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Accueil du site > Tribune Libre > Faut-il revenir à la philosophie classique ?

Faut-il revenir à la philosophie classique ?

 Sous-titre : faut-il conjurer cette époque marquée par les icônes politiques en vue, Sarko, Ségo, etc., ainsi que malmenée par les piètres penseurs en vue, Bruckner, Onfray, etc. ?

Le philosophe Léo Strauss est connu pour avoir tenté un retour vers les Grecs afin de trouver des issues philosophiques à la crise vécue par l’Occident moderne à l’âge industriel. Certes, le mouvement philosophique et politique opéré par la modernité est plus ancien, mais la crise dans laquelle il s’est trouvé impliqué a revêtu des formes inédites, à cause notamment du développement technique jamais atteint, offrant une puissance productive, mécanique et militaire sans précédent. Lorsqu’il publie, en 1964, La cité et l’homme, il admet l’hypothèse que les textes anciens recèlent une vérité « supérieure » à celle que nous croyons posséder. Ce qui est un parti-pris contraire de celui adopté par l’historicisme et le positivisme, doctrines produites par la modernité tardive, celle d’après 1830. Evidemment, Strauss dérange et dénote par son inactualité. Au vu des problèmes engendrés par le XXe siècle, on ne peut que lui consacrer une écoute attentive. Strauss avait-il raison, et si oui, pourquoi alors le monde occidental s’est-il développé en laissant la vérité de côté ? Sans adopter le chemin de Strauss, Michel de Certeau avait à la même époque fait le constat d’une contestation sociale contre des institutions ne disant pas la vérité, envisageant que cette attitude soit vaine, faisant valoir qu’aucune société (moderne) n’avait fonctionné ainsi, tout en supposant qu’à l’avenir, cette réclamation ne puisse plus l’être parce que le monde où nous sommes entrés est radicalement nouveau avec un effacement du langage.

Effectivement, la conjoncture actuelle avec la surmédiatisation et les systèmes de production d’information, doublés de celui des images, appuie l’hypothèse de Certeau tout en rendant encore plus inactuelle la thèse de Strauss. Autrement dit, avons-nous fait un écart de plus par rapport à la compréhension classique ? Platon et Aristote nous sont-ils devenus encore plus lointains, étrangers, pour ne pas dire étranges ? Strauss évoque la transformation de la philosophie politique en idéologie à l’ère des temps modernes, avec l’appui des forces positivistes. Les idéologies sont mortes, mais ce n’est pas pour autant le retour espéré aux racines classiques. L’ère hyper-moderne nous sépare des temps idéologiques qui eux-mêmes sont en rupture avec la philosophie politique moderne (Kojève, auquel Strauss s’opposa, a été témoin et acteur de ce processus), celle-ci s’étant constituée avec des apports liés à la modernité mais en laissant de côté l’aristotélisme et le platonisme (la science a suivi un chemin similaire mais ne compliquons pas). Quarante ans après la parution du livre de Strauss, une évolution s’est produite, avec sans doute un écart supplémentaire (grandissant ou différent par essence ?) par rapport à la pensée classique si l’on observe le développement de la culture et de la politique dans les sociétés. Si l’on scrute les travaux universitaires, on constate la persistance des études classiques mais dans quel esprit ? Enfin, aux Etats-Unis et maintenant en France, on voit se dessiner une fracture entre des travaux savants et leur pénétration dans la vie politique autant que civile, ce phénomène étant lié, selon Umberto Eco, au succès de la démocratie d’opinion. D’où deux questions, l’une sur le type de philosophie produite et/ou nécessaire selon des fins à préciser ; l’autre sur l’exercice de la politique dans les sociétés avancées.

« La dégradation de la philosophie politique en idéologie se révèle de la manière la plus évidente dans le fait que, dans la recherche comme dans l’enseignement, la philosophie politique a été remplacée par l’histoire de la philosophie politique. On peut excuser ce remplacement en le considérant comme une tentative bien intentionnée pour empêcher, ou du moins repousser à plus tard, l’enterrement d’une grande tradition » (La cité et l’homme, p. 75)

« La philosophie (logique, esthétique, éthique) en tant qu’étude du devoir-être ou des normes, se sépara de la science en tant qu’étude de l’être [...] La science sociale et la psychologie, précisément parce qu’elles sont des sciences, ne peuvent entraîner qu’une augmentation encore plus grande de la puissance de l’homme ; elles permettront aux hommes d’agir toujours plus efficacement sur l’homme ; elles apprendront aussi peu à l’homme comment user de son pouvoir sur l’homme ou sur le non-humain que ne le font la physique et la chimie » (p. 74).

« Le succès relatif de la philosophie politique moderne a donné naissance à une espèce de société totalement inconnue aux classiques, une espèce de société à laquelle les principes classiques tels que les classiques les ont élaborés et exposés ne sont pas immédiatement applicables. Nous seuls qui vivons aujourd’hui pouvons trouver une solution aux problèmes d’aujourd’hui. Mais une compréhension adéquate des principes tels que les classiques les ont élaborés est peut-être le point de départ indispensable d’une analyse adéquate, que nous-mêmes devons effectuer... » (p. 81)

« On peut en venir à mettre en doute la prémisse fondamentale de la science sociale d’aujourd’hui - la distinction entre les faits et les valeurs - en prenant simplement garde aux raisons avancées pour la justifier tout comme à ses conséquences. » (p. 81)

Ces quelques lignes extraites de l’introduction de La cité et l’homme ouvrent vers des questionnements irrésolus, essentiels et profonds. Par un étrange paradoxe, la modernisation s’est effectuée alors que la pensée philosophique, politique et sociale s’enrichissait de contenus spécifiques, se déployait avec une architectonique particulière, délaissant une pensée classique qui pourtant, bien qu’inactuelle, pourrait servir de piste de décollage pour conjecturer des questions contemporaines. Strauss s’est intéressé au politique et à la société mais c’est aussi l’ontologie classique qui mérite un détour car l’être de la nature, de l’homme, pas plus que l’être de la politique, ne sont des questions résolues.

Ce qui paraît important, c’est cette distinction des faits et valeurs. Deux questions à traiter. Celle du langage et de la littérature qui, en dépit de cet éloignement dû aux politiques modernistes et aux idéologies, a néanmoins servi de liant entre l’action et le sens éthique. Cette des faits, de la dimension opératoire prise par les sociétés vouée à la puissance, au progrès technique incessant. La puissance devenant une valeur suprême occulte les valeurs de l’âme. Si l’on traite la question dans le contexte de l’éthique d’Aristote, des deux vies jugées convenables, active (politique) et contemplative (philosophique) seul l’active est prônée dans notre système actuel. Avec deux pôles, le productif et la gouvernance, autrement dit, croissance, puissance du profit et puissance des Etats.

On méditera l’effacement du langage, de la littérature, de la conversation, à une époque où la médiation du sens est faite d’images et de communications. Le divorce des faits et des valeurs, des événements et du sens, s’accentue. Le gouffre avec le sens classique de l’existence s’élargit. L’événement et ses représentations médiatiques noient l’accès au sens et la saisie des valeurs. L’écume médiatique trouble la clarté de l’être qui pourtant devait nous être accessible, si l’on en croit les Grecs et leur dernier héritier, Husserl. Les citoyens de notre époque ont besoin de repères, de confiance et de croyance. La vérité qui n’est plus donnée (mais l’a-t-elle été) par la philosophie, la pensée politique, la littérature ou à défaut l’idéologie, sont remplacées par l’icône. D’où le succès de Nicolas et Ségolène. Les gens ont besoin de croire.

