l’on en a envie, mais je trouve que ça n’aurait aucun sens de se moquer de nous.
Nous sommes peut-être devenus absolument ridicules mais nous restons toujours aimables (Non plus par quelque ententié externe mais entre nous, les devenus hommistes)
Il y a toujours de l’amour en nous.
Nos amours ont énormément changé de manière, de biais et d’objet, elles vont bien plus vers des imaginaires, nous nous aimons moins entre nous puisque nous sommes devenus rivaux égotiqes mais elles ont la même intensité.
Nous aimons plus le fait d’aimer les hommes ou les baleines que nous n’aimons les hommes et les baleines, nous aimons plus les images des choses que les choses mais nous restons sentimentaux.
Il est toujours possible de nous prendre par les sentiments mais le chemin à emprunter pour nous toucher passe par un jeu d’abstractions
***et que le meilleur ouvrier de France en la matière est depuis bien longtemps tombé dans le pétrin****
Très belle production d’imaginaire commercialisable Shawford !
Tu poses là une image originale, renversante à la Lacan
La formule est encore à travailler pour y introduire explicitement le fait du verbiage mais elle est déjà raccordable à la réalité et peut faire florès
Pascal avait manqué de recul et ne se voyait pas dans la scène.
Ainsi que Platon, ainsi que tous les oratores, il n’était pas critique de lui-même.
Il s’est gardé de poser un principe offrant d’invalider son baratin
Déjà à son époque, la situation du Français haut parleur était :
« Plus je produis de l’imaginaire vendable, plus je suis »
La différence apportée avec la Révolution c’est que désormais chacun est censé avoir une ambition de haut parleur, de producteur d’imaginaire commercialisable, original mais tout de même raccordable aux autres.
Le résultat c’est une accélération des explorations, un plus grand espace trituré et un plus grand bruit
Bonjour Loup Rebel
Je ne sais pas regarder les choses depuis un oeil placé sur mon front, depuis un oeil qui ne se verrait pas.
J’ai un oeil en Asie et un en Europe. Quand je regarde, c’est depuis un oeil collectif des gens de là-bas et depuis un oeil collectif des gens d’ici.
Ça fait que je ne parviens pas à regarder un contexte sans m’y voir, de dos. Je n’arrive pas à regarder depuis moi. J’utilise donc souvent explicitement le nous dans mes descriptions.
Certaines bestioles semblent avoir une véritable et nette technique (nette au sens de très voulue, très dialectique) pour dire « Eh les copains, j’ai vu un truc à bouffer là-bas »
A part ces rares cas de communication très voulue, les bestioles ne savent pas dire « Hier j’ai vu de quoi bouffer, si on s’y met tous pour lui sauter dessus, on va pouvoir se régaler » . Et de faire alors saliver les copains sur de l’imaginaire.
Pierrafeu, grâce au verbe, a donc inventé l’imaginaire passé et l’imaginaire futur
Le concept de passé, de futur, en tant que chose papotable, sur laquelle chacun peut produire des images sur son écran intérieur, a pris plus d’importance que le présent dans l’écran intérieur. On peut en oublier sa fille dans sa voiture ou la mémé à la station service. On peut en venir à s’oublier soi-même en tant que corps ayant des besoins matériels immédiats
Nous regardons une scène au cinéma, nous nous contentons de ne considérer que le présent présenté mais ici et là, assez souvent, nous ajoutons sur notre écran intérieur une scène future « Ah la la, le con, il va se faire avoir par le monstre »
En dépit de l’énorme écran de la salle, de son image hyper pixel lumen, en dépit du son surround dolby mégawatt, nous allons à ajouter notre production imaginaire, au point de ne pas bien voir ce qu’il y avait à voir dans la scène du film, d’en rater quelque chose
(Cf la vidéo basket/ours noir).
On sait tellement ce phénomène d’ajout d’imaginaire que beaucoup ont conçu de laisser les gens produire leur propre film (interactivité des scènes ou jeux vidéos complexes...)
Or, produire notre propre film, le penser de sorte à ce qu’il apparaisse sur l’écran plasma mural, ne parviendra pas à épuiser pour autant notre production d’un autre imaginaire sur notre écran intérieur
Le jour où nous verrons défiler sur le plasma ce que nous imaginons, nous n’y verrons plus qu’une bouillie parce qu’à chaque image parvenue au plasma, nous ajouterons une autre, toujours décalée.
