La théorie du complot pour les nuls (partie 2)
Alors mon enfant, on a vu comment construire une théorie du complot, maintenant essayons de comprendre qui peut le faire et dans quel but.
Après le succès de la partie 1, il était difficile de ne pas rempiler pour une partie 2, n’est-ce pas !?
Je te propose de procéder de la même façon que la 1ère fois : j’attends donc tes questions.
En fait, n’importe qui peut le faire !
Mais euh… c’est pas une question ça.
Ceci étant, oui, on pourrait croire que c’est facile, mais ce n’est en fait pas donné à tout le monde. Il y a quelques règles à respecter.
Ainsi, il est indispensable de :
- Rester planqué derrière son écran et par conséquent ne jamais se confronter au ‘terrain’
(rappelle-toi : on est pas dans l’investigation mais dans l’élucubration)
- Etre spécialiste de tout
(en gros, savoir faire une recherche sur Wikipedia)
- Considérer que la presse mainstream est pourrie et aux ordres et donc considérer que tous les journalistes mentent
(aux ordres de qui, on a toujours pas compris – même s’il est probable que c’est aux ordres de ses annonceurs, mais l’explication est trop simple pour un complotiste –, ajouté au fait que ça commence à faire beaucoup de menteurs mais bon, on a bien eu Sarko comme président, tout est donc possible)
- Légitimer de facto toute forme d’info qui ne serait pas relayée par la presse classique
(on a déjà expliqué le raisonnement : ce n’est pas mainstream, donc ça dit forcément vrai)
- Avoir lu l’intégrale de Zemmour et être abonné à Boulevard Voltaire
- Prendre pour argent comptant des légendes urbaines sans les vérifier
(à quoi bon vérifier ?)
- Relayer les semi-vérités que l’on entend à longueur de temps mais contre lesquelles un certain nombre d’érudits se dressent
(par exemple, l’information selon laquelle la représentation du prophète serait interdite par le coran : http://www.newsweek.com/koran-does-not-forbid-images-prophet-298298 , de toute manière, les complotistes haïssent profondément toute forme d’intellectuel, de philosophe ou d’historien, car cela les renvoie à leur propre ignorance)
- Fustiger dès que possible les informations relayées par toute forme de pouvoir – procureur, ministre, etc.
(en effet : ils disent tous la même chose – c’est étonnant, c’est peut-être parce que c’est vrai ?).
- N’établir aucune hiérarchie dans l’information
(la première bêtise lue sur internet est au même niveau qu’un fait étayé)
- Se dire non conspirationniste
- Prier Thierry Meyssan tous les soirs serait un plus indéniable
(il n’est pas utile d’être en direction de la Mecque pour ce faire)
Sur le point de se dire non conspirationniste, aucun abruti n’osera s’avouer adepte de Meyssan, Soral & co, tout juste ira-t-il prendre quelques infos sur leur site, car chaque complotiste se déclare souvent différent et non aliéné à une mouvance particulière – on aura compris que ce qui l’intéresse, c’est la vérité (ou tout du moins, la sienne) –, tout au plus se déclarera-t-il sceptique (tendance « fosse » quand même). Là où toi, tu gobes tout sans réfléchir – « comme un mouton » est l’expression favorite du complotiste –, lui réfléchit.
Que quelqu’un puisse écouter les infos et être critique vis-à-vis de ces mêmes infos, tout en n’étant pas adepte de l’explication du complot sioniste est aussi inimaginable pour des adeptes de ce genre de théories que le fait que tu aies compris qu’il y a à boire et à manger dans leur "mouvement" hétérogène par nature.
Enfin, la règle principale évoquée ci-dessus reste quand même d’être expert en tout, au moins dès lors que le complotiste est connecté à Wikipedia. Car, celui-ci connaît la position de la Palestine sur une carte et sait dire « nique ta mère » en arabe, c’est dire comme il peut être pertinent lorsqu’il s’agit de géopolitique.