La pensée classique reposait sur un ordre des fins naturelles, un sens de l’achèvement accompagnée de tendance droite, éclairée par la raison, naturelle ou divine, néanmoins troublé par les excès et la poursuite non maîtrisée des plaisirs. D’où les tyrannies antiques. Au principe naturaliste d’achèvement et des causes finales s’est substitué le principe de progrès illimité. La technologie est devenue une seconde nature, jamais achevée, comme le sont par ailleurs les désirs, les quêtes de profit, les volontés de puissance (quelques-uns, à l’instar d’un conducteur de motrice constatant qu’elle est lancée à toute allure vers un précipice, tentent d’avertir les passagers et se proposent de freiner le processus). Mais est-ce possible ? Al Gore s’y colle mais ne voit qu’un aspect de la chose. Si les classiques ont quelque chose à nous enseigner, c’est entre autres choses le sens d’action guidée par la valeur et s’il faut tirer quelque caractère de notre monde, c’est outre ses excès (sa démesure), son incapacité à lire, voir et entendre.

Que peuvent nous dire Platon, Aristote, Plotin voire Saint Thomas ? La question mérite un examen, ne serait-ce que parce qu’un certain Michel Onfray, bientôt dans l’actualité, tente de bâillonner l’ontologie pour qu’on entende ses vociférations hédonistes ! Chacun choisit ce qu’il veut entendre. Ici, une « compilation éclairée » de textes relatifs au plaisir, réalisée par mes soins en peu d’heures, mais bâclée et perfectible si on veut comprendre ce sujet et l’actualiser.


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54 réactions à cet article    


  • ZEN zen 18 octobre 2006 12:17

    @ L’auteur

    Connaissez-vous vraiment Leo Strauss ?

    http://solidariteetprogres.online.fr/Dossiers/Histoire/Strauss.html


    • Marsupilami (---.---.54.163) 18 octobre 2006 12:26

      @ Zen

      J’allais faire le même commentaire et le même lien ! Tu m’as doublé de justesse ! Ce qui n’empêche pas que l’article de Dugué est intéressant quand même...


    • Zéro pour cent de matière grise 18 octobre 2006 12:47

      Si on clique sur ce lien auquel vous nous renvoyez, on a immédiatement la preuve de l’impérative nécessité d’un retour aux classiques ! Quand on lit de telles idioties, on se dit qu’il est urgentissime de revenir à notre matrice grecque, comme l’a dit Benoît XVI dans sa magistrale leçon de Ratisbonne, totalement incomprise et défigurée par l’ignorance, le simplisme et la bêtise profonde des « penseurs » de tribune qui étouffent nos cervelles !

      Le texte que vous citez est un tissu de raccourcis. Il illustre les ravages de la confusion moderne entre philosophie et idéologie. Il est bon de rappeler que toutes les idées ne sont pas des idéologies, que toutes les prises de position dans une discussion philosophique ne sont pas des prises de position politiques !


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 18 octobre 2006 12:59

      Désolé mais ce lien ne parle pas de l’oeuvre de Strauss et je pense, déforme sa pensée, pour preuve, faire de Strauss un suppôt du théocratisme des néocons est contraire à sa philosophie qui veut renouer au rationalisme pragmatique et moral des Grecs. En ce sens, Strauss s’opposa à Voegelin, autre auteur mal compris (lire la nouvelle science du politique)

      Les inspirateurs des néocons sont Schmitt et Hobbes. S’ils avaient lu Strauss, ils auraient opté pour Kant.

      Le coup de la synarchie de l’ombre relève pour une bonne part du mythe. Il y a tj eu des conseillers de l’ombre, des éminences grises. Et puis, si Strauss a eu l’idée d’une gouvernance des élites savantes, Hans Jonas l’a eu aussi, avant de se défaire de cette idée.

      Strauss fournit une boîte à outil, comme Foucault du reste. On peut ensuite s’en servir à des fins ou d’autres et ma foi, Strauss me paraît être un rempart, comme Kant, contre cette démocratie de l’émotion, la dévotion et l’opinion. On peut être straussien et de gauche


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 18 octobre 2006 13:15

      Autre précision sur ce lien solidarité et progrès

      http://www.solidariteetprogres.org/spip/sp_Quisommesnous.php3

      Qui êtes-vous et quelles sont vos actions ?

      Dès 1976, notre inspirateur, l’économiste et polémiste américain Lyndon LaRouche, a été candidat à chaque élection présidentielle américaine. Calomnié et injustement condamné à quinze ans de prison (dont cinq effectives), certains le surnomment le « Mandela américain ». Lors de la dernière élection, LaRouche a appelé à voter contre Bush et pour Kerry, qu’il a convaincu de défendre une perspective rooseveltienne. Chose que Kerry a fi ni par faire, mais trop peu et trop tard.

      En France, avec très peu de moyens, la candidature présidentielle de « l’énarque dissident » Jacques Cheminade en 1995 (556 parrainages, 0,27 %, 80 000 voix) et son effort de 2002 (406 parrainages) partaient de la même démarche : urgente nécessité d’un nouveau système financier international (un « nouveau Bretton Woods ») redonnant à l’homme les infrastructures et les moyens d’une culture de la découverte. Depuis cinq ans, notre mouvement s’est enrichi d’une section de jeunes connue sous le nom de LaRouche Youth Movement (LYM), animée d’une volonté et d’un dynamisme à toute épreuve. Dans l’immédiat, nous saisissons l’occasion du grand débat sur le traité constitutionnel européen pour présenter nos propositions pour une autre Europe. Toujours dans l’Hexagone, un mouvement de candidats se structure en vue des législatives de 2007. Leurs campagnes sur le terrain feront de la candidature présidentielle de Cheminade une option pour les Français.


    • Marsupilami (---.---.54.163) 18 octobre 2006 14:56

      « On peut être straussien et de gauche ». Tout à fait d’accord. Ce n’est pas parce que la pensée de Léo Strauss a été détournée par les « penseurs » néocons qu’elle n’est pas pertinente. Mais peut-être aurait-il mieux valu, dans le corps de l’article, signaler cette récupération pour éliminer toute ambiguité. Même phénomène (mais dans un autre domaine, la politico-sociologie) pour Julien Freund d’ailleurs...


    • Rantanplan (---.---.237.238) 18 octobre 2006 17:20

      stausskahnien en somme !................Merci pour ton article !


    • Zamenhof (---.---.193.97) 19 octobre 2006 20:50

      Exact, j’ai lu autrefois un livre de Léo Strauss, et je l’avais trouvé teès interessant et très documenté, et j’avais surtout apprécié et découvert sous un autre jour un très interessant et moderne auteur : Hobbes. à l’époque son livre m’avait paru « innocent ». Des documents pour connaitre qq penseurs et voir ce qu’ils peuvent avoir à sedire les auns contre les autreset à nous dire à nous.

      Depuis j’ai appris quels lobbies, et quels milieux inlectualo-politiques a suscité cet auteur, et là on se pince le nez ! Il y a des idées qui ont l’air tranquilles et rationelles tant qu’elles sont sur le papier, mais quand elle deviennent des groupes de pression armées de gens appartenant à « skull and Bones » c’est autre chose...