Cette problématique se voit déjà quand un scénariste de film croit pouvoir en réaliser un à l’improviste, au fur et à mesure du tournage. Il modifie constamment la trajectoire et finit par livrer un brouet. Il faut s’en tenir à un scénario écrit bien raide, avant de commencer à tourner. Sinon le budget explose et c’est le foutoir
Notre imagination étant débordante, zigzaguant dans un espace où mille symboles forment pays, si nous la disions telle quelle, le discours serait archi confus. Valable pour soi en tant que libre promenade au hasard des pensées mais non communicatif. Non socialement valable.
Pour que la production de nos imaginaires devienne communicable, elle doit s’organiser selon un cheminement ayant quelque logique connue (Logique de réalité, logique de bouffe, logique de pente, logique de fatigue, logique de beauté, logique de cul, logique de fric...)
Chaque fois qu’un enfant parvient à livrer oralement ou à l’écrit un film qui tient debout (au sens où il peut être à peu près mémorisable et repris par un tiers), il découvre son talent d’imaginateur ordonné. Les bordéliques ou les trop copieurs sont exclus du succès.
L’imaginaire étant par essence non-vrai, il ne colle jamais à la réalité totale qui est ineffable mais seulement à une partie exprimable d’elle (l’odeur d’une rose, le rouge d’une viande, la solidité d’une lame) et préfère tourner autour selon différents biais théâtraux, selon différents courants artistiques. En tout opportunisme d’un sens abstrait commercialisable.
Sans même parler du passé et du futur tellement tentants à nos imaginaires, rien qu’en restant dans le présent d’un match de foot, chacun peut le dire selon mille biais. Personne ne niera que Zidane a bien botté le cul de Platini mais chacun en dira quelque chose de particulier (en s’inspirant de mille choses entendues ou lues, en composant sa sauce interne)
Si quelqu’un raconte le présent de manière trop excentrée par rapport à la réalité, son récit sera rejeté. C’est arrivé hier à Raphael Monard avec son papier Des liens naturels.
Au fil du temps, chacun constatant qu’il ne doit pas livrer des récits de son imaginaire de manière trop décalée par rapport aux éléments perceptibles et exprimables de la réalité, il s’est formé des terrains de jeux classiques : religieux, philo, politique, superstition, science, médecine, guerre, justice...Chaque terrain a ses symboles qui forment règle du jeu
Et ainsi que l’enfant découvre son talent à produire du racontable, ainsi qu’il découvre sa singularité, son indépendance intérieure, son ego, chacun de ceux qui parviennent à dire quelque chose qui semble cohérent aux autres, s’aime en cette capacité et en tire fierté.
Le verbe cohérent prend plus d’importance qu’une brouette de carottes
Il nous reste encore un vif intérêt pour ces choses non verbalisables. Nous descendons une piste de ski, nous en tirons plus de plaisir sensoriel que dialectique (hors exploits)
Car dans le sport, quand il vire à l’exploit, il redevient plus dialectique que physique. Mais nous allons de plus en plus à jouir de nous-mêmes, en notre production de film.
Tous ces terrains de jeu produits par nos imaginaires canalisés autour de quelques symboles, se valent. Ils sont tous indispensables pour former des espaces de promenade verbalisable, mémorisable, racontable à nos imaginaires.
Aucun de ces terrains de jeux n’est à éliminer.
On peut débaptiser un espace très mystique de son appellation convenue pour l’appeler autrement, on peut le déplacer vers un autre symbole (passer de la Passion à l’OVNI) mais cet espace est utile pour y organiser nos pensées de plus en plus mystiques du fait de cette production filmique personnelle de plus en plus importante
Il faut désormais avoir de l’ambition
Chacun s’invente un film relationnel aux chose, des plus tangibles aux plus abstraites
« Moi et la Chose (art, religion, fleur, livre, amante, enfant, bagnole, fric, foot,...) c’est Ohhh Ohhh. Vous ne pouvez pas comprendre »
Même ce terrain le plus abstrait et éloigné d’une réalité tangible, parce que chacun a besoin d’un tel espace pour y produire de manière ordonnée ses imaginaires les plus délirants, est valable, utile.