Ainsi, le moindre complotiste saura reconnaître le bruit d’une kalachnikov sur une vidéo de mauvaise qualité, car il en a entendu plein dans « Expendables 3 » (le complotiste ne sait pas, en général, qu’on n’utilise pas des vraies armes dans la plupart des films, ni des vraies balles, de même qu’un flingue avec un silencieux ne fait pas « plop » ou que quand quelqu’un tombe du 8ème étage – même s’il s’appelle Bruce Willis –, en général après il boite un peu (oui, comme maman après son entretien annuel, c’est ça)).
Ils ne sont en fait experts en rien, mais ils ont (au choix) une sœur dans l’armée, un oncle qui est pilote de ligne, etc. Ils me font penser à cette BD de Gotlib où un mec demande au prof de karaté s’il est japonais, et celui-ci lui répond « non, mais mon beau-frère a une Toyota ».
Mais finalement, pourquoi que c’est pas possible ?
Outre le fait que les théories fumeuses sont rarement vérifiables (ce qui permet à leurs auteurs de continuer à raconter n’importe quoi aux gogos qui veulent bien les écouter), ils méconnaissent le principe de base de l’élaboration d’une théorie, à savoir que doivent prévaloir tout d’abord les hypothèses qui ont le moins de répercussion sur la représentation que l’on a du monde – les plus plausibles en somme.
Les complotistes ont une version distordue de leur propre importance et de leur capacité à analyser les informations parcellaires auxquelles ils ont accès, leur donnant l’illusion qu’ils ont un rôle à jouer dans les mécanismes globaux en jeu (certains se comparent même à des « lanceurs d’alerte » qui dérangent). De même, la méthode qu’ils utilisent, dictée par leur biais cognitif initial (« on nous ment »), les détourne des pistes probables pour les faire explorer les sentiers de l’improbabilité théorique.
Bizarrement, certains détails échappent totalement à la logique ‘complotiste’. Ainsi, s’il existait effectivement un complot par exemple dans le cas l’attentat contre Charlie – dont le dénouement s’est réalisé quasiment sous les yeux du monde entier –, cela nécessiterait de mettre dans la confidence un nombre conséquent de personnes. Assez vite, on tomberait sur des gens qui n’ont aucun intérêt particulier à mentir (voire bien au contraire) et cela coûterait donc un maximum de fric, au-delà du fait que c’est absurde par nature (pourquoi mentir alors qu’il suffit de relater les faits ?). Rappelle-toi que l’on dit que la seule façon de garder un secret que détiennent deux personnes, c’est de les tuer. Dans un complot impliquant l’Elysée, ça commence à faire beaucoup de morts.
Enfin, et en parlant de l’Elysée, le problème c’est que dans la vraie vie, les présidents passent plus de temps à se faire sucer leur micro-pénis dans le bureau ovale ou à enfoncer des cigares dans des endroits non prévus à cet effet (enfin, disons que ce n’est pas leur fonction de base) qu’à fomenter des attentats pour remonter dans les sondages. Hein ? C’est quoi un micro-pénis ? Euh… je me suis emporté… un micro-pénis, c’est un pénis dans lequel tu peux chanter, voilà. En plus, je crois que je me suis gouré de président, mais on s’en fout, non ?
Bon j’en étais où ?
Mais, je comprends pas, les complots ça existe pas alors ?
Oh que si ça existe. Le problème est de les voir partout (surtout là où ils ne sont pas).
La vision distordue du monde des paranoïaques primaires leur fait voir des machinations dès qu’un doute les submerge. Ils ne cherchent pas la vérité, ils cherchent à démontrer qu’eux seuls la détiennent. Là où le sceptique s’interroge, le complotiste ne fait que chercher la faille pour se mettre en valeur (d’une bien piètre manière, j’en conviens).
Si un élément de sa théorie s’écroule (à la vitesse d’une tour en chute libre, ah ah), il en cherchera un autre, sans se remettre en question. Car ce qui l’intéresse, ce n’est pas tant d’éclaircir les zones d’ombre que de prouver qu’on nous ment (tous les moyens étant bons), « on » pouvant être tour à tour : le gouvernement, les journalistes, les procureurs, etc. c’est-à-dire des groupes tellement hétérogènes qu’ils n’ont aucun intérêt partagé à tous mentir, mais c’est pas grave.