    • Zéro pour cent de matière grise 18 octobre 2006 12:34

      Merci pour cet excellent petit billet philosophique stimulant du matin !

      Tout cela aurait sa place dans un livre. Peut-être lisons-nous quelques extraits du futur livre ?

      Il est impératif de revenir à la philosophie dite classique, c’est-à-dire, si l’on suit Strauss, à la philosophe tout court.

      Sur l’« inactualité » des classiques « dépassés » par l’« actualité » des techniques de la modernité. Habermas, dans « La technique et la science comme idéologies », a une réflexion inaboutie, mais assez profonde là-dessus. Pour ma part, je ne trouve pas ce terme d’« inactualité » pertinent. Il s’agit plutôt d’un décalage dans la formulation des questions plutôt que d’une « inactualité » des questions posées par les « classiques », au sens où elles ne se poseraient plus à l’ère moderne. Non ?

      Prenons par exemple certaines considérations d’Aristote sur la politique, sur les différents types de « constitutions », par exemple. Sur l’oligarchie, la démocratie, l’ochlocratie, etc. Décalé, mais en rien inactuel. Et une pensée dont la méditation est fructueuse pour notre temps.

      Ce qui a changé avec la modernité, c’est l’assignation à la philosophie, et en particulier à la philosophie scolaire et universitaire, d’une fonction sociale. Comme l’évoque Strauss dans l’ouvrage que vous citez, la lecture de Platon montre que la philosophie à l’âge classique était, si l’on peut dire, un art de vivre. On était philosophe comme on était artiste, on philosophait pour philosopher. L’initiation philosophique, plutôt que l’enseignement de la philosophie, terme d’aujourd’hui, ne passait pas par l’assimilation de concepts et la lecture de textes, mais par la discussion libre, l’argumentation et la rhétorique.

      Rien n’est plus horripilant, à mon avis, que de lire ça et là que l’enseignement de la philosophie doit servir à « former des citoyens » et autres balivernes. L’initiation philosophique n’a pas d’autre but que de partager ensuite le plaisir d’une libre discussion argumentée avec un autre initié. Un sage, pas un savant. Un homme libre, pas un citoyen. Avec une femme libre, aussi, ça va de soi... : les « classiques » ont sur ce point leurs limites !... smiley


      • Bernard Dugué Bernard Dugué 18 octobre 2006 13:35

        Pourquoi pas un projet de livre, je ne sais pas encore si un thème se dessine, ainsi que des idées forces mais j’y pense, d’autant plus qu’une certaine cohérence semble se dégager dans les articles... work in progress comme on dit. Le plus dur c’est de trouver un éditeur

        Pour la philosophie, c’est effectivement un mode d’existence chez les classiques, non seulement Platon mais aussi Aristote qui dans le politique, discute des deux mode supérieurs de vie, la vie active, citoyenne, politique et la vie théorétique, philosophique.


      • ZEN zen 18 octobre 2006 13:33

        @L’auteur

        « qu’un certain Michel Onfray, bientôt dans l’actualité, tente de bâillonner l’ontologie pour qu’on entende ses vociférations hédonistes »

        Kant a existé avant Onfray pour remettre en question la possibilité de l’ontologie ou de la métaphysique (si vous prenez les deux notions dans le même sens), je ne vous apprends rien..

        Onfray n’est pas mon auteur préféré, il se veut trop médiatique, publie trop et à la hussarde, parfois avec légéreté. Mais il y a chez lui, surtout dans ses cours à Caen, une pensée philosophique vivante et stimulante qui contraste avec la philosophie universitaire assez fossilisée et sans audace...

        Bien sûr qu’il faut revenir aux Anciens ! Je vais me remettre à L.Strauss pour comprendre comment il a pu être instrumentalisé ,s’il l’a été. A suivre

        Cordialement


        • Bernard Dugué Bernard Dugué 18 octobre 2006 13:45

          @Zen,

          Remarque intéressante sur Kant qui amène une question fondamentale. Que connaissait Kant de la philosophie antique ?

          Sinon, Kant n’a pas mis en cause l’ontologie en tant que science de l’être comme destination de la philosophie. Il a juste remis les choses à leur place en montrant les limites de la connaissances, barrant la voie aux ontologies modernes-classique, celle de Leibniz-Wolff notamment. Avec un travail ô combien plus sérieux que l’agitation d’Onfray, celui-ci n’ayant pas saisi le jeu duplice entre ontologie, théologie et politique, jetant la philosophie platonicienne en la méconnaissant en plus. Ce n’est pas sérieux

          Onfray fait plutôt de la littérature philosophique que de l’authentique philosophie.


        • ropib (---.---.27.229) 18 octobre 2006 14:56

          Mais alors mais alors ? N’aurais-je rien saisi au débat ? Je ne connais pas Onfray... si c’est lui qui est le sujet réel de ce billet je suis à l’ouest.


        • ZEN zen 18 octobre 2006 14:16

          @Frank Aiguon

          « Ceux qui renvoient à telle ou telle exégèse de la pensée de Léo Strauss prétendument inspirée par une connaissance en profondeur des milieux néo-conservateurs américains »

          Je crois que vous avez mal compris. Ce sont certains aspects de le pensée tardive de L Strauss qui aurait pu (je suis prudent)inspirer, peut être sans le savoir et le vouloir ,le développemnt de l’idéologie néocons...L’ouvrage que vous citez, que je connais bien, me semble au-dessus de tout soupçon .Mais qu’en est-il d’autres ? Je suis en recherche...Si vous connaissez toute son oeuvre, pourriez-vous m’aider ?...

          Cordialement


        • Bernard Dugué Bernard Dugué 18 octobre 2006 15:16

          @Zen,

          Pour voir comment Strauss se situe, vous pouvez lire sa mise au point suite à la réaction de Kojève face au commentaire du Hiéron de Xénophon par Strauss ( de la tyrannie, chez Tel)

          @ Franck, effectivement, l’usage du mot classique désigne les Grecs chez Strauss mais il y a aussi l’âge classique, avec ses Descartes, Leibniz, Locke etc... disons la modernité classique.


        • ZEN zen 18 octobre 2006 17:15

          @L’auteur

          J’ai trouvé un lien qui peut aider à mieux comprendre comment la pensée de L.Strauss a pu être détournée de son sens :

          http://perso.orange.fr/claude.rochet/philo/strauss.html


        • dana hilliot (---.---.95.152) 18 octobre 2006 13:57

          C’est étrange : en vous lisant, j’ai l’impression de revenir vingt ans en arrière (au moins). Oui : les classiques ont leurs limites. Je suis d’accord avec ça. Et Onfray m’ennuie à mourir.

          Ayant fait un doctorat en philosophie antique, il y a dix ans, j’en ai acquis la conviction que nous ne devrions pas lire les textes anciens comme des « classiques », mais comme des textes inscrits dans des contextes et des problématiques qui pour une large part nous sont désormais tout à fait étrangers. Mais pas totalement étrangers (encore heureux !). Et donc : en revivifiant si on peut dire, le contexte polémique et les enjeux de la démocratie athéienne, ou de la morale aristotélicienne, ou des débats théologiques de l’époque de Plotin, on peut éventuellement envisager peut-êtrre pas des comparaisons avec le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui (dans une certaine partie de l’occident), mais au moins des inspirations je dirais « styllistiques ». Je pourrais développer ça si vous voulez mais bon, on est sur agoravox, mieux vaudrait en causer de vive voix.