Ceux qui ne parviennent pas à produire leurs pensées les plus folles de manière conventionnelle, selon les règles d’un des jeux conventionnels, passent pour fous.
La science était au départ entre les mains de tous les gens du clan. Le savoir était partagé, égalité, pas d’ego, pas de compétition dans le clan. Paix des âmes.
Dès que les cités ont surgi, entraînant l’anonymat et le fric, la parole des meilleurs raconteurs d’imaginaire est devenue d’or, chacun est passé narcissique non à partir de sa beauté physique tel Narcisse mais à partir de la qualité de ses films.
Les gens se sont individualisés à partir de la verbalisation.
lls ont moins travaillé dans la rue, ils ont élaboré des bidules en arrière cuisine, ils sont devenus secrets et jaloux de leurs talents
Les savoirs se sont spécialisés, la connaissance scientifique s’est divisée, chacun développant la sienne.
Ont surgit des gens de métier, tous scientifiques d’un domaine : boucher, chasseur, archer, forgeron, maçon, comptable, militaire...
Tous ces scientifiques ont tourné autour des réalités tangibles non exprimables et tous ont développé des discours imaginaires autour des réalités tangibles exprimables de ce qu’ils tripotaient tous les jours en experts.
Pour produire son film (discours, livre) un boucher ne partait pas des éléments tangibles inexprimables de son boeuf et qu’il traitait pourtant très bien en enfonçant son couteau dans la viande sans pouvoir mettre de mots dessus. Il partait des éléments tangibles exprimables (couleur, forme, poids, origine...) pour broder son film. Ce film étant fondé sur des réalités tangibles difficilement contestables, il avait du succès. La parole du scientifique boucher était un film ayant des fondamentaux concrets et a eu du succès.
Entre les différents scientifiques des différents métiers, il y avait concurrence de film. Celui qui vendait le mieux son film gagnait le plus de thunes. Chacun braillait son film devant son étal « Mes salades sont les meilleures parce que... »
Le film déterminant le succès pécuniaire, ont surgi des gens qui ont produit des films (réalisés comme les autres autour de quelque réalité tangible) mais sans produire eux-mêmes la réalité tangible
Le boucher vendait un discours, un livre ou un film basé sur une des réalités de la viande qu’il vendait
Le revendeur de viande vendait un film basé sur une des réalités du boucher qui vendait un film basé sur une des réalités de la viande qu’il vendait
Le restaurateur vendait un film basé sur une des réalités du revendeur de viande qui vendait un film basé sur une des réalités du boucher qui vendait un film basé sur une des réalités de la viande qu’il vendait
Le critique culinaire vendait un film basé sur une des réalités du restaurateur qui vendait un film basé sur une des réalités du revendeur de viande qui vendait un film basé sur une des réalité du boucher qui vendait un film basé sur une des réalités de la viande qu’il vendait
Le politique vendait un film sur les films de films de films
Le religieux vendait un film sur les films de films de films
Le philosophe vendait un film sur les films de films de films
La moitié de la population se mit à vivre d’un cinéma autour de cinéma autour de cinéma, sans jamais produire de réalité tangible.
Un seul bout de viande puis des mots, des mots, des déluges de mots : le Verbe, le Livre
Tout ça pour canaliser notre imagination débordante
Etant entendu qu’on est passé des guerres pour des sangliers à des guerres pour des livres
Bellatores, oratores, laboratores, comme nous sommes tous acteurs et complices de cette situation, je trouve aveugle de nous insulter ou de nous accuser mutuellement sans poser en préalable le fait que nous sommes tous à la fois concepteurs de films, copieurs, producteurs, vendeurs, négociants, critiques...
Je ne hiérarchise même pas les mérites à partir des productions tangibles. Boucher, plombier, et philosophe, même mérite.
Rien ne pouvant plus réduire la production intense de nos imaginaires, cette situation qui permet de l’ordonner un peu, de lui donner quelque cohérence, quelque début de sens, est logique et irréductible.
En manquant de recul sur le phénomène, en étant trop à son affaire, on ne voit plus qu’un sens pointu, spécialisé, sur un angle ou biais et qu’on ne voit plus le Sens global de ce foisonnement de senss
Il existe toujours un Sens mais il faut reculer pour le voir.