De même, le complotiste croit regarder tout en détail, mais n’ira pas jusqu’à se déplacer Boulevard Lenoir – y’a quand même deux changements, faut pas déconner – pour vérifier de visu ses élucubrations délirantes : il n’aime pas être confronté à la réalité, il y préfère la virtualité rassurante de ses convictions partagées avec ses pairs électroniques. D’ailleurs, comme il voit des complots partout, lorsque sa communauté l’appelle, il répond toujours présent. Ainsi, bizarrement, lorsqu’un jour, un complotiste a déclaré que l’on n’avait pas marché sur la lune, subitement, pleins de complotistes se sont engouffrés dans la brèche et y ont cru aussi. Ce qu’ils considéraient comme établi depuis des dizaines d’années s’est tout simplement écroulé du jour au lendemain sans que cela ne les empêche de vivre. Pauvres petits choux, on les plaindrait presque.
C’est donc bien un problème de vision du monde (j’insiste, mais je sais qu’il faut qu’on te répète les choses plusieurs fois) dont il est question.
Ainsi, quand un complotiste croise un animal avec un bec de canard, des pattes de canard, un corps de canard et qui fait coin coin, il ne voit pas un canard, mais un agent du Mossad déguisé en canard (et en plus, il se dit que ce con d’agent des services secrets ne sait apparemment pas que le canard européen a une teinte de bec un peu plus pale en cette période de l’année (quel inculte). Le complotiste n’a lui-même jamais croisé de canard ailleurs que dans son bain, mais enfant, il était fan de duffy duck (ce qui fait de lui un expert)).
Pour en revenir à l’existence des complots, il n’y a pas besoin d’être un expert en culotte courte avec un paquet de knacki balls derrière son écran pour les débusquer, ils se débusquent en général d’eux-mêmes, un secret ne restant jamais très longtemps secret.
Les armes de destruction massives de Saddam sont un très bon exemple. Il montre que l’on ne peut « monter » un ’complot’ sans se faire chopper car le nombre de gens à mettre dans la confidence et la complexité de tromper énormément de monde est trop élevée. On se fait toujours prendre à un moment ou à un autre.
C’est comme quand je me suis déguisé en père noël, tu te rappelles ? Tu m’as dit « je t’ai vu la dernière fois à l’école, je savais que c’était pas toi : t’avais des baskets ». Tu avais raison. Tout le monde sait que le père noël met des bottes.
Et, c’est grave docteur ?
Au-delà du fait que ces théories ont tendance à déteindre sur les cerveaux dégarnis au niveau esprit critique, cela fait diversion sur les problèmes plus profonds de notre société. Quand on utilise son esprit pour essayer d’expliquer à la terre entière qu’aucun avion n’a percuté le World Trade Center, on ne l’utilise pas pour autre chose et on détourne l’attention d’un nombre conséquent de citoyens de problèmes un peu plus gênants – comme le fait de rogner sur leur liberté individuelle à la suite de tels attentats. On devient l’idiot utile d’un système capitaliste qui n’avait pas besoin de ça – qui pour le coup, lui, est un exemple de vrai complot mondial (ou de système organisé si tu n’aimes pas le mot complot). Cela évite de parler de (rayer les mentions inutiles) : Monsanto et les OGM, notre mode de vie et son impact sur l’environnement, la concentration des richesses sur une poignée d’individus sans scrupules, les scandales multiples liés à l’industrie pharmaceutique, les scandales écologiques, etc., etc. Bizarrement, ces vrais scandales n’intéressent pas le complotiste de base, sans doute parce qu’il est devant nos yeux et que pour le coup, là on peut encore y faire quelque chose, s’agissant d’un problème tangible. Le dénoncer nécessiterait de rentrer dans le jeu démocratique et d’inventer une solution ensemble. Or, tu l’as compris, le complotiste est un solitaire qui ne s’intéresse guère qu’à se petite personne, il est en ce sens le parfait fantassin de l’ordre en marche, bien qu’il s’en défende.