          En vous lisant, je songe aussi que la littérature en philosophie politique est incroyablement vivante depuis John Rawls. Plongez-vous si ce n’est déjà fait dans les livres de Michaël Walzer, Richard Rorty, Stanley Cavell, Charles Taylor, Ian Hacking, Bruno Latour, Isabelle Stengers, Sandra Laugier, Pierre Manent, Marcel Gauchet (vous voyez, je cite aussi bien des gens de gauche que de droite) et j’en passe et des dizaines là.

          Le retour aux textes anciens oui ! mais comme des textes vivants, pas comme c’est le cas trop souvent des catalogues de prêts à penser dont l’interprétation serait à jamais fixée. Et surtout lire les grands textes d’aujourd’hui.

          Par contre, je ne veux pas croire comme vous le dites à la fin de votre texte que « l’initiation philosophique n’a pas d’autre but que de partager ensuite le plaisir d’une libre discussion argumentée avec un autre initié. »

          Bien que j’aurais plaisir à discuter avec vous sur ce mode, je crois que les philosophes doivent eux-aussi faire aux collectifs des propositions (pas moins que les autres disciplines). Absolument pas dans le but de « former des citoyens » (les citoyens sont déjà suffisamment sollicités de ce point de vue) : mais dans le but d’interroger certains discours qui semblent aller de soi, dans une perspective critique ou constructive, en rappelant par exemple que les horizons qui sont présentement les nôtres ne vont pas de soi etc.

          « ça ne va pas de soi »... je me souviens cette parole marmonée comme une ritournelle par un vieux maître de philosophie, penché une année durant sur les deux premières médiations de Descartes. Oui. Cette rumination : « ça ne va pas de soi ».. IL faut qu’elle soit entendue. C’est peut-être le rôle public des philosophes que de marmonner que les choses ne vont pas de soi qu’en pensez-vous ?


          • ropib (---.---.27.229) 18 octobre 2006 14:49

            Nous sommes globalement des homo-sapiens... les « classiques » ont aussi bien pensé le monde que nous et je ne vois pas pourquoi on devrait les mettre à la poubelle.

            Autant je refuse la « pureté » du monde héroïque, autant je refuse la « révélation » du monde moderne. D’ailleurs c’est un des thèmes abordés dans l’Odyssée, autant dire que ce n’est pas nouveau.


          • Christophe (---.---.58.18) 18 octobre 2006 21:00

            C’est peut-être le rôle public des philosophes que de marmonner que les choses ne vont pas de soi qu’en pensez-vous ?

            N’est-ce pas justement l’un des fondements de la philosophie, le premier pas qui mène vers la connaissance ?

            Notre connaissance du monde progresse-t-elle par nos certitudes ? j’en doute fort !


          • Bernard Dugué Bernard Dugué 18 octobre 2006 21:13

            La philosophie progresse ni par les certitudes, qui fixent les acquis, ni les doutes qui figent l’esprit mais par l’étonnement qui inspire les questions


          • Christophe (---.---.252.125) 19 octobre 2006 13:50

            Pas tout à fait en accord avec vous sur ce point.

            Ne pas douter de son jugement laisse penser que nous posons le postulat qu’il existe une règle générale permettant de subsumer les cas particuliers avec un niveau de précision que nous pourrions considérer comme absolu.

            Je pencherai plutôt sur des états de l’esprit reposant sur des pseudo-certitudes, nécessitant des ajustements fréquents pour s’adapter au monde de l’action ; en ce sens que les certitudes ont une facheuse tendance à être perçues comme une transposition des universaux de la pensée en universaux de l’action (est-ce une incidence du modernisme ?). Ce qui ne signifie aucunement un rejet des universaux de la pensée, mais de ceux de l’action qui s’appliquent dans un monde, ou un contexte en constante évolution.

            En quelque sorte, il me semble qu’il existe une vision simplificatrice des politiques qui ne font pas l’effort pour restituer, dans le monde réel, l’ajustement de l’action au contexte en respect des valeurs universelles philosophiques.

            Mais peut-être me suis-je égaré ?


          • (---.---.37.70) 18 octobre 2006 14:09

            « Les idéologies sont mortes »

            Alors ca ! Sans même parler de l’écologie, de la solidarité, de l’égalité des chances, du métissage, de la mixité et autre cohésion sociale, il faut bien voir que le marxisme reste vissé au fond du crane de beaucoups de nos compatriotes, qu’ils le veuille ou non..


            • ropib (---.---.27.229) 18 octobre 2006 14:43

              L’historicisme et le positivisme sont-ils les seules alternatives ? Pourquoi chercher UNE vérité ? D’ailleurs je doute de l’existence d’une telle chose. La société « moderne » des grecs (il ne se considéraient pas comme anciens) était-elle si différente de la nôtre ? Si Strauss mérite d’être entendu, en conclure qu’il faut trancher « avait-il raison » me semble un peu anti-philosophique. Même Spinoza, qui utilise la Raison brillament, peut être remis en cause sur la pertinence même de l’usage de la Raison (d’ailleurs vous ne vous privez pas dans d’autres articles sur l’ID, ce en quoi vous n’avez pas forcément tord).

              L’époque actuelle étant en contradiction avec Certeau dans son diagnostic (peut-être temporel... et si le temps existait ? mais là je critique Hawking qui est un « moderne » antediluvien) il se fait que sa contradiction avec Strauss le fait se contredire lui-même et nous n’en sortons pas. Car la médiatisation, si c’est réellement le facteur de pensée « moderne » (là encore... Ardisson est-il réellement le guru qu’il pense être ?), découle plus du mass media que des références institutionnelles auxquelles il fait je crois référence.

              Votre idée de la disparition de l’idéologie est quelque chose que je ne vis pas. Toute la systémique actuelle est nécessairement un frein mais remettre en cause le système permet de théoriser sans désigner de déviance (dans un premier temps, la révolution ne pouvant déboucher nécessairement que sur un nouvel ordre une épuration est nécessaire, hélas), votre article en est la preuve. Que ça aboutisse à quelque chose j’en suis convaincu, que demain à 10h tout le monde se tienne par la main pour créer un monde meilleur j’en doute.

              Finalement vous critiquez le technicisme de notre société. Mais le refus de la technique c’est le refus du prêt à penser, le questionnement, la recherche de lien. Les philosophes classiques (gentiment filtrés par le temps et nos points de vue actuels) sont intéressants mais alors faut-il jeter Kant, Camus, Nietzsche et les autres ?

              Vous parlez politique... Si Sarkozy en appelle à DeGaulle et Royal à Miterrand nous aimerions tous une référence à Marc-Aurèle mais si Bayrou en appelle à Robespierre smiley nous pouvons nous réjouir d’un renouveau référentiel (même si le risque est grand).


              • Bernard Dugué Bernard Dugué 18 octobre 2006 15:20

                Je ne pense pas avoir critiqué le technicisme et encore moins exprimé un refus de la technique. Je crois avoir dit que la technique actuelle constituait un élément de plus, ajouté à la pensée politique moderne, nous éloignant des classiques, ce qui me paraît être un complément utile à la démarche de Strauss


              • Bernard Dugué Bernard Dugué 18 octobre 2006 15:23

                En complément à cet article, une question me vient à l’esprit

                Faut-il moderniser Platon ou alors platoniser la Modernité ?