C’est bien entendu un Sens très éloigné de la miette de viande, très séparé de la nature et de la sensibilité naturelle ; il est très abstrait et imaginaire, il est inquiétant de tant d’abstraction, on se demande si c’est biologiquement viable, mais c’est un sens tout de même. Ce Sens c’est celui de la nécessité d’absorber le tsunami de nos imaginations en les structurant un peu sur le fond et surtout sur la forme.
Deux physiciens-philos-théo se disputent, chacun vend son film, il n’en sort aucune clarté mais le fait de les voir discuter sans s’égorger, en faisant semblant de raisonner, procure une image ordonnée plaisante, rassurante « Ouf, les délires sont policés »
Si l’on supprimait la forme de nos Assemblées, nous serions très paniqués devant le déluge des films
Si nous passions aux mandats tirés au hasard, s’il n’y avait plus les coagulations des élections, les pensées seraient archi libres et on entendrait 60 millions de films, aucun censuré. On ne pourrait plus rien faire de collectif.
L’égalité primitive était naturelle, comme celle des zèbres entre eux. Elle était peu productive d’imaginaires complexes (avec téléportations spatio temporelles) et il n’en ressortait qu’un seul sens, très proche de la nature sensible. « Il faut que nous nous déplacions vers une zone plus giboyeuse » L’obéissance était naturelle et n’altérait en rien l’ego qui n’existait pas
De nos jours, l’égalité n’est que de droit urbain artificiel.
Le verbiage narcisant ajouté au droit de l’ouvrir nous transforme en grandes gueules
Nous refusons l’égalité globale, nous revendiquons notre Moi unique et nous voulons tous vendre notre production filmique tourné autour d’une miette de vraie viande.
Cela avec des variations d’intensité selon les endroits du Monde, bien entendu
Voyez ceci :
Le Vietnam serait un des derniers endroits de la Planète où la population n’a aucune contrainte vestimentaire, aucune règle formelle, aucun censure et où les gens peuvent soit s’habiller en Américain, soit en Français soit dans un vêtement d’aspect unique au monde
Que voit-on dans les rues du Vietnam sur ce point vestimentaire ?
De tout. Un vrai bordel
Non, pas tout à fait
On voit des femmes qui tiennent à porter la tunique singulière Ao dai (prononcer ao iaille) et de marcher alors en petit groupe (Cela, au-delà du fait que bien des universités exigent le port de cette tunique en version blanche)
Qu’ont-elles en tête ces femmes qui forment des bouquets ostensibles de tradition vestimentaire ?
Elles ont un ego encore très collectif
Elles n’envisagent pas la valeur de leur production filmique, elles n’envisagent pas la valeur de leur image physique en ce qu’elle serait singulière, elles sont un Moi encore très collectif. Le visuel l’emporte sur la parole.
Le silence l’emporte sur le Verbe
Elles n’inventent pas un nouvel imaginaire
Elles constituent bouquet, marchent pour faire danser les pans de leur robe et se plaisent d’offrir un spectacle groupal. Ce qu’elles papotent n’ayant aucune importance aux yeux de quiconque.
Et elles considèrent que leur bouquet n’est pas plus beau que le bouquet là-bas, un peu plus loin. Même leur groupe n’a pas de moi-groupe. Elles ne conçoivent qu’un moi-peuple
Au Japon, surgissent au contraire de plus en plus de gens qui font de leur personne une exception et qui s’habillent de manière très singulière, originalissime, alors qu’ils disposent de costumes traditionnels très marqués. Pour autant, leur verbe est encore très discret. Ils développent un fort Moi par le scopique encore bien silencieux. Même Fukushima ne parvient pas à les faire parler.
Il y a un siècle, il y avait encore plein de Français se concevant avec un Moi régional. Eux aussi trouvaient valorisant de s’effacer d’un point de vue personnel pour valoriser le moi-régional.
Aujourd’hui, les Français affichent parfois un moi-groupal opportuniste, lors de coagulations de causes servant leurs intérêts individuels et ils le font en mettant en avant leur Verbe, leur film. Ils hurlent un slogan
Le festival de Cannes, une manifestation, une foire, c’est le même principe sous des formes différentes.
Parce que je le vaux bien
Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Ubuntu, PHP, MySQL, CKEditor.
Site hébergé par la Fondation Agoravox
A propos / Contact / Mentions légales / Cookies et données personnelles / Charte de modération