De plus, en alimentant le climat de suspicion générale quant aux médias, ils empêchent les expressions démocratiques alternatives de trouver un écho suffisant dans les médias classiques en les faisant plonger dans la même marmite bordélique où ils ont déjà fourré nos gouvernants actuels, responsables en partie de la situation (ou tout du moins complices).
Un autre danger – un poil plus subtil, j’en conviens – est qu’en se démarquant à tout prix d’une expression publique démocratique, les tenants de ces théories s’ostracisent d’eux-mêmes en emmenant avec eux de réels sceptiques, l’opinion ayant une tendance assez naturelle à répondre à un amalgame par un autre, homogénéisant de facto toutes les théories alternatives en agitant un peu trop systématiquement le chiffon rouge de « la théorie du complot ». La conséquence étant que certaines informations vérifiées (elles) sont trop peu évoquées ou même passées sous silence car reprises systématiquement par des conspirationnistes notoires sans analyse sérieuse.
Mais alors tout n’est pas à jeter ?
Non, comme je viens de le dire, je pense qu’il ne faut pas tomber dans le piège de mettre tout le monde dans ce même bateau qui prend l’eau : certaines questions posées sont légitimes (que ce soit sur les attentats ou sur d’autres choses) mais ceux qui les posent en toute bonne foi devraient être assez intelligents pour se démarquer des conspirationnistes primaires afin d’éviter d’être assimilés à leurs théories nauséabondes (i.e. avec un agenda caché derrière) qui fleurissent un peu partout.
Quant aux vrais conspirationnistes, il est important de noter que la plupart développent ces théories à des fins personnelles (promotion d’un site, d’un livre, etc. comme le réseau Voltaire par exemple) et n’ont donc aucun intérêt à rentrer dans le jeu de la contradiction même s’ils prétendent le contraire (Dieudonné en est le parfait exemple). Il est aussi amusant de constater qu’ils arrivent en général à trouver audience dans des médias de pays moins regardant sur la fact-checking et sont donc plutôt en zone de confort vis-à-vis de leur existence en tant que source d’information alternative.
A noter aussi que le dialogue avec les ceux qui relaient ces théories avec zèle est difficile voire impossible car leur vision du monde est trop éloignée : là où beaucoup voient de l’incompétence journalistique (il n’y a qu’à voir le nombre de conneries proférées à la minute au 20h de France2 ou pire de TF1), les complotistes y voient une manœuvre. Ce sont bien deux visions diamétralement opposées qui s’affrontent.
Car vois-tu mon enfant, ce n’est pas parce qu’on ne croit pas que tout le monde nous ment que l’on prend pour argent comptant tout ce qui est dit dans la presse. Incroyable, non ?
On peut ainsi croire possible qu’une photo prise sur la lune ait été retouchée après coup pour faire joli sans décider de facto que personne n’a marché sur la Lune (à part Mickael Jackson qui y est toujours planqué, mais bon, lui, il marche à l’envers donc ça compte pas).
Pour résumer, j’ai tendance à penser que la discussion est tout à fait possible voire nécessaire avec les « sceptiques » de bonne foi, comme avec ceux qui, à l’autre bout de l’échiquier de la crédulité, gobent tout ce qu’on leur dit d’où que ça vienne, pour peu que l’autre accepte un minimum la contradiction. La discussion avec les purs complotistes qui ne s’intéressent qu’aux éléments susceptibles d’alimenter leurs thèses et qui utilisent tout argument qu’on leur oppose comme la preuve qu’on essaye de les manipuler est un poil plus périlleuse. En renversant la charge de la preuve et en demandant de prouver que leur théorie est fausse, ils détruisent la possibilité même d’un dialogue argumenté.