                Une question à mon avis abyssale


              • ropib (---.---.27.229) 18 octobre 2006 15:31

                @Bernard

                Sur la technicité j’avoue que je vais un peu plus loin que votre discours, le sujet m’intéresse et je le crois central.

                Pour Platon... ne serait-il pas tout simplement moderne ? Je ne pense pas qu’il se disait classique ou platonicien... Je crois penser comme vous (dites moi si je vais trop loin encore car vous ne l’avez pas clairement dit), l’Histoire a son mot à dire mais de là à en faire l’unique point de vue sur Platon c’est dommage. C’est comme dire que Dostoïevski était épileptique : c’est une vérité parmi d’autres et n’enmpêche pas son oeuvre d’être pertinente pour les gens en bonne santé.


              • Bernard Dugué Bernard Dugué 18 octobre 2006 17:49

                @Robip,

                Pour la technique, il eut fallu un autre article, sujet trop lourd pour placer ici, ce qui m’aurait de plus fait sauter l’article pour cause de longueur. La technique, il faut convoquer Ellul, Mumford, Spengler, Heidegger pour une vue la plus complète.

                Sinon, le progrès, l’Histoire et les gnoses séculières (voir Lasch ou Voegelin) ont leur mot à dire quant à Platon, pour être moderne, il eut fallu qu’il ait conscience de la flèche du temps telle qu’elle apparaît dans le prophétisme pour se matérialiser dans le marxisme et se dissoudre dans l’océan de l’instantané hyper-moderne.


              • caturia (---.---.20.24) 18 octobre 2006 17:19

                Léo Strauss a passé sa vie à critiquer Hobbes et Machiavel. A la fin de sa vie au moment de la publication de ses oeuvres complètes en allemand, il a reconnu que le vrai moderne était Hobbes et non Machiavel et acessoirement Bodin, Marsile de Padoue etc..

                En quoi, il a eu enfin parfaitement raison sur ce point. Pour le reste, Léo Strauss n’a jamais véritablement écrit un ouvrage autre que critique pour se poser. Il s’agit d’un philosophe important qui a entretenu une correspondance avec Voegelin. Evidemment tout ceci est d’un niveau qui dépasse et de loin les propos sur un quelconque bavard en matière d’athéisme en France.


                • Tristan Valmour 18 octobre 2006 18:59

                  Je n’ai pas bp de tps - des concours blancs à corriger -, je voulais slt remercier l’auteur et les commentateurs pour la qlté de leurs interventions. Je fais un copier-coller et garde le tout précieusement.


                • ZEN zen 18 octobre 2006 18:56

                  Pour préciser ce que je disais plus haut (voir le lien), j’ai retenu ceci de Olivier Sedeyn, apparemment bon connaisseur de L.Strauss :

                  "Il est vrai que Strauss a été le professeur des professeurs de certains néoconservateurs qui entourent Bush. Mais il serait évidemment absurde de dire qu’il a directement influencé une décision précise d’aujourd’hui. Assurément, il est conservateur en politique, avec les précisions que je fais dans mon post-scriptum.

                  Captain Doc : La pensée de Strauss conduit-elle donc à l’approbation de la « realpolitik », ou à la recherche d’une approximation toujours imparfaite de la justice ? Ou encore, à l’abandon de la philosophie politique comme une rêverie pour pédants ?

                  O. S. : Non pas à l’approbation de la « real politik », c’est-à-dire de la politique de la puissance, mais assurément au réalisme qui consiste à en tenir compte ! Strauss dit souvent que le premier devoir d’une république est de se maintenir dans l’existence et donc d’avoir souci de sa défense nationale ; le deuxième est de s’améliorer autant que possible, et assurément, il conçoit cette amélioration dans le sens d’un approfondissement moral et intellectuel tel que peut le proposer Aristote dans sa Politique ou Platon dans sa République. Mais il combat les philosophies politiques qui prétendent résoudre une fois pour toutes les problèmes politiques et surtout les idéologies qui telles le socialisme/communisme ou le nazisme ont prétendu régler ce problème."


                  • ZEN zen 18 octobre 2006 19:13

                    Je rappelle le lien qui mène vers le site trés documenté d’où j’ai extrait ces propos sur L Strauss :

                    http://perso.orange.fr/claude.rochet/philo/strauss.html


                    • herbe (---.---.175.94) 18 octobre 2006 21:36

                      @l’auteur, Connaissez vous ce livre « Traité du zen et de l’entretien des motocyclettes » de Robert M. Pirsig ?

                      J’y ai trouvé traité pas mal de thèmes évoqués dans cet article.

                      Un extrait de la critique (voir lien) :

                      "Ce livre a le mérite de poser certains questions importantes (que nous allons résumer en quelques lignes, donc très grossièrement).

                      D’abord comment expliquer le gâchis de la société actuelle ? « La cause des crises sociales que nous connaissons, paraît-il, doit être cherchée dans une aberration génétique de la raison elle-même. »

                      Ce livre attaque l’hégémonie de la raison sur laquelle s’est édifiée la civilisation occidentale.

                      Il attaque aussi, par le fait même, ses prolongements scientifiques et techniques mais aussi sociaux. L’auteur pense qu’il faut renouer avec les émotions et que la véritable intelligence créatrice ne peut se trouver qu’à la croisée de ces deux pôles de l’esprit humain.

                      Ce qui doit la guider toute l’activité humaine, c’est une recherche de la Qualité, mélange de subjectivité et d’objectivité, d’art et de science.

                      L’auteur échafaude toute une théorie autour de ce concept, théorie dont il essaie de retrouver des traces aussi bien chez les grands philosophes occidentaux de l’Antiquité jusqu’au XXe siècle que dans la pensée orientale."

                      Cordialement

                      Herbe


                      • Bernard Dugué Bernard Dugué 18 octobre 2006 21:57

                        Merci pour l’info. Je ne connais pas mais aux dires de la notice wikipédia, le texte à l’air intéressant et je ne sais pas pourquoi, il me fait penser à un livre de Luke Rhineheart édité à la même époque, en 73.

                        http://fr.wikipedia.org/wiki/Trait%C3%A9_du_Zen_et_de_l’Entretien_des_Motocyclettes

                        D’autres textes évoquent les supposés ravages de la raison comme par exemple les batards de Voltaire. Ce qui ne justifie pas un abandon de la raison mais un bon usage. Est-ce à dire que Strauss avait repéré ce bon usage chez les Grecs ? Oui c’est sûr et maintenant ?


                      • 3p (---.---.102.41) 19 octobre 2006 09:11

                        A l’auteur :

                        Michel Onfray piètre penseur ?

                        Avez-vous assisté à ses conférences à l’université populaire de Caen ? Certes cet homme ne se prétend pas un Pic de la Mirandole moderne, son CV n’est pas aussi fourni que le vôtre, mais il sait rendre intelligibles et intéressants des concepts qui me firent jadis profondément dormir sur les bancs du lycée.

                        « ce qui se conçoit bien s’énonce clairement ». C’est ce qui gêne les pompeux philosophes qui veulent rester entre eux, et énoncer leurs concepts de la façon la plus compliquée. Grâce à Michel Onfray, moi qui n’ai pas fait d’études de philosophie, j’ai pu comprendre les gnostiques, Nietsche, l’hédonisme, etc., rien qu’en écoutant sur France-Culture ses émissions nocturnes, diffusées l’été dernier.

                        Vulgariser ne veut pas dire rendre vulgaire, c’est une des subtilités de la langue française.