De plus, les complotistes secondaires (qui relaient les thèses et opposent des ‘arguments’ scientifiques auxquels ils ne comprennent la plupart du temps pas grand-chose) ne savent souvent pas ce qu’est un comité de lecture ou un protocole scientifique. Ils disent, par exemple, que les scientifiques qui osent s’attaquer au ‘tabou’ du 11 septembre (entre autres) seraient mis au ban de la communauté scientifique, ce qui est méconnaître le fonctionnement de celle-ci. La démarche complotiste est intrinsèquement antiscientifique à deux niveaux comme on l’a expliqué plus haut car elle refuse de passer par le crible d’une publication à comité de lecture (qui serait pourtant la seule façon pour être crédible aux yeux de la communauté scientifique) et parce que les hypothèses choisies pour construire leur théorie sont toujours les moins plausibles. Les exemples sont multiples mais j’aime bien ceux de la soi-disant ‘destruction programmée’ des WTC (pourquoi dans ce cas envoyer des avions dans la tour si on peut la faire s’écrouler sans ça ? Cela n’a aucun sens, mais c’est pas grave) et ceux de la fameuse WTC7 que l’on aurait volontairement aussi détruite, le reste n’étant là que pour cacher cette destruction (mon Dieu, tout ça pour brûler quelques archives dans un bâtiment protégé par l’Etat, celui-là même qui aurait organisé les attentats… euh, vous êtes sérieux les gars ?).
J’ai donc bien peur chère enfant qu’on ne puisse discuter de tout avec tout le monde de nos jours, même si cela est bien triste j’en ai conscience.
Mais pourquoi font-ils ça finalement ?
Ah la vache, j’ai cru que tu t’étais endormie, dis-donc.
Si tu parles non pas des vrais conspirationnistes qui créent ces théories pour servir leurs propres intérêts mais de ceux qui relaient leurs thèses ou les alimentent, il faut comprendre que la théorie du complot ré-enchante le monde. Ainsi, de "la vie est un long fleuve tranquille" côté Groseille, tu deviens acteur du dernier James Bond ou même Néo dans Matrix. Avoue que ça a plus de gueule.
Qu’est-ce qu’on peut faire ?
Ben pas grand-chose à vrai dire. S’il reste une once d’esprit critique dans un complotiste, on peut essayer de raviver la flamme, guère plus. La zone de faiblesse de toute théorie du complot étant, tu l’auras compris, la logique, on peut éventuellement essayer de discuter sur ce point (avec un mince espoir il est vrai).
Car, une fois qu’on a été loin pour défendre une thèse fumeuse, il est assez probable que l’amour propre fera le reste et que le retour arrière sera complexe, voire trop humiliant pour ne serait-ce qu’oser douter de sa propre capacité à raisonner et avoir un peu de recul sur la propension naturelle des gens à se faire berner – y compris la sienne.
Bon ben voilà, j’espère que t’as tout compris. En tout cas, t’as posé des bonnes questions.
La théorie du complot, c’est rigolo, c’est séduisant, mais bon dans la vraie vie, les gens qui – supposément – tirent les ficelles mentent plutôt pour cacher leur maîtresse à leur femme (stratégie dite « du Flanby ») que pour fomenter un attentat (même pour gagner 20 points dans les sondages). A noter qu’il n’y a pas non plus de base secrète sous la tour Eiffel, qu’Elvis Presley est probablement mort et que si la tartine retombe toujours du côté de la confiture, c’est à cause de la hauteur des tables (rien à voir avec les juifs donc, même si certains travaillent chez Ikea).
Dans leurs constructions délirantes de la réalité, les complotistes n’utilisent les éléments factuels non pas pour la comprendre – cette réalité – mais pour construire « la leur ». Si la pièce ne rentre pas dans le puzzle, c’est qu’elle n’existe pas en fait. Oui, c’est ça, comme la cuillère dans Matrix.
Tu vois, tu as tout compris.
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Bonus Wikipedia (qui pour le coup est plutôt pertinent) :
« La théorie du complot peut se rapprocher de la méthode hypercritique : celui qui la pratique se fondera sur les points qui apparaissent valider sa théorie ou contredire l’explication adverse pour écarter toute contre-argumentation. »
« l’imaginaire du complot est insatiable, et la thèse du complot, irréfutable : les preuves naïvement avancées qu’un complot n’existe pas se transforment en autant de preuves qu’il existe ».
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