                        Un piètre sans-diplôme


                        • Bernard Dugué Bernard Dugué 19 octobre 2006 09:39

                          Onfray brillant orateur et écrivain, je ne le conteste pas mais ce que je lui reproche c’est de liquider le platonisme et d’autres philosophies en laissant accroire que l’hédonisme moderne serait la destination ultime de la pensée vouée à un idéal suprême, le plaisir et la jouissance. J’y voit une sorte de positivisme existentiel aussi néfaste que son homologue anti-ontologique issu de Comte et prolongé par le scientisme


                        • Marsupilami (---.---.47.194) 19 octobre 2006 09:48

                          Lisez plutôt ce que dit Oscar Brenifier, docteur en philosophie qui a eu l’occasion d’assister à l’un des shows de l’ayatollah athéiste Onfray :

                          « D’ailleurs il n’est qu’à voir le »grand ami« de M. Onfray, celui qui sur le podium entretient théoriquement le dialogue avec lui : il a des trémolos dans la voix lorsqu’il lui parle. Pas étonnant que M. Onfray l’apprécie, il correspond tout à fait à son genre de public, béat d’admiration. Il pose de gentilles questions, écoute poliment les réponses, et notre animateur patenté ne fait strictement rien pour permettre à son interlocuteur de sortir de sa ouate mentale. Pas plus que Michel Onfray n’essaie de faire émerger la pensée de son ami : il le flatte plutôt. On se croirait chez Pivot, en plus »cool« peut-être. La seule personne qui se verra d’ailleurs demandée par »l’ami animateur« d’interrompre son discours sera la fameuse inspectrice qui ose critiquer M. Onfray, seul moment où un semblant de confrontation semblera pourtant émerger. Car pour le reste, les échanges sont ceux, typiques, de ceux qui souhaitent surtout pouvoir se valoriser en entamant un »dialogue avec une pointure« . Le public est gentil : peut-être ne veut-il pas s’exposer. Peut-être est-il séduit : une femme explique en privé comment »je le trouve mignon, son discours est plutôt séduisant... même s’il n’apporte pas grand-chose à la discussion« . Une autre ajoute que »mignon à quarante cinq ans, cela l’agace plutôt« , mais tout cela reste de l’ordre du ressentiment. Mais cela a aussi trait au public de ces colloques, les tenants de ces »nouvelles pratiques« se veulent »ouverts« , à l’écoute de toutes les sauces, et la critique y est relativement bannie. Ainsi, si de nombreuses personnes ne trouvent pas leur compte dans le discours de M. Onfray, il ne le saura jamais. Sauf s’il était à l’écoute et apercevait dans les silences ou les discours convenus l’absence de véritable discussion, ou s’il tentait de faire émerger des enjeux autres que ceux qu’il a prévus. Mais comme nous le craignons, il a sans doute dû plutôt apprécier l’approbation tacite ».

                          « Ainsi l’exigence est celle de la connaissance préalable et reconnue, celle des vérités établies, et non pas celle de l’invention, du risque, de la création, de la tentative, de l’erreur et du tâtonnement. C’est clair : pour Michel Onfray, il y a les bons, et les mauvais. Comme le monde est bien organisé ! Comme le monde est bien organisé ! D’ailleurs bon nombre de personnes des quatre coins de la planète savent que M. Onfray est un prédicateur de vérité. Il fait salle comble à chaque conférence ! Il nous cite avec une jouissance toute hédoniste une personne venue spécialement de Rome - quel symbole criant de vérité ! - pour le rencontrer, voire pour le toucher ! Mais que savent-ils donc de lui pour être ainsi fascinés ? Qu’il fait des cours destinés au grand public ? Mais il existe de nombreux lieux à travers la France où se tiennent des cours de philosophie destinés à tous, universités ouvertes ou autres structures municipales. Qu’il soutient une thèse hédoniste ? C’est à la rigueur plus original pour un philosophe, mais quoi de si extraordinaire par rapport à d’autre courants de pensée ? D’autant plus que cet hédonisme convient tout à fait à l’esprit du temps, à cette adolescence perpétuelle mise en scène à la télévision, le ’c’est mon choix’ archétypal. Tout comme avec l’esprit de L’antimanuel de philosophie, on relève bien ici de l’air du temps, prise de position néfaste en ce sens qu’elle joue le rôle de la facilité : celle de plaire à l’immédiateté, sans apprendre à se mettre en position critique face à sa propre pensée. L’autorité ’light et sympa’, qui succède à l’autorité ’vache’. Certes, contrairement à bien des collègues philosophes, il ne souffre pas de cette crainte du présent, de la nostalgie passéiste si ’philosophiquement correcte’. Mais rappelons-lui à tout hasard la phrase de Schiller, qui concerne autant l’artiste que le philosophe : ’L’artiste est certes le fils de son époque, mais malheur à lui s’il est aussi son disciple, ou, qui plus est son favori’ ».

                          Très bien vu...


                        • Senatus populusque (Courouve) Courouve 19 octobre 2006 19:54

                          Oscar Brénifier, alias François Bierre, n’a lui même pas laissé un souvenir impérissable dans les cafés-philo parisiens, et sa soutenance de thèse de 3e cycle fut fort laborieuse. On se souvient encore de l’agaçement du professeur Monique Dixsaut : « Je ne suis pas le médecin des incurables ».

                          Michel Onfray a ses forces et ses faiblesses. Sa Contre-histoire de philosophie est un peu manichéenne (l’histoire de la philosophie est pluraliste). Son Traité d’athéologie fait une impasse choquante sur Sade et Schopenhauer ; on y trouve quelques bourdes (la géométrie euclidienne reléguée au rang de proto-science, le marxisme élevé au niveau des Lumières) ; mais il énonce sur les religions quelques vérités bonnes à entendre.


                        • ZEN zen 19 octobre 2006 20:12

                          @L’auteur

                          « Liquider le platonisme » ou plutôt l’idéalisme platonicien, Nietzsche l’avait fait avant lui (critique des « arrière-mondes ») ainsi que Kant (dans une toute autre problèmatique)

                          Pour ce qui est de l’hédonisme, je préfère Epicure et Lucrèce à Onfray...


                        • Senatus populusque (Courouve) Courouve 19 octobre 2006 20:13

                          Ou Montaigne ...


                        • Marsupilami (---.---.47.194) 19 octobre 2006 20:17

                          @ Courouve

                          Sa Contre-histoire n’est pas « un peu » manichéenne, mais quasi-manichéenne. Quant à son Traité d’athéologie, il est rempli d’un tas d’autres bourdes & balivernes, notamment sur les origines chrétiennes du nazisme. J’ajoute que sa posture d’ayathollah athéisto-hédoniste freudo-marxiste est grotesque, au bord de l’imposture. Il ne suffit pas de taper sur les religions comme un sourd, encore faut-il le faire avec pertinence et à bon escient.

                          En passant un petit lien sur Oscar Brenifier.


                        • Senatus populusque (Courouve) Courouve 19 octobre 2006 20:25

                          Le nazisme n’était pas athée, contrairement à ce que disait Jean-Paul II ; la référence à la foi apodictique figure bien dans « Mon Combat » :

                          Page 306 (MK, I, 11) : « Son esprit [celui du Juif] est aussi profondément étranger au vrai christianisme que son caractère l’était, il y a deux mille ans, au grand fondateur de la nouvelle doctrine. Il faut reconnaître que celui-ci n’a jamais fait mystère de l’opinion qu’il avait du peuple juif, qu’il a usé, lorsqu’il le fallut, même du fouet pour chasser du temple du Seigneur cet adversaire de toute humanité, qui, alors comme il le fit toujours, ne voyait dans la religion qu’un moyen de faire des affaires. »

                          Page 378 (MK, II, 1) : « Naturellement, dans la définition tout à fait générale du mot « religieux » sont incluses des notions ou des convictions fondamentales, par exemple celles de l’immortalité de l’âme, la vie éternelle, l’existence d’un être supérieur, etc. Mais toutes ces pensées, quelque persuasion qu’elles exercent sur l’individu, demeurent soumises à son examen critique et à des alternatives d’acceptations et de refus, jusqu’au jour où la foi apodictique prend force de loi sur le sentiment et sur la raison. La foi est l’instrument qui bat la brêche et fraie le chemin à la reconnaissance des conceptions religieuses fondamentales. »

                          Page 452 (MK, II, 5) : « Le christianisme non plus [comme le marxisme] n’a pas pu se contenter d’élever ses propres autels, il lui fallait procéder à la destructions des autels païens. Seule, cette intolérance fanatique devait créer la foi apodictique ; elle en était une condition première absolue. [...] Une doctrine pleine de la plus infernale intolérance ne sera brisée que par la doctrine qui lui opposera le même esprit, qui luttera avec la même âpre volonté et qui, par surcroît, portera en elle-même une pensée nouvelle pure et absolument conforme à la vérité. »

                          Les SS avaient, gravé sur la bouche de leurs ceinturons, la devise « Gott mit uns », Dieu [est] avec nous.


                        • Bernard Dugué Bernard Dugué 19 octobre 2006 22:37

                          Terrible piège dans lequel vous êtes tombé Courouve, imaginant que le nazisme dérive du christianisme, c’est comme si on disait que Ben Laden est un produit du Qoran


                        • Courouve (---.---.157.56) 20 octobre 2006 12:07

                          Je n’ai jamais dit « le nazisme dérive du christianisme » ; seulement que l’imputation faite par Jean-Paul II du totalitarisme à l’athéisme est fausse.

                          L’antisémitisme est cependant bien un produit de la religion juive (théorie du peuple élu) puis de la religion chrétienne (théorie du peuple déicide).


                        • Courouve (---.---.157.56) 20 octobre 2006 12:11

                          Le positivisme matérialiste d’Onfray n’est pas satisfaisant du point de vue philosophique. Le « monisme » : il n’y a que de la matière - doit être corrigé par : Il y a la matière et l’énergie, ou mieux : Il y a quatre élements : la matière, l’énergie, l’espace et le temps.


                        • Daniel Milan (---.---.168.7) 20 octobre 2006 12:14

                          Pour UNE FOIS, je suis d’accord avec toi. Comment t’as fait pour écrire quelque chose d’intelligent au lieu de servir la soupe aux sionistes !

                          Il n’est jamais trop tard pour recouvrer sa dignité !

                          Tu vaux quand même mieux qu’un vulgaire serveur de soupe !


                        • Marsupilami (---.---.60.228) 20 octobre 2006 12:19

                          @ Courouve

                          Je reposte le commentaire que j’avais fait à propos de l’article sur Onfray :

                          Pour Hitler, qui était un idéologue paganiste et cynique, les vertus de la religion ne représentaient qu’un moyen de bourrage de crâne mensonger comme un autre. Goebbels le Menteur Suprême athée serait devenu archevêque de Berlin, et Hitler pape si la perpétuation du nazisme l’avait demandé.

                          Prenons le cas de Rosenberg, auteur du Mythe du XXe siècle (1930), principal ouvrage idéologique du nazisme avec Mein Kampf. Ce bouquin antisémite et antichrétien, qui invoquait la nécessité pour l’Allemagne d’opérer un retour vers son passé païen était le livre de chevet de Hitler, de Himmler, et était étudié dans les organisations de jeunesse et dans les écoles. Hitler nomma d’ailleurs Rosenberg délégué du Führer pour le contrôle de l’ensemble de la formation et de l’éducation spirituelles et culturelles du parti. On peut par exemple y lire que « Notre âme s’est enjuivée par la faute de la Bible et de l’Église romaine ». A tel point que l’ouvrage de Rosenberg a été mis à l’Index au Vatican pour la raison suivante : « Ce livre traite avec mépris et rejette absolument tous les dogmes de l’Église catholique, voire les fondements de la religion chrétienne elle-même ; il proclame qu’il est nécessaire d’instituer une nouvelle religion ou religion allemande, et formule le principe suivant : Une foi mythique nouvelle surgit aujourd’hui : la foi mythique du sang ; foi dans laquelle on croit que la nature divine de l’homme peut être défendue par le sang ; foi appuyée sur une science très claire par laquelle il est établi que le sang nordique représente le mystère qui se substitue aux sacrements antiques et les dépasse ».

                          Vous me rétorquerez sans doute que le paganisme, avec ses composantes cultuelles ne saurait être confondu avec l’athéisme pur et dur comme celui qui semble être le vôtre, et je veux bien en convenir. Mais il n’en reste pas moins que l’Eglise (qui ne manque jamais de culot !) a formellement excommunié les thèses paganistes nazies comme anti-religieuses. Les nazis ont eu du pot que l’Eglise ait perdu toute sa puissance temporelle au XXe siècle : sinon, ils auraient eu droit aux tortures et auto-dafés de la Sainte Inquisition !

                          Ceci dit, les nazis n’ont jamais cherché à instaurer officiellement en Allemagne - ni ailleurs - une « nouvelle religion paganiste » qui aurait pu se subsituer au christianisme. Pourtant, ils en avaient les moyens (c’étaient des experts en décervelage). Pourquoi ne l’ont-ils pas fait ? Probablement parce qu’ils n’y croyaient pas assez pour le faire, et que pour eux, comme pour les Romains, la religion n’ayant au fond qu’un rôle utilitaire de contrôle des masses, ils ont estimé que les églises catholiques et protestantes, bien terrorisées et conditionnées, pouvaient fort bien jouer ce rôle.

                          Tout ça a, sur le fond, un fort relent d’athéisme « mou ».

                          Quand au « Gott mitt uns » qui ornait les ceinturons des militaires Allemands, je n’en connais pas l’origine, mais vus le cynisme manipulateur et l’art de la propagande sans scrupule qui caractérisaient le nazisme, on peut penser qu’ils étaient une espèce d’absolution offerte aux soldats toujours catholiques et protestants des SS et de la Wermacht qui commettaient des massacres (c’est pas si facile de devenir radicalement apostat... et le poids des traditions est si puissant...).

                          Hitler était un menteur compulsif et cynique qui voulait s’adresser à des masses profondément croyantes. Pour arriver au pouvoir, il ne pouvait quand même pas dire aux Allemands majoritairement chrétiens : « Je vais éradiquer votre religion et celle de vos ancêtres ». Ils n’auraient jamais voté pour lui.

                          Rosenberg croyait à ce qu’il disait, alors qu’Hitler disait ce qu’il voulait que les gens croient (« plus c’est gros, plus ça passe », comme disait son factotum Goebbels).


                        • Senatus populusque (Courouve) Courouve 20 octobre 2006 12:28

                          Hitler valorisait la « foi apodictique » et en cela il est plus proche du christianisme que de l’athéisme. Il faut reconnaître qu’Onfray a bien raison sur ce point.


                        • ferry boîte ! (---.---.64.135) 19 octobre 2006 09:23

                          onfray a encore moins d’humour que bhl c’est dire ! hier (au truc de taddei )même sollers l’a battu !


                          • DEALBATA (---.---.166.140) 19 octobre 2006 11:28

                            @l’auteur

                            A tous ces questionnements, une seul auteur et son oeuvre : René Guénon.


                            • (---.---.102.41) 19 octobre 2006 11:41

                              Oui, mon frère, le symbolisme mettrait un peu d’huile dans les rouages cérébraux de nos grands penseurs...


                            • (---.---.139.64) 19 octobre 2006 11:29

                              Ah ! la Philo... très bon sujet. Merci, Bernard Dugué, car cela suscite réflexions, donc pensées. Et pourtant...

                              Les maîtres à penser évoqués sont les cailloux du petit Poucet. Ils représentent les chemins à suivre ou à ne pas suivre, suivant notre maturité à accepter certaines idées.

                              Les retirer de leur époque est stupide. Si l’art de penser est toujours la même, les contextes sont bien différents.

                              Mais comment comprendre Platon, sans son maître Socrate ? et comment pouvons-nous lier 5000 ans d’histoires humaines sans faire l’impasse sur des milliards de bons penseurs ?

                              Regardez le nombre de fois que le mot « existence“ est utilisé dans nombre de commentaires de ce sujet, alors que »L’existentialisme “ de Sartre n’est pas évoqué ? Non pas que je défende à 100 % son œuvre, mais force est de constater qu’il représente l’un des derniers grands courants de pensée de notre société contemporaine.

                              Extrait d’une idée plusieurs fois capté sur Agora :

                              "Je crois savoir que l’histoire ne se répète jamais et que ce qui fut valable hier ne l’est pas forcément aujourd’hui.

                              L’homme qui refuse de tirer les leçons de l’histoire se condamne à répéter les mêmes erreurs.“

                              Oui, mais l’expérience n’est pas transmissible ! Alors, pour une fois, faisons confiance en Dame Nature, qui nous transmet de génération en génération, par nos gènes, un savoir qui nous permet de faire face à bon nombre de nos petits soucis d’aujourd’hui !

                              Pourquoi, voulez-vous que Strauss ou un autre, soit plus "important, “ de cité que mon voisin, de 90 ans, qui m’apprend à faire pousser mes tomates ? Comprendre le phénomène Bush est une perte de temps.

                              Dans Platon, ce qui m’intéresse, est bien plus son état d’esprit, que ses conclusions ! Le problème de la République est toujours d’actualité après tant d’années ! C’est un fait.

                              Même analyse pour la Bible ! Quand l’homme est uni, il fait de grandes choses ! Mais pour gouverner, c’est bien connu, il faut diviser !

                              Le symbolisme, en est l’expression de ces pouvoirs. C’est la seule chose de bien que Mitterrand nous a fait comprendre ! “Jarnac“ en est sa conclusion !

                              L’universalité est un trompe-l’oeil qu’il faut tout de même rechercher pour mieux se comprendre, ou plutôt, pour ne pas perdre La Vérité.

                              Mais les pauvres Historiens auront de plus en plus de mal à circonscrire notre Histoire commune !

                              Il y a des philosophies, mais Une Vérité, du moins dans notre dimension. C’est la force de cette Nature, d’être partie d’une cellule, pour se multiplier afin de se préserver. La survie est bien l’une de ses volontés !

                              Alors, pourquoi ostinons-nous à développer des Armes de destruction massive ? La conquête, n’a pas démarré, qu’il faudrait l’arrêter ?

                              Les questions de pouvoir sont bel et bien dépassées, malgré, qu’elles nous soit imposées par le fonctionnement primaire de nos sociétés.

                              L’intelligence avance. Les sciences n’en sont que le pâle reflet. Le théorème de Pythagore a mis plus de 10 000 ans d’humanité avant d’apparaître. Aujourd’hui, c’est plus de 2000 théorèmes par ans qui voient le jour !

                              L’astronomie n’est qu’à ses balbuciments ! Notre Voyage ne fait que commencer ! Et nous n’avons toujours pas d’objectifs communs !

                              Nous avons besoin de tout le monde, et nous laissons les trois quarts de la population sur le carreau ! Échec avoué, et fautes impardonnables.

                              Attendre une catastrophe pour espérer nous sortir de cette impasse est suicidaire de nos jours. Et la masturbation de l’esprit ne pourra pas grandes choses contre la petitesse d’une hypothétique création de richesses.

                              Ce n’est plus d’accepter ou de comprendre notre condition humaine, c’est de l’utiliser dans sa diversité.

                              Pour notre Salut à tous !

                              Philgri


                              • loga (---.---.193.17) 19 octobre 2006 19:39

                                La philo n estelle pas le fait de se poser des questions pour essayer de comprendre un sujet ,ou une croyance ,ou faire évoluer une société ?

                                Actuellement si on se pose une question peut on faire évoluer sa pensée par rapport aux autes informations répondant à cette question.

                                les philosophes sont partis de rien et ont fait évolué ,à leur risque et péril parfois ,l esprit ou les sciences mais maintenant y a t il pas que des risques ?

                                On peut se retrouver en groupe ou association mais face aux autres influences morales médiatiques ou religieuses que pouvons nous être vraiment au xxi siécle ?

                                Une question ne conduit elle pas à ce jour à un constat ou une réponse négative dans ce monde actuel,l ’espérance n est pas devenue une philosophie .

                                L humilité a un rôle aussi à jouer mais comme on nous force à devenir le meilleur pouvons nous être humble.


                                • deltarho (---.---.197.6) 21 octobre 2006 16:53

                                  Quid de la dichotomie et de ses parenthèses tautologiques ?

                                  Nota-Bene. Comme vilain matheux, de plus « fossile », j’ai toujours été étonné d’apprendre que la dichotomie était une « bonne » méthodologie pour trouver un « moyen terme » !!


                                  • Sulim (---.---.134.105) 23 octobre 2006 11:36

                                    La philosophie moderne a été remise en cause par l’appréhension du phénomène totalitaire. C’est dans ce contexte que se situe la pensée critique de Léo Strauss.

                                    Même si je partage sa critique sur la politique chez les modernes (en particulier les limites de la loi), je suis plus sceptique sur son approche de la science moderne.

                                    l’aspect le plus inquietant de la science moderne est une déshumanisation de l’homme notamment par un processus de réification. La modernité réduit l’homme à l’état de chose. L’homme devient non seulement l’objet d’étude pour la science mais aussi objet d’expérimentation.

                                    la modernité n’a pas transformé la philosophie politique en idéologie politique. La pensée moderne a progressivement transformer la philosophie politique en science politique puis la science en idéologie « scientifique ». Ces idéologies « scientifiques » (le positivisme, l’eugénisme, l’historicisme marxiste....) se sont emparés de l’homme comme champ d’expérimentation pour faire naître l’homme nouveau.

                                    Le processus de réification (du latin res = chose) se poursuit enfin avec la commercialisation de l’humain. Il suffit par exemple de se référer au débat autour des brevets du génome humain.

                                    Face à cette dérive, le retour de la question éthique (bio-éthique par exemple)réhabilite quelques peu la philosophie classique. Mais le rempart est bien mince.